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C’est décidé: demain, j’arrête de râler

Ne plus se plaindre durant vingt et un jours, tel est le défi que s’est lancé la coach d’entreprise française Christine Lewicki. De son expérience réussie, elle a tiré un livre, dans lequel elle nous enjoint de perdre cette habitude qui nous empoisonne l’existence.

J’ai une tonne de boulot, je ne vais jamais m’en sortir!» – «J’en ai marre, mon train est toujours en retard…» – «Saleté d’ordinateur, il n’arrête pas de planter!» Râleuse, notre société? Reconnaissons-le: rares sont les journées durant lesquelles nous ne trouvons pas une raison, voire plusieurs, valables ou non, de nous plaindre. Si certains consi­dèrent cette tendance à bougonner comme un exutoire – mieux vaut pester contre son ordinateur plutôt que d’en casser l’écran d’un coup de poing rageur… – la coach d’entreprise française Christine Lewicki y voit plutôt une sale habitude dont on aurait tout intérêt à se défaire. Suite à un challenge qu’elle s’est elle-même lancé – tenir vingt et un jours consécutifs sans rouspéter contre les petits tourments du quotidien – elle a publié un ouvrage intitulé J’arrête de râler. «L’expérience a été tellement bénéfique que je recommande à tout le monde de relever le même défi!»

Cesser de faire une montagne de ses soucis

Christine Lewicki

Car ce n’est pas en maugréant systématiquement contre l’impolitesse de son voisin, les caprices de ses enfants et les retards des transports en commun qu’on vivra mieux ces situations. Bien au contraire. «Le fait de râler transforme notre réalité, souligne Christine Le­wicki. A force de se dire que tout va de travers, on va finir par en être persuadé et un gros nuage noir va se former au-dessus de notre tête, nous empêchant de considérer les solutions qui s’offrent à nous pour régler le problème. D’autant que lorsque nous râlons, nous avons souvent tendance à exagérer.»

Il m’a fallu quatre mois pour réussir le défi.

Ne plus se poser en victime, voilà ce qu’elle préconise. «Nous vivons dans l’illusion que notre quotidien devrait être exempt de toute frustration. Dès lors, à la moindre contrariété, nous avons l’impression de subir notre vie.» Et d’évoquer sa propre expérience: «Il y a deux ans, j’ai pris conscience que je me couchais souvent fatiguée, vidée, éreintée. Sans être une grande râleuse, j’avais l’impression de vivre chaque jour une multitude de petites contrariétés.»

Le fait de râler transforme notre réalité.

C’est alors qu’elle décide de se lancer dans ce challenge. Pourquoi vingt et un jours? «C’est le temps nécessaire pour se sevrer d’une habitude, pour créer de nouvelles connexions dans le cerveau.» Durant cette période, interdiction formelle de râler. En cas de transgression, on remet le compteur à zéro. «Il m’a fallu quatre mois pour réussir le défi. J’ai rechuté à de nombreuses reprises. Puis finalement, j’ai tenu trois jours, puis dix, puis douze, et j’ai commencé à sentir la différence… J’ai acquis une plus grande sérénité.»

Des situations à risque à éviter

Sa méthode? «Il s’agit avant tout d’identifier les zones rouges, les situations qui ont tendance à nous mettre hors de nous, afin de les éviter ou de faire le nécessaire pour qu’elles ne nous énervent plus.» Pour sa part, les matins étant sa bête noire – trois filles à nourrir et à vêtir, et des horaires à respecter – elle décide d’instaurer des changements – choix des habits la veille, lever plus matinal – avec l’accord des intéressées. «L’un des mots-clés est la communication: il faut trouver ensemble des solutions. Et ne pas critiquer l’autre, mais exprimer son propre ressenti, dire: la situation ne me convient pas ainsi, que pouvons-nous faire pour y remédier?»

Et lorsqu’il s’agit d’une situation que l’on ne pouvait pas prévoir? «Si mon ordinateur refuse de fonctionner, cela ne va m’avancer à rien de me plaindre. Autant s’attaquer au problème en soi et essayer de le résoudre. Depuis que j’ai perdu l’habitude de râler, je me rends compte que j’arrive beaucoup mieux à gérer les aléas du quotidien. Je ne subis plus ma vie et je profite mieux de l’instant présent.»

Pour aller plus loin

En complément à son ouvrage «J’arrête de râler», Christine Lewicki a publié un «Cahier d’exercices» pour aider ses lecteurs à relever plus facilement le défi. Voici quelques conseils en avant-goût.

La danse du bracelet

Avant de vous lancer dans l’aventure, choisissez un bracelet que vous porterez jusqu’à la fin du challenge. Vous le changerez de poignet à chaque fois que vous vous surprendrez à râler. Un bon moyen de réaliser à quel point cette habitude empoisonne notre quotidien…

Un fardeau à brûler

Notez sur plusieurs morceaux de papier tout ce qui vous tracasse, tous les jugements, les croyances, les frustrations, les déceptions qui pèsent si lourd sur votre quotidien. Placez-les dans une boîte à chaussures et brûlez-la dans la cheminée (ou dans celle de vos parents, dans le barbecue du voisin, etc.).

Les rides de nos râleries nous marquent

Observez-vous dans un miroir lorsque vous êtes en train de râler: les muscles de votre visage se tendent, des plis se forment autour de votre moue boudeuse, des rides apparaissent çà et là. Réalisez le même exercice en souriant et observez les changements. Convaincus?

Le roi des râleurs

Tournez vos râleries en dérision. Dessinez et découpez dans un morceau de carton une couronne, et décorez-la. Ajoutez-y un sceptre si le cœur vous en dit. Quand vous vous sentez d’humeur bougonne, mettez votre couronne, munissez-vous de votre sceptre et parcourez votre maison en clamant vos râleries…

Petits bonheurs quotidiens

Lors d’un repas en famille ou entre amis, invitez chaque participant à énoncer tous les événements de sa journée dont il peut se réjouir (il peut s’agir d’une rencontre, d’un fou rire, d’un dossier terminé…).

 

Publié dans l'édition MM 38
17 septembre 2012

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«J’arrête de râler», Christine Lewicki, éd. Eyrolles.


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2 Commentaires

Isabelle Baousson [Invité(e)]

Ecrit le
20 septembre 2012

Perrine Chiquet [Invité(e)]

Ecrit le
20 septembre 2012

Astucieur et simple! le tout est de s'y tenir!!

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