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Mangés tout crus!

Arrivée des Etats-Unis il y a quelques années, l’alimentation vivante est en plein essor. Bio, végétale et locale, elle est un véritable art en soi.

On les appelle crudivores, mais ils préfèrent parler d’alimentation vivante. Leur credo: la cuisson des aliments qu’ils consomment ne doit pas dépasser 42 degrés afin de préserver les enzymes et les vitamines. Quoi! Manger des feuilles de salade, croquer dans une carotte ou une courgette en guise de repas, voilà qui ne fait pas rêver, direz-vous. Car pour beaucoup, ce type d’alimentation basée essentiellement sur les légumes, les fruits, les graines germées et les épices rime avec austérité et morosité. Nous voici donc à mille lieues de l’image bon vivant et du raffinement culinaire.

Un mode de vie nommé «crusine»

Certes, les crudivores sont souvent végétaliens et font la part belle aux algues et aux graines. Pas une raison pour renoncer à se faire plaisir. France Droz en est le parfait exemple. Cette pétillante Québécoise de 42 ans installée près de Lausanne est tombée dans la marmite du tout cru il y a cinq ans. Une révélation qui l’a menée à explorer les multiples facettes de ce que ses adeptes nomment la «crusine». Des stages aux Etats-Unis et en Angleterre où ce type d’alimentation fait recette depuis longtemps l’ont amenée à devenir formatrice. Parlez-lui légumes, elle évoquera avec passion le plaisir de déguster une «vraie» tomate mûre, les goûts et les saveurs «extraordinaires» qui se dégagent des produits apprêtés «sans dénaturation», tels ces raviolis de betteraves ou cette pizza de sarrasin. «On n’imagine pas tout ce que l’on peut faire!» s’enthousiasme-t-elle.

Pionnier du mouvement en Europe après avoir été formé en nutrition aux Etats-Unis, le Valaisan Jacques-Pascal Cusin affirme lui aussi qu’il existe «une gastronomie vivante». Il vient de publier Les secrets de l’alimentation vivante, un traité agrémenté de recettes élaborées avec Nadia Bernier, cheffe en cuisine crue établie à Morges et inventrice des Petits carrés, des biscuits salés et sucrés à base de graines de tournesol germées. «Ces derniers sont simplement déshydratés à une température qui permet de préserver les principes actifs et les nutriments des aliments et des ingrédients qui les composent», écrit-elle sur son site internet. Tous deux défendent une approche intégrative et environnementale de ce qu’ils estiment être avant tout un mode de vie. Car manger vivant, c’est non seulement privilégier les aliments à forte densité nutritionnelle, au plus près de leur état naturel, mais aussi consommer bio, local et de saison, précise Jacques-Pascal Cusin. Les bienfaits d’une telle alimentation seraient nombreux. Parmi eux: l’élimination des toxines, la préservation du système immunitaire, une meilleure digestion et une énergie retrouvée, notamment grâce à la chlorophylle contenue dans les légumes verts et les micro-algues.

Attention aux carences

Attention toutefois à ne pas tomber dans l’excès, prévient Muriel Jaquet, diététicienne diplômée à la Société suisse de nutrition. «Sans aucun aliment d’origine animale, on s’expose à des carences, notamment en vitamine B12, essentielle pour les cellules nerveuses et la formation des globules sanguins.» Pour elle, choisir ce type d’alimentation ne devrait se faire que si l’on est en bonne santé, adulte et bien informé. «Manger en partie cru, pourquoi pas, mais il est préférable de manger de tout.»

Plus on transforme un aliment, plus il perd ses qualités originelles. Je privilégie donc les goûts naturels.
– Jaqcues-Pascal Cusin

Sans compter qu’opter pour le tout cru peut vite se révéler handicapant lorsqu’il s’agit de prendre un repas à l’extérieur. Et l’isolement social guette le crudivore s’il fait preuve de jusqu’au-boutisme. France Droz se souvient de ses premiers pas en société: «Au début, personne ne voulait plus m’inviter, on me regardait comme une extraterrestre!»

Une question de mesure

Tout est question de dosage, affirme de son côté Jacques-Pascal Cusin, qui mange cru à 70% et met en garde contre le sectarisme: «Je suis quelqu’un qui vit de manière très intégrée. Je ne rejette pas la cuisson. Simplement, plus on transforme un aliment, plus il perd ses qualités originelles. Je privilégie donc les goûts naturels.» Et de préconiser un passage «en douceur» en commençant par baisser sa consommation de viande et augmenter la présence de crudités dans son assiette. «Modifier ses habitudes alimentaires prend du temps et doit s’intégrer dans un tout harmonieux, avertit-il. Ce que je dis aux gens, c’est «apprenez les principes et soyez heureux!»

Soupe antioxydante au concombre et à l’avocat

Pour 4 personnes

Une recette tirée de «Les secrets de l’alimentation vivante» de Jacques-Pascal Cusin (voir encadré) et élaborée en collaboration avec Nadia Bernier.

  • 1 concombre
  • 2 avocats
  • 1 oignon
  • 1 poivron jaune
  • 2 gousses d’ail
  • 1 cuillère à soupe de jus de citron (fraîchement pressé)
  • 4 cuillères à soupe de sauce tamari (soja fermenté)
  • 2 cuillères à soupe d’huile de lin
  • 1 cuillère à café de sel de l’Himalaya ou ½ cuillère de sel fin

1) Couper les avocats en deux, les débarrasser de leur noyau et de leur peau et couper leur chair en gros morceaux. La mettre dans le bol d’un blender. Couper le poivron en deux, l’épépiner puis le couper en gros morceaux et rajouter aux avocats. Couper le concombre en deux dans la longueur puis en gros morceaux, l'ajouter au poivron et aux avocats.

2) Ajouter l’oignon pelé et coupé en morceaux, les gousses d’ail pelées et débarrassées de leur germe.

3) Verser le jus de citron, la sauce tamari, l’huile de lin, le sel de l’Himalaya et 10 cl d’eau froide.

4) Mixer le tout jusqu’à obtenir une texture onctueuse.

Préparation: 10 minutes

A consommer de préférence immédiatement mais peut se conserver une journée au réfrigérateur.

 

Publié dans l'édition MM 26
25 juin 2012

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À lire

Jacques-Pascal Cusin, «Les secrets de l’alimentation vivante», Albin Michel.

Ne manquez pas la recette au bas de l'article!


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