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Alcool et jeunes: un cocktail explosif

L’arrivée des beaux jours rime avec fêtes de fin d’année scolaire et soirées bien arrosées. Chez les 15-24 ans, la consommation d’alcool reste largement sous-estimée.

Une soirée d’été au bord du lac. Quelques grillades, un zeste de musique et une bonne dose d’alcool en tout genre. La recette est connue pour avoir été expérimentée par bon nombre d’ados aujourd’hui devenus adultes et rangés des soirées «au bordul» (ndlr.: au bord du lac). Sauf que ces dernières années, la consommation d’alcool chez les 15-24 ans a changé de visage. En dix ans, ils sont passés de ceux qui consommaient le moins à ceux qui boivent le plus en moyenne par jour. En cause le désormais célèbre «binge drinking», cette consommation excessive d’alcool en un laps de temps très court. Des bitures express qui ont lieu la plus grande partie du temps le week-end.

Des drames liés à la boisson

Soleil, baignade et fiesta, l’été serait-elle la saison de tous les dangers pour les jeunes? «Chaque année, on fait malheureusement face à des drames liés à la baignade et à l’alcool, car sous l’emprise de l’alcool, on surestime ses capacités, que l’on soit jeune ou adulte», constate Ségolène Samouiller, porte-parole d’Addiction Suisse. C’est aussi la saison des festivals de musique où bière et cocktails coulent à flots. Ce ne sont toutefois pas forcément les endroits les plus à risque. «D’énormes progrès ont été faits ces dix dernières années en matière de prévention et d’encadrement, poursuit la porte-parole. Le personnel a été rendu attentif, des chartes ont été signées par les organisateurs de manifestations et le public a été fortement sensibilisé, notamment aux dangers liés à la conduite en état d’ivresse.»

Sous l’emprise de l’alcool, on surestime ses capacités.

Reste que, dans le petit monde des soirées arrosées, les garçons boivent toujours plus que les filles et sont par conséquent plus enclins à adopter des comportements à risque. «La pression sociale, du groupe, agit davantage sur eux, note Ségolène Samouiller. Pour être un vrai mec, il faut se mettre la tête à l’envers le vendredi soir. Ce qui n’est pas forcément le cas pour être une vraie meuf.»

Chez les filles, le problème serait ailleurs: certaines auraient pour habitude de se priver de repas les soirs de sortie, histoire d’être ivres plus vite et de ne pas prendre de poids. Baptisé alcoolorexie, le phénomène a été observé aux Etats-Unis où il a fait l’objet d’une étude de la part de l’Université du Missouri. Il pourrait concerner jusqu’à 16% des jeunes à en croire un sondage en ligne réalisé auprès d’un millier d’étudiants. Un chiffre à relativiser toutefois, estime la porte-parole d’Addiction Suisse, ce type de comportement relevant d’abord de la pathologie et n’ayant pas été observé en Suisse.

L’alcool coule à flots toute la nuit

Les jeunes ne boivent pas seulement tôt dans la soirée avant de sortir en boîte, comme il a souvent été dit. «Une récente étude démontre qu’ils consomment tout autant lorsqu’ils sont en boîte.» Surtout, leur consommation serait largement sous-estimée. En mai dernier, Addiction Suisse a réalisé une enquête en temps réel auprès de 183 jeunes Romands de 19 à 24 ans. Ces derniers ont indiqué ce qu’ils avaient bu à chaque heure de la soirée en envoyant un SMS. Le résultat est sans appel: leur consommation d’alcool est nettement supérieure à ce qu’ils avaient estimé. Entre sept et huit boissons en moyenne par soirée pour les garçons (le maximum étant de vingt-huit!), alors que les chiffres de 2007 de l’enquête suisse sur la santé indiquent l’équivalent de quatre bières par soirée.

Prévention sexo-spécifique

Plus discrètes que les garçons, les jeunes femmes ne sont pas pour autant à l’abri d’une consommation abusive. «Elles ont toutefois tendance à boire pour d’autres raisons, poursuit Ségolène Samouiller. Pour faire face à des difficultés, parce qu’elles n’ont pas le moral ou parce qu’elles sont sous l’influence de leur partenaire.» Si leur comportement a l’avantage de ne pas perturber l’ordre public, il est en revanche moins pris en compte par la prévention. Les programmes touchent plus facilement les garçons, lorsque la consommation débouche sur des actes de violence ou des dégâts matériels.

D’où la nécessité d’une prévention sexo-spécifique, pensée en fonction des hommes et des femmes, prône Ségolène Samouiller. Une méthode qui a déjà porté ses fruits, notamment dans le cadre d’une campagne antitabac où des jeunes femmes ont pu découvrir, grâce à une photo d’elles vieillie, à quoi elles ressembleraient dans quelques années si elles continuaient à fumer. «La prévention est une approche individualisée, conclut Ségolène Samouiller. Que ce soit en fonction du sexe ou de l’âge, les réalités et les motivations des individus sont différentes.»

 

Publié dans l'édition MM 30
23 juillet 2012

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1 Commentaire

Gertrude Dupont [Invité(e)]

Ecrit le
13 mai 2013

Trop le swagggggg *_____* Ki$kOo

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