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Mieux vivre sa maternité grâce à la pleine conscience

Ecouter son corps et son esprit, apprendre à respirer, méditer. Pour se préparer à la naissance de son enfant, deux psychologues proposent une approche basée sur la pleine conscience. Zen attitude garantie.

«Connectez-vous à votre respiration et observez ce qui bouge. Est-ce votre ventre, vos côtes, votre bébé?» Il est bientôt 20 h et, au 5e étage de cet immeuble du centre de Lausanne, l’heure est à l’introspection. Quatre femmes au ventre arrondi sont agenouillées sur des bancs de méditation, les yeux fermés. Silence, respiration, silence. Assise en tailleur en face d’elles, Myriam Gamba reprend: «Utilisez ce moment pour vous, pour être en connexion avec vous-même et votre bébé, prenez conscience de votre posture, de l’air qui rentre dans vos narines et qui gonfle votre corps.» Le temps s’égrène doucement jusqu’au tintement final. Dernière inspiration et les yeux s’ouvrent.

Psychologue et jeune maman, Myriam Gamba a mis sur pied avec sa consœur (ci-contre) un cours destiné aux futures parturientes. Psychologue et jeune maman, Isabelle Corboz a mis sur pied avec sa consœur (ci-contre) un cours destiné aux futures parturientes.

Une banale séance de méditation? Pas tout à fait. Celle-ci fait suite à la première partie d’un cours de préparation à la naissance d’un genre nouveau: la pleine conscience. Ici, pas de dessin de bassin, de cours d’anatomie ou de conseil sur l’allaitement. On parle conscience de soi, instant présent, gestion du stress et de la douleur sur fond d’exercices pratiques, de yoga et de méditation. A l’origine, Isabelle Corboz et Myriam Gamba, deux psychologues et jeunes mamans qui sont arrivées au même constat: la maternité et tout ce qui l’entoure est encore trop souvent résumée à un heureux événement, sans aborder les doutes et les difficultés auxquels tout parent est confronté: «Après la naissance de mon premier enfant, j’ai réalisé que j’étais très mal préparée à devenir mère», se souvient Isabelle Corboz.

Comme beaucoup de femmes, j’étais très active et j’ai eu de la peine à intégrer que j’étais enceinte, à gérer les émotions des premières semaines avec un nourrisson. En somme, j’ai réalisé qu’il m’avait manqué quelque chose.

L’histoire sera tout autre pour sa deuxième grossesse. La psychologue découvre la méditation en pleine conscience dans le cadre d’un séminaire lié à sa formation et le déclic est immédiat:

Les séances n’étaient pas centrées sur la grossesse mais je me suis dit: quel bonheur de méditer enceinte!

Quelques discussions plus tard avec sa consœur Myriam Gamba, adepte du tai-chi et du yoga depuis de nombreuses années, et le concept de leur cours était né.

Accepter et explorer la douleur plutôt que chercher à l’évacuer

Basées sur la méthode (site en anglais) mise au point par le médecin américain Jon Kabat-Zinn (site en anglais) et adaptée aux femmes enceintes par la sage-femme Nancy Bardacke (lire encadré), les huit séances hebdomadaires de deux heures abordent aussi bien la période de la grossesse que l’accouchement et le post-partum. «Dans le cas de l’accouchement et des craintes liées à la douleur, nous apprenons à explorer cette dernière plutôt que chercher à l’évacuer», explique Myriam Gamba.

En adoptant une attitude différente, on finit par lâcher prise et déstresser, et l’on se sent du coup plus compétent pour gérer l’épreuve.

Concrètement, cela donne par exemple un glaçon tenu une minute dans un poing serré, histoire d’expérimenter à une échelle moindre les futures douleurs liées aux contractions et d’apprendre à se concentrer sur sa respiration ainsi que sur son corps. Des exercices quotidiens basés sur la méditation en pleine conscience sont aussi à pratiquer chez soi, parfois avec le futur papa. Car si les hommes ne sont pas invités à assister aux séances, ils sont tout de même intégrés dans la démarche. «Nous avons hésité à leur ouvrir notre cours, raconte Isabelle Corboz, mais finalement nous avons préféré garder ce moment pour les femmes, car les participantes vivent quelque chose de très intime.»

Quant aux motivations, elles diffèrent pour chacune des participantes: «Avant de tomber enceinte, l’idée d’accoucher me faisait horreur et j’étais très angoissée, raconte Angela, enceinte de son premier enfant. Aujourd’hui je suis plus calme.» C’est pour «ne pas passer à côté de sa grossesse» que Noémie a de son côté décidé de s’initier à la pleine conscience. Et c’est pour vivre «encore plus profondément et intensément» cet état qu’elle a «adoré» que Cristina, enceinte de son deuxième enfant, s’est inscrite.

Autant d’attentes qui se rejoignent dans la recherche du bien-être. Au final, résume Myriam Gamba, la pleine conscience, c’est porter son attention de manière délibérée sur l’instant présent et sans jugement.

© Migros Magazine – Viviane Menétrey

 

Publié dans l'édition MM 11
10 mars 2014

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Une méthode inspirée du bouddhisme

Créée en 1979 aux Etats-Unis par le professeur Jon Kabat-Zinn (son site est en anglais) dans sa clinique de réduction du stress, (en anglais aussi) la méthode de pleine conscience s’inspire de la méditation bouddhiste. «Je voulais partager avec mes patients les bienfaits que j’avais expérimentés en faisant ce type de méditation, raconte-t-il. Leurs effets profonds, en relation avec la santé physique et avec celle du cœur, du mental et de l’esprit, m’apparaissaient clairement.»

Pas banal de la part de celui qui est avant tout docteur en biologie moléculaire. Ses travaux résultent ainsi du mélange détonant de la science et de la spiritualité et font ­désormais école dans le monde entier. C’est à son contact que la sage-femme Nancy Bardacke a découvert sa méthode de réduction du stress basée sur la pleine conscience et l’a adaptée aux femmes enceintes. (site en anglais) Aujourd’hui, la pleine conscience est de plus en plus présente dans les milieux de la santé et intégrée à certains programmes médicaux.

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