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Une auto suisse, verte et bientôt mûre!

La société Catecar teste une citadine hybride et high-tech. Coiffé d’un toit solaire et habillé d’une carrosserie en lin, ce véhicule «Swiss made» devrait débouler sur le marché en 2013.

Henri-Philippe Sambuc, le président du groupe Catecar, n’est pas homme à se laisser abattre. Après le démarrage avorté de son projet de fabrication de voitures à air comprimé, le voilà qui repart dare-dare avec un concept encore plus ambitieux: le «Swiss Green High Tech Urban Vehicle». Soit la création et la production d’une micro-citadine légère, sobre, peu polluante et bon marché développée en partenariat avec des centres de recherche et des start-up romandes (lire encadrés).

«Nous ne voulons pas faire une voiture hybride de plus, mais un véhicule urbain vraiment innovant qui intègre des technologies de pointe suisses», précise cet avocat d’affaires genevois. Résultat: une petite auto écolo qui aurait hérité des mensurations riquiqui de la Smart (elle est juste 30 cm plus longue) et de la motorisation dernier cri de la Chevrolet Volt (propulsion électrique couplée à un moteur à essence servant de prolongateur d’autonomie).

Notre véhicule est un véritable labo roulant.

Mais la ressemblance avec ces deux modèles s’arrête là. Henri-Philippe Sambuc: «Notre véhicule est un véritable labo roulant. Avec son châssis aluminium en nid d’abeille et sa carrosserie en fibres végétales, il ne pèsera que 350 kilos et ne consommera au maximum qu’un litre aux 100 km pour un rayon d’action de 400 à 500 km. Et puis, son toit sera équipé de panneaux photovoltaïques de dernière génération qui, selon les statistiques d’ensoleillement en Suisse, pourront lui offrir jusqu’à 4000 km d’autonomie annuelle en plus.»

Henri-Philippe Sambuc, président du groupe Catecar (photo DR)

Jamais en panne d’idées, ce défenseur de la mobilité douce et du développement durable a également mis sur pied un «business model» original et écologiquement acceptable. «L’objectif, c’est de produire et de vendre localement.» Dans les faits, le client passera commande via internet et ira chercher sa belle citadine à l’usine. Comme ça, pas de stock ni de transport, et surtout plus d’intermédiaires! «Il n’y aura pas de concessionnaires, mais un réseau de garagistes indépendants qui feront de la promotion et seront formés pour assurer la maintenance de nos véhicules.»

Véhicules testés sur le tarmac de Cointrin

Cet entrepreneur croit mordicus en son projet qui est d’ailleurs entré dans sa phase d’essai au début de cette année. Trois prototypes, à chaque fois plus aboutis, se succéderont ainsi sur le tarmac de Cointrin afin d’y subir des tests grandeur nature et d’y être examinés sous toutes les coutures. Après, si tout se passe bien, Catecar lancera une production initiale confidentielle de son auto verte. «Nous allons d’abord cibler les aéroports, parce qu’il n’y a pas besoin d’attendre que nos véhicules soient homologués pour attaquer ce marché-là.»

Selon Me Sambuc, la validation du «Swiss Green High Tech Urban Vehicle» ne devrait pas poser de problème. «Ça devrait être réglé d’ici à la fin de cette année.» Ensuite, place à la fabrication en série. «Idéalement à Reconvilier (BE), dans les anciens locaux de Swissmetal, parce que cette usine est magnifique», relève ce sexagénaire énergique qui prévoit de démarrer la vente au printemps 2013 déjà. Prix catalogue: entre 15 000 et 20 000 francs.

Joël Sunier, chef de projet.

Le toit

Afin d’étendre encore son rayon d’action, la micro-citadine de Catecar sera coiffée d’un toit solaire développé tout spécialement à Neuchâtel par le laboratoire de photovoltaïque de l’Ecole polytechnique fédérale. Quels défis le technicien Joël Sunier (chef de projet) et son équipe doivent-ils relever? «Il y en a deux. Le premier est d’obtenir le maximum d’énergie avec une surface limitée. Le second consiste à créer un système fiable sur le long terme.»

Aujourd’hui, le prototype est en passe de voir le jour. «Ce premier exemplaire nous permettra de vérifier si le système est adéquat et que nous sommes sur la bonne voie, notamment sur le plan de la résistance aux déformations.»

Henri-Philippe Sambuc estime que ce toit solaire fournira à son véhicule urbain de l’énergie pour rouler bon an mal an 4000 km. «Si on estime que les Suisses roulent en moyenne 12 000 km par année, ça représenterait déjà environ 30% de son autonomie», conclut-il.

Thierry Robert, responsable du laboratoire de machines thermiques et hydrauliques de la Haute Ecole Arc Neuchâtel, Berne, Jura.

Le moteur

Sous le capot du «Swiss Green High Tech Urban Vehicle», on trouvera un moteur électrique, des batteries et un prolongateur d’autonomie composé d’une génératrice et d’un moteur à explosion. A priori, cela ressemble beaucoup à la motorisation de la Chevrolet Volt. «Le principe est le même, mais il faut l’adapter à un véhicule urbain qui doit être par définition plus petit et plus léger pour avoir de meilleures caractéristiques énergétiques», relève Thierry Robert, le responsable du laboratoire de machines thermiques et hydrauliques de la Haute Ecole Arc Neuchâtel, Berne, Jura. A Saint-Imier, ce professeur et ses élèves sont donc en train de mettre au point un «range extender» sobre comme un chameau (il ne devrait pas consommer plus d’un litre d’essence aux 100 km). Un challenge à la portée de ce team, puisqu’il a déjà fait ses preuves dans ce domaine avec ses prototypes Consomini qui s’illustrent régulièrement au Marathon Shell.

Julien Rion, directeur technique et cofondateur de l'entreprise fribourgeoise Bcomp.

La carrosserie

Pour habiller sa citadine d’une carrosserie à la fois élégante, ­légère comme une plume, ­résistante aux chocs et… biodégradable, la société Catecar a fait appel au savoir-faire unique de la start-up Bcomp. «Nous participons au développement de la cabine qui sera réalisée avec nos tissus de lin et notre technologie de renfort brevetée PowerRibs», explique Julien Rion, directeur technique et cofondateur de cette entreprise fribourgeoise. Du lin!!? «Sa légèreté combinée à ses excellentes propriétés mécaniques en font une fibre très intéressante pour les structures composites. Sa rigidité, par exemple, est similaire aux fibres de verre, mais avec un poids deux fois inférieur.» Ce qui est aussi intéressant avec cette plante, comme nous l’apprend notre ­interlocuteur, c’est que toutes ses parties sont utilisées: «Les déchets pour les sols d’écuries, les graines pour l’huile, les fibres pour les tissus et les composites.»

 

Publié dans l'édition MM 18
30 avril 2012

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12 Commentaires

Charles Jacqout [Invité(e)]

Ecrit le
4 juin 2012

15 à 20000 francs SUISSE x par 1,20 = 18 à 24000 €, garantie de durée des batteries ? et coût du changement des batteries?
Il a conservé le mode de commercialisation de MDI, mais pas la voiture
5 fois moins chère, et déjà homologuée.

 

Nath Preiswerk [Invité(e)]

Ecrit le
7 juin 2012

Note ami Charles a quelques soucis mathématiques. 1 euro vaut 1,2 CHF et non le contraire.

Patrick Luder [Invité(e)]

Ecrit le
8 mai 2012

4000 km par an avec le toit de la voiture ... et plus de 15'000 km par an avec une place de parc photovoltaïque !

christian gouillon [Invité(e)]

Ecrit le
3 mai 2012

 

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