Gérard aux mains d’argent
On y entre par hasard. Mais on y revient à tous les coups! Parce que le jardin instinctif de Gérard Bonnet, situé aux Grangettes (VD), est un paradis sur terre.
Un jour, il a lâché l’objectif pour la binette, mais poursuivant quelque part le même but: la beauté végétale, les reliefs dessinés par la lumière, les clairs-obscurs d’une nature intacte. Donc partir en Islande pour attendre l’éclat sur les mousses fluorescentes ou cultiver un massif d’euphorbes empourprées dans un coin de terre participe de la même démarche. «Les émotions sont identiques, les déclencheurs aussi.»
Gérard Bonnet, photographe voyageur pendant vingt ans, éducateur à temps partiel, s’est donc improvisé jardinier il y a quelques années, laissant remonter en lui ses origines paysannes. Autodidacte et heureux de l’être, parce que «non contraint par les codes», il a empoigné la bêche, ne suivant que le cycle de ses passions. «Ce jardin m’est littéralement tombé du ciel, puisque c’est la tempête Lothar en 1999 qui, en détruisant la zone de forêt derrière ma maison, m’a permis de le créer.»
Sentir les odeurs, toucher la terre à mains nues, se faire griffer par les rosiers. C’est nourricier.
Des pierres brutes d’abord qui dessinent un chemin improvisé. Et puis des fougères luminescentes, hostas aux feuilles géantes et gaufrées où roulent les dernières gouttes de rosée, alliums et ancolies perchées sur leurs hautes tiges. Quelques rhododendrons, mais pas trop. Ce n’est pas ici un jardin de la démonstration ni de la fioriture exubérante, mais plutôt un lieu qui fait la part belle aux plantes botaniques, vivaces à fleurs fines, et au temps qui passe.
L’herbe à Robert perce entre des bris de terre cuite, des sculptures de bois flotté et de ferraille se mêlent au végétal et aux poules en liberté, pour une grande œuvre en constante évolution. «On y circule comme dans un tableau. C’est une photographie de qui je suis, dans mes contradictions et mes excès.»
Depuis, Gérard Bonnet ne part plus en voyage. «Je trouve là ce que je cherchais avant à l’autre bout du monde.» Un plaisir qui n’a de sens que partagé. C’est pourquoi il a décidé d’ouvrir le lieu au public. Qui peut venir y flâner librement, d’avril à octobre, dans l’embaumement des lilas ou des roses anciennes.

Ma plante fétiche
«C’est une glycine assez rare, avec son blanc d’ivoire très délicat. Je garde les fruits en décoration. Et quand il fait très chaud, on entend les gousses qui explosent dans le silence du jardin.»

Mes sculptures
«Je manipulais la ferraille et j’ai commencé à faire des assemblages. Des oiseaux, des êtres improbables qui sortent des abysses ou là, au centre du jardin, cet hommage au cercle, la forme parfaite. Tumulus, buis taillés en boules, sphères de métal rouillé, c’est une façon terrestre d’exprimer le céleste.»

Ma passion
«Ce jardin tient compte des fulgurances qui me traversent. Ce qui n’exclut pas une bonne connaissance des plantes. Pour qu’il ait l’air naturel, cela demande beaucoup d’entretien et de taille, mais aucun engrais.»

Mon compagnon
«J’ai récupéré «Juko» à 11 mois dans un refuge. C’est un chien merveilleux, un berger d’Australie, que j’ai dû éduquer, rassurer. Et qui, aujourd’hui, tient magnifiquement son rôle de gardien de poules!»

Mes amies
«J’aime la volaille et son mode de vie. J’ai choisi des poules de Marans, aux œufs très foncés, trois coqs, des poules soie de Chine et une Orloff de Russie. Je les élève pour leur présence colorée, mais je ne les mangerai jamais!»

Mon outil indispensable
«Je suis allé chercher cette binette chez un petit artisan en Savoie. J’aime la qualité de sa ferraille, elle est faite pour aller au plus près des plantes sans les abîmer.»
Publié dans l'édition MM 24
11 juin 2012
Carte d’identité

Naissance: le 22 août 1946 en Champagne.
Etat civil: célibataire depuis toujours.
Signe particulier: porte toujours un bonnet de laine.
Il aime: la générosité et la spontanéité.
Il n’aime pas: les sondages d’opinion
Un grand rêve: «J’aimerais continuer, malgré l’âge venant, à être au plus près de ce qui m’habite.»
Naissance: le 22 août 1946 en Champagne.
Etat civil: célibataire depuis toujours.
Signe particulier: porte toujours un bonnet de laine.
Il aime: la générosité et la spontanéité.
Il n’aime pas: les sondages d’opinion
Un grand rêve: «J’aimerais continuer, malgré l’âge venant, à être au plus près de ce qui m’habite.»
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6 Commentaires
antonieta la soi disante marchande d epices barbosa [Invité(e)]
Ecrit le
7 mars 2013
bonjour a toi gerard aux mains d argent joli ce nom il te va a merveille loin dans ce pays ou le brouillard prime auj et ou tant de jardins et de foret a cultiver m entoure ...cet endroit me fait penser a toi et voila pour quoi je suis tombe sur ton article ca me fait touj beau aux yeux ,a mes sens et a mon coeur de voir ton lieu et tu sais t est beau avec ton bonnet vert ...tu sais je sais vraiment pas si on a ete ou ont est des amis mais je sais que toutes les pieces on ete montees par mon coeur et je sais que je t aime donc ca suffit alors honneur a toi et a ton ouvre et j espere q un jour tu viens voir la mienne...j ai laisse tomber les epices et j ai retrouve la paysanne portugaise et chaque jour je beche je mets ici et la ma creativite je seme et je souhaite que tout ce qui m habite puisse un jour toucher tes sens bisous a toi et merci d exister ah la j ecoute ton intervieu et tes poules ah chouette ca fait du bien belle journee bisous
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Jean-Claude Corbillon [Invité(e)]
Ecrit le
30 septembre 2012
Oui et tu avais une petite chienne qui s'appelait Vanille
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gerard bonnet [Invité(e)]
Ecrit le
28 novembre 2012
salut jean-claude
je lis seulement ce jour ton commentaire ...
et suis tout chamboulé
0041794719111
gérard
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Jean-Claude Corbillon [Invité(e)]
Ecrit le
29 septembre 2012
Bonjour Gérard, je ne suis pas sûr, mais il me semble te reconnaître. Tu es né en Champagne, tu as été éducateur et nous avons fait connaissance à Troyes.
Merci de me dire si je ne me suis pas trompé.
Nous avons eu un ami commun : Guy Reyren de Molondin (Suisse)
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