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Le sport est-il vraiment bon pour la santé?

Dans leur récent ouvrage et sur la base d’études toutes fraîches, les Québécois Pierre-Mary Toussaint et Martin Lussier confirment ou démythifient quelques dogmes sportifs. «Migros Magazine» a soumis à leur sagacité neuf théories de vestiaire.

Martin Lussier, co-auteur de «Mythes et réalités sur l'entraînement physique.» (Photo: Sylvie-Ann Paré)
  • S’étirer avant une activité physique réduit le risque de se blesser.

    Vrai et Faux. En vue d’une performance sportive où la force et la puissance musculaires maximales sont déterminantes, il est déconseillé de s’étirer pendant l’échauffement, surtout avec des étirements maximaux et prolongés. Toutefois, lorsque la flexibilité est l’une des qualités essentielles de la performance, les étirements de courte durée peuvent être utiles.

  • Relations sexuelles déconseillées avant une compétition.

    Faux pour certains et vrai pour d’autres. Quelques études ont évalué des attributs de la condition physique, tels que le VO2max (ndlr.: le volume d’oxygène maximum), la force et l’endurance musculaires maximales. Leurs conclusions sont identiques: aucune modification n’a été constatée à cause d’une relation sexuelle ayant eu lieu la veille. La pratique sexuelle engendre des effets physiques et psychologiques qui varient grandement d’un individu à l’autre. De plus, les niveaux d’activation et d’agressivité idéaux pour une performance sportive varient selon la discipline. Enfin, une activité aussi intime qu’une relation sexuelle est difficile à étudier. Par conséquent, cette question, généralement encore taboue, demeure toujours sans réponse claire et définitive.

(Photo: Getty Images/Sam Edwards)
  • Faire du sport enceinte, ce n’est pas bon pour le futur bébé.

    Faux. Lorsque sa grossesse est sans complications, la femme devrait être encouragée à adopter un mode de vie sain qui comprenne des exercices aérobies et musculaires, qu’elle soit déjà active ou non. Le choix de l’activité physique devrait être fait en considérant les différents risques que cette dernière pourrait comporter pour la grossesse.

  • L’entraînement en altitude améliore les performances.

    Potentiellement vrai, mais… Les modèles d’entraînement qui utilisent le manque d’oxygène de façon naturelle (altitude) ou artificielle (tente ou chambre simulant l’altitude) n’ont pas donné la preuve irréfutable de leurs effets positifs sur la performance aérobie. Malheureusement, l’entraînement en altitude a servi et sert encore aujourd’hui d’alibi au dopage sanguin.

Pierre-Mary Toussaint, co-auteur de «Mythes et réalités sur l'entraînement physique.» (Photo: Sylvie-Ann Paré)
  • Courir un marathon peut nuire à la santé.

    Faux, en général. Les principaux problèmes qui affectent la santé pouvant survenir lors d’un marathon, comme la déshydratation, le malaise cardiaque, le coup de chaleur ou la baisse drastique de sodium dans le sang (hyponatrémie), sont généralement liés à des mauvaises habitudes d’hydratation avant et durant l’épreuve ainsi qu’à une préparation physique inadéquate. Afin de diminuer les risques, il est primordial de bien s’hydrater (environ 150 à 250 ml toutes les quinze à vingt minutes) et de suivre un entraînement adapté (augmentation progressive des distances de course). Et si la température et l’humidité sont trop élevées (sensation de chaleur de plus de 28°C), il est recommandé de ne pas participer à l’épreuve.

  • Transpirer permet d’éliminer les toxines.

    Faux. Comme la sueur est composée d’environ 99% d’eau, le pour-cent restant est composé principalement de minéraux qui sont les électrolytes sanguins. La sueur ne contient donc pas de toxines. La fonction principale de la sudation est la thermorégulation corporelle. La détoxication, ou élimination des toxines, ne semble pas être rendue possible par la sudation qui, elle, est occasionnée par l’augmentation de chaleur produite par l’exercice.

(Photos: Getty Images/Frances Andrijich)
  • Les boissons sportives sont meilleures que l’eau.

    Vrai et Faux. La consommation de boissons sportives est recommandée principalement lors d’exercices aérobies de plus d’une heure à haute intensité. Elles peuvent aussi être consommées lorsque l’activité physique se déroule dans un environnement chaud et humide. Toutefois, si l’un des objectifs de l’entraînement est la perte de poids, la quantité de calories contenues dans les boissons commerciales devrait avoir une influence sur le choix du type de boisson: sportive, sportive faible en calories ou eau ordinaire.

  • Pour perdre du ventre, rien de mieux que les abdos.

    Faux. La perte de graisse ciblée par un exercice musculaire localisé est une des croyances les plus tenaces en activité physique. La recherche a quand même suggéré que cette croyance n’était peut-être pas entièrement fausse. Cette possible vérité ne suffit pas à justifier les messages trompeurs des compagnies qui vendent le rêve d’une perte de poids ciblée grâce à la réalisation d’un exercice musculaire localisé. Le secret pour une grande dépense énergétique, en vue d’une perte de poids demeure les exercices cardiovasculaires.

  • Le sport, c’est bon pour la santé et ça améliore la longévité.

    Vrai. La pratique régulière d’activités physiques diminue les risques de mort prématurée et allonge la vie d’environ deux à six ans. Mais, plus important, elle permet de préserver une autonomie dans la vie quotidienne, augmentant ainsi l’espérance d’une vie active. Les études démontrent que l’activité physique, pratiquée de façon régulière, produit des améliorations physiologiques qui auront des effets bénéfiques sur la santé et l’autonomie fonctionnelle à tout âge. Il est donc possible d’ajouter de la vie aux années et des années à la vie! Trop vieux pour l’exercice? Soyez-en convaincu, ce n’est qu’un mythe.

 

Publié dans l'édition MM 16
15 avril 2013

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La bible du sportif

Qu’ils soient amateurs ou professionnels, les sportifs courent tous après l’un et/ou l’autre de ces objectifs: améliorer leur santé, maximiser leur performance ou perdre du poids. Et pour cela, ils se fient le plus souvent à des théories de vestiaire plus ou moins fumeuses.

Afin de les aider à s’y retrouver dans cette jungle d’affirmations, à démêler le vrai du faux, les experts québécois Martin Lussier et Pierre-Mary Toussaint (ils sont entraîneurs et préparateurs physiques, possèdent un diplôme en kinésiologie et une maîtrise en physiologie de l’exercice, et enseignent à l’Université de Mont­réal) ont écrit un ouvrage malin intitulé «Mythes et réalités sur l’entraînement physique». Une bible à l’usage des athlètes de tous poils publiée récemment par les Editions de l’Homme.


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1 Commentaire

Laurent Maurel [Invité(e)]

Ecrit le
15 avril 2013

J'ai mis la main sur ce livre et je le trouve tout simplement fantastique!
Il est facile à lire et l'information est bien vulgarisée. Il est devenu mon livre de chevet et ma référence en entraînement. Je le recommande à tous les sportifs, entraîneurs et parents de sportifs. Bravo aux auteurs!

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