Sa première visite chez le dentiste
Comment prendre soin des quenottes des tout-petits? L’avis d’une spécialiste.
Pauvre bébé, il n’aura eu que six mois de répit dans sa vie. En effet, dès l’apparition de la première dent et jusqu’à la chute de la dernière, il devra en prendre soin plusieurs fois chaque jour. «On recommande de brosser les dents dès l’apparition de la première, explique Juliane Leonhardt Amar, dentiste pédiatrique à Genève. Il faut avoir très vite conscience qu’on doit s’en occuper.»
Bien évidemment, il faut prendre alors beaucoup de précautions, pour ne pas blesser l’enfant et ne pas le braquer contre cette tâche. A ce stade, un brossage une fois par jour suffit. Mais dès que la dentition s’étoffe, deux passages quotidiens s’imposent et dès 4 ans, à l’apparition des molaires, même trois fois par jour, sous la surveillance des parents. «Ils doivent les aider, pour contrôler que ce soit bien fait partout, car les enfants ont moins de motricité.»
La première visite chez le dentiste quant à elle intervient vers 3 ans. Il s’agit avant tout de faire de la prévention et apprendre à se connaître. «L’enfant s’assied dans le siège sur les genoux de ses parents . On lui explique chaque geste, chaque instrument, pour rendre l’examen ludique», raconte Juliane Leonhardt Amar. Par exemple, la lumière devient «un soleil sur la dent», le spray d’air pour sécher une canine est un «petit vent», que l’on fait souffler sur sa main. Pour terminer la visite, la doctoresse fait appel à une peluche spéciale, afin de montrer aux parents et au bambin comment se brosser correctement les dents. «Cela prend beaucoup de temps, dentiste pédiatrique est un métier difficile car il faut gérer l’enfant.»
Renoncer aux boissons sucrées le soir et la nuit
Première rencontre réglée, place à présent au travail de fond: brosser, rincer avec des bains de bouche tous les soirs. Et surtout prévenir. «Il faut renoncer aux boissons sucrées le soir et la nuit. De même, les parents devraient privilégier les biscuits complets, voire le fromage, plutôt que des bonbons pour les en-cas.»
Reste ensuite, pour les adultes, à surveiller fréquemment les quenottes de leurs bambins, à la recherche d’éventuelles taches brunes. Ou d’être attentif lorsque l’enfant se plaint de douleurs dans la bouche.

En cas de caries, chez les plus petits, les spécialistes préfèrent recourir à l’anesthésie générale, pour un traitement qui peut s’avérer douloureux et anxiogène. S’il n’y en a pas trace, la première radiographie des dents s’effectue autour de 6 ans, pour avoir un aperçu précis de l’état de la mâchoire. C’est également autour de cet âge, voire plus tôt même, qu’il faudrait conclure une assurance complémentaire pour les éventuels traitements orthodontiques. «Si sur la base des premières radios, l’on établit qu’une occlusion est probable, et qu’une correction sera nécessaire, les caisses-maladie peuvent refuser le dossier.»
Selon l’état des dents, les professionnels établissent un calendrier des contrôles plus ou moins serré. L’école prend ensuite le relais, avec les visites médicales. Mais dès le cycle, il faudra se souvenir d’envoyer son adolescent à intervalles réguliers chez le dentiste.
Enfin, dernière recommandation de Juliane Leonhardt Amar: l’on peut préparer son enfant à la visite, d’une part en l’emmenant lors d’un contrôle d’un grand frère ou d’une grande sœur pour qu’il découvre l’ambiance. «Il faut lui expliquer, en restant positif, ce qui va se dérouler. Et surtout, ne jamais le menacer d’aller chez le dentiste s’il ne se brosse pas les dents correctement.» De même, durant l’examen, ne pas dire: «N’aie pas peur, ou «Tu n’auras pas mal», afin de ne pas lui transmettre son angoisse.
Publié dans l'édition MM 7
13 février 2012
Les dents comme reflet de la société
La spécialiste Juliane Leonhardt Amar voit défiler des centaines d’enfants dans son cabinet. Des sages, des terreurs, des angoissés, sans que cela puisse être mis en rapport avec l’état de leurs quenottes. En revanche, l’origine socio-économique joue un rôle important. «Dans les classes populaires ou étrangères, l’on constate beaucoup plus de caries. Peut-être que les enfants sont moins sensibilisés à l’importance du brossage, ou qu’il y en a davantage et que les parents n’ont...
Lire la suiteLes dents comme reflet de la société
La spécialiste Juliane Leonhardt Amar voit défiler des centaines d’enfants dans son cabinet. Des sages, des terreurs, des angoissés, sans que cela puisse être mis en rapport avec l’état de leurs quenottes. En revanche, l’origine socio-économique joue un rôle important. «Dans les classes populaires ou étrangères, l’on constate beaucoup plus de caries. Peut-être que les enfants sont moins sensibilisés à l’importance du brossage, ou qu’il y en a davantage et que les parents n’ont pas le temps de contrôler», tente-elle d’expliquer.
En revanche, elle constate une très forte augmentation des problèmes chez les tout- petits. Ainsi, il n’est plus rare, chez un bambin de 2 ou 3 ans, de diagnostiquer quelques caries. «On introduit les sucreries de plus en plus tôt. Il faut sensibiliser les parents à l’hygiène bucco-dentaire de leur enfant. Et il est important d’utiliser un dentifrice adapté à l’âge de l’enfant.»
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