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Un paysan reconverti au bio

Andreas Perler est en train de passer au bio sur son exploitation familiale vouée à la culture céréalière. Un choix qui, s’il est un peu risqué et entraîne plus de travail, lui apporte aussi davantage de satisfactions.

En ce début d’été, il fait chaud à Wünnewil (FR). Tout à coup, un orage éclate. Le soleil disparaît pour réapparaître aussitôt, faisant sécher rapidement le sol. Ce temps variable durera toute la journée. Andreas Perler, 43 ans, paysan de métier, fait les cent pas dans sa cuisine, en regardant par la fenêtre: «Comme si on avait encore besoin de pluie en ce moment!» Il finit par chausser ses souliers et enfiler son manteau de pluie avant de se mettre en route pour inspecter son domaine.

Père de trois enfants, Andreas Perler est à la tête d’une exploitation agricole familiale. Il cultive de l’orge, du blé, de l’épeautre, de l’avoine, du maïs, des petits pois, du trèfle et des pommes de terre sur un domaine de 31 hectares. Il a repris la ferme de son père il y a une dizaine d’années. Juste après la fin de sa formation d’agriculteur, lui et son père décidèrent d’un commun accord de passer à la production intégrée (IP-Suisse). Près de vingt ans plus tard, il envisage de franchir une étape supplémentaire.

Les produits bio font de plus en plus d’adeptes

Cela fait deux ans qu’Andreas Perler se prépare à passer complètement au bio. Au début, son père ne voyait pas cela d’un très bon œil, mais Andreas ne s’est pas laissé détourner de sa ligne progressiste: «Il faut bouger, prendre son avenir en main», confie-t-il. Il a installé un grand panneau photovoltaïque sur le toit de la grange et fait mettre à l’enquête une installation similaire sur la toiture de la maison: «L’énergie solaire et le bio vont très bien ensemble», observe-t-il. Le passage au bio sera achevé l’an prochain. La ferme pourra alors arborer le label de qualité bio.Car le bio est en vogue, tant chez les producteurs que chez les consommateurs. Selon Bio Suisse, l’organisation leader dans le domaine dans notre pays, le nombre d’exploitations ayant opté pour le bio l’an dernier a augmenté de 27%. Près de 6000 d’entre elles travaillaient selon les directives bio en 2011, ce qui représente 11% du total.

Les chiffres corroborent cette progression: l’an dernier, la part du bio dans les ventes totales réalisées par le commerce de détail représentait 1,7 milliard de francs, soit 4,2%. Migros a de son côté enregistré une hausse de la demande pour ce type d’articles de 7%, un résultat supérieur à la moyenne. Ses rayons accueillent désormais plus d’un millier de références bio. Migros propose aussi des produits de paysans suisses qui sont encore en train de se convertir au bio et qui peuvent vendre leurs marchandises aux prix bio. Celles-ci arborent le label bio accompagné de la mention «Reconversion Bio». L’un des premiers articles de ce type proposés en boulangerie est le pain de ferme mi-blanc Bio, qui sera disponible à partir du mois d’août.

Plus de travail mais aussi plus de gratification

Pour Andreas Perler, la demande croissante constitue un encouragement supplémentaire à poursuivre dans cette voie: «J’avais à peine fait la demande de reconversion que des négociants en céréales me téléphonaient déjà pour acheter toute ma production», raconte-t-il.

Mais une forte demande ne signifie pas que les paysans bio vont pouvoir se la couler douce. C’est même le contraire: le respect des directives de production bio est synonyme de travail supplémentaire. Alors qu’il pouvait auparavant utiliser des herbicides, Andreas Perler doit aujourd’hui enlever toutes les mauvaises herbes de ses cultures à la machine et parfois aussi à la main. L’approche bio bannit l’utilisation de moyens de traitement synthétiques. Parallèlement, les risques de perdre sa récolte ont aussi augmenté. Pour les minimiser, Andreas Perler a diversifié ses cultures. Pour autant, il n’est à l’abri de rien mais il a appris à vivre avec l’imprévu: «Je dors mieux que jamais», tient-il à souligner.

De toute façon, les risques et les efforts supplémentaires sont secondaires pour lui: «Le bio me rapproche de la nature. Cette philosophie m’oblige aussi à mieux m’informer sur les phénomènes naturels et à mieux prendre en compte la variable météo», raconte-t-il. Le bilan de l’expérience: positif, le passage au bio a rendu son travail plus intéressant et gratifiant.

«L’engagement de Migros est exceptionnel»

Martin Roth

Martin Roth, product manager céréales bio chez Bio Suisse, sur l’intérêt des cultures de céréales bio.

Pourquoi les céréales bio sont-elles une nécessité?

Les producteurs qui respectent les exigences écologiques les plus élevées travaillent en harmonie avec la nature et couvrent une demande en augmentation constante. Les procédés bio constituent la base pour des sols, des plantes et des animaux en bonne santé et, par conséquent, pour des céréales saines.

Quels avantages le bio offre-t-il par rapport à la production traditionnelle?

Cultivées sans engrais minéraux de synthèse ni pesticides, les céréales bio entraînent une dépense énergétique nettement inférieure et, partant, un impact environnemental moindre. Le recours à des variétés bio robustes, la planification agricole minutieuse comprenant de nombreuses rotations des cultures ainsi que l’ensoleillement des sites préviennent le développement de champignons tout en accordant une place suffisante à la biodiversité dans les champs.

Pour quelles raisons le consommateur doit-il privilégier les céréales ou les produits finis d’origine bio?

Parce qu’ils garantissent le respect des prestations écologiques requises: des contrôles annuels sont menés dans chaque exploitation pour s’assurer du bon suivi de ces directives.

Que pensez-vous de l’engagement de Migros dans le domaine des céréales bio?

Bio Suisse se réjouit de l’offre de céréales en qualité bio proposée par Migros. Nous saluons en particulier le fait que l’enseigne donne à nos exploitations des possibilités de débouchés dès la phase de reconversion. En cela, l’engagement de Migros est exceptionnel.

 

Publié dans l'édition MM 28
9 juillet 2012

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1 Commentaire

Denise Chuard [Invité(e)]

Ecrit le
10 juillet 2012

Vous vendez le bio....savez vous que vos panneaux solaire ne sont pas bio dégradables?
Oui c est une énergie verte actuellement avec une rentabilité à 5% et apres lorsqu il faudra les debarasser qui payera?
Si c est si bien pourquoi accepter la subvention?

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