Content: Home

A l’école du professeur Karim Slama

Mercredi dernier, une quarantaine de lecteurs ont pris part au grand quiz de «Migros Magazine», sous l’égide de l’humoriste vaudois. Une après-midi riche en rires et en émotions!

Vous êtes tous allés faire pipi? Parce que je vous préviens: une fois que le test aura commencé, hors de question que vous sortiez...» Impitoyable, le professeur Karim Slama! Mais ses élèves d’un jour ne s’y trompent pas: dans la salle 520 de la Haute Ecole pédagogique de Lausanne, l’ambiance est plutôt à la rigolade. Certes, il va falloir répondre aux quelque vingt questions du grand quiz concocté par l’équipe de Migros Magazine, mais on ne va pas se laisser impressionner pour autant!

Ils sont une quarantaine à avoir répondu présent en ce mercredi après-midi de juin. Parmi les lecteurs venus des quatre coins de Suisse romande – l’un d’eux ayant même fait le déplacement depuis Porrentruy! – cinq personnalités ont pris place dans la classe: Jean-Claude Issenmann, le créateur des Babibouchettes, au premier rang. A ses côtés, le politicien valaisan Philippe Nantermod.

Je vais éviter de parler pendant que vous réfléchissez.

Un peu plus loin, très chic dans son costume-cravate, Raphaël Millius, Mister Suisse Romande. Plus discrets, aux deuxième et avant-dernier rangs, la blogueuse Hélène Becquelin et le chanteur pour enfants Gaëtan. Mais ici, tout le monde est logé à la même enseigne. A la demande de Karim Slama, les participants ont inscrit leur prénom sur un carton et l’ont posé bien en vue sur leur bureau.

L’humoriste vaudois pourra ainsi les pointer du doigt en cas de mauvaise réponse... Et pour jouer encore mieux son rôle de prof, il a choisi d’endosser le costume d’un de ses personnages fétiches, Mouloud: «Tout le monde il a éteint son portable? Je vous préviens: il y en a un qui sonne, je le refile à mon cousin Aziz...»

Des problèmes de math bien difficiles

Mais trêve de plaisanterie et place au jeu! Première catégorie: les mathématiques. On commence par un petit problème de logique: «Quand mon père a eu 31 ans, j’en avais 8. Aujourd’hui, il est deux fois plus âgé que moi. Quels sont nos âges?» A peine le professeur Mouloud a-t-il posé la question que celle-ci est projetée sur le mur, de même qu’un minuteur égrenant les soixante secondes dont disposent les participants pour trouver la solution. «Je vais éviter de parler pendant que vous réfléchissez: je ne voudrais pas vous déconcentrer», lance Karim Slama, petit sourire sadique aux lèvres, à l’assemblée. Et d’invectiver Monsieur Babibouchettes: «Jean-Claude, qu’est-ce que tu attends? Ce n’est pas en fixant la question que la solution va te sauter aux yeux!»

La minute est passée. «Qui a trouvé?» Zack, un trentenaire lausannois, se lance: «46 et 23 ans?» C’est effectivement la bonne réponse. «Tout le monde l’avait? interroge le professeur Mouloud. Levez vos cartons!» Les participants ont chacun reçu des bristols verts et rouges pour signaler leurs bons et mauvais résultats. «Pour distinguer les plus doués des cancres», ricane le professeur.

Les questions s’enchaînent suscitant parfois soupirs, regards perplexes et exclamations. «Oh non, mon Dieu!» s’écrie Mister Suisse romande en découvrant le problème sur les divisions, rappelant à son bon – ou mauvais – souvenir des termes tels que dividende, reste et quotient. «Toi, de toute façon je te déteste, lui lance Karim Slama du tac au tac. Au collège, tu devais piquer toutes les nanas!»

Bien rapidement, l’humoriste vaudois prend sous son aile le plus jeune participant de la salle, un petit Ulysse de 8 ans. N’hésitant pas à lui souffler certaines réponses et à appeler ensuite au tableau la maman, Stefania, qui, bien que toute fière de son garçon, semble pour sa part avoir oublié ses règles de mathématiques.

Le français et les sciences, pas de la tarte non plus

D’ailleurs, cela semble être un problème récurrent parmi les adultes, toutes disciplines confondues. Qui se souvient encore de l’astuce pour déterminer si un nombre est divisible par 9? «Tout le monde il se rappelle le truc?» interroge Mouloud. Non, plusieurs l’ont oublié. De même que les règles pour accorder les participes passés ou mettre au pluriel des noms composés.

Car aux mathématiques succèdent deux autres catégories. Le français bien sûr, mais également les sciences: «Quels sont, dans l’ordre chronologique, les différents stades de développement du papillon?» Hilarité générale lorsque Karim Slama, dévoilant la réponse, se lance dans un mime dudit développement, juché sur son bureau.

«On continue? Tout le monde est en forme?» On s’approche de la fin du quiz. De plus en plus de mains plongent dans les sachets de chocolats mis à disposition sur les bureaux, histoire de se donner du courage pour la dernière ligne droite. «Citez cinq synonymes d’astucieux. Vous pouvez vous inspirer de moi...» Nouveaux rires. «J’ai noté fourbe, annonce Philippe Nantermod. C’est juste?» – «Non, Philippe, tu traînes trop avec des politiciens...» Encore quelques pitreries, et c’est déjà terminé. «Je suis fier de vous, s’exclame Karim Slama. Vous êtes nettement au- dessus de la moyenne suisse!» Ouf, les participants peuvent souffler: le professeur est satisfait...


Les réactions des «élèves»

Stefania et Ulysse, d'Yverdon

Stefania et Ulysse, d’Yverdon

Ulysse: «J’ai bien aimé quand Karim a fait le papillon! J’avais un peu peur, mais j’ai bien réussi les maths. C’est ce que je veux faire plus tard, mathématicien.»

Stefania: «Quand j’ai vu l’annonce dans «Migros Magazine», je me suis dit que ce serait rigolo de participer au quiz avec Ulysse. Pour certaines questions, il était plus doué que moi! Et pour ma part, j’ai eu un peu le trac quand j’ai dû aller au tableau...»


Raphaël Millius

Raphaël Millius

«Heureusement que ce n’était pas un vrai examen, j’aurais redoublé! A plusieurs reprises, je savais que je connaissais la règle, mais sur le moment, impossible de m’en souvenir! Ce n’est qu’en découvrant les réponses que je me disais, ah mais bien sûr! Pour moi, le français reste quand même le plus simple...»


Gaëtan

Gaëtan

«Comme je ne savais pas à quelle sauce on allait être mangé, je ne me suis pas du tout préparé. Je me suis bien débrouillé en français et en sciences, j’étais étonné. Par contre, on dit que les musiciens ont souvent de la facilité pour les maths, ce n’est pas du tout mon cas!»


Nathalie, de Font

Nathalie, de Font (FR)

«Je m’attendais plutôt à un questionnaire à choix multiples, du coup, j’étais un peu étonnée. Mais tout s’est bien passé, l’ambiance était très détendue, il y avait moins de pression que je ne craignais.»


Hélène Becquelin

Hélène Becquelin

«Mes enfants sont en pleins examens, ce sont eux qui m’ont encouragée à venir. Je pensais pouvoir pougner sur mes voisins, mais finalement ils semblaient plus en difficulté que moi. J’ai dû me rabattre sur ceux devant moi. Je me suis fait piégée par la question des planètes. Pourtant, j’en ai parcouru, en famille, des sentiers des planètes! Mais là, impossible de me souvenir de tous les noms...»


Chloé, de Saint-Légier

Chloé, de Saint-Légier (VD)

«J’ai fait quelques fautes, mais dans l’ensemble, j’ai trouvé les questions assez simples. C’est ce que je suis en train d’étudier à l’école, donc je n’ai pas eu besoin de me préparer. Et j’ai trouvé Karim Slama très drôle!»


Jean-Claude Issenmann

Jean-Claude Issenmann

«Je m’en suis pas trop mal sorti, surtout en maths, c’était assez basique. Je m’inquiétais un peu pour les sciences, je m’attendais à des questions sur le 0 absolu, mais là, elles étaient surtout amusantes. Bon, l’orthographe, ce n’était pas trop ça, les accords des verbes non plus. Mais c’était rigolo: d’ailleurs, on m’a toujours dit qu’il fallait prendre la grammaire comme un jeu. Par contre, ça devait être la première fois que j’étais au premier rang: à l’école, j’avais plutôt tendance à me mettre vers la fenêtre, à l’arrière, notamment à cause de ma grande taille.»


Roland, de Vevey

Roland, de Vevey

«En tant qu’enseignant à la retraite, j’étais curieux à l’idée de me retrouver de l’autre côté de la barrière! Je ne m’en suis pas trop mal sorti, ce sont surtout les planètes et le pluriel des noms composés qui m’ont causé quelques difficultés.»


Zack, de Lausanne

Zack, de Lausanne

«Je participe volontiers à tout ce qui est concours, jeux télévisés. Comme je travaille dans le parascolaire, les questions étaient assez simples pour moi. Je n’ai fait que deux fautes, en français. Cela dit, à l’école, j’étais plutôt un cancre, je n’ai même pas obtenu mon certificat: ce quiz, c’était un peu ma revanche, je voulais prouver que même sans diplôme, on peut très bien s’en sortir.»


Karim Slama, un professeur "Mouloud" comme tout le monde en rêve...

Le bilan de «Mouloud»

Alors, satisfait de vos élèves?

Oui, ils étaient très bons! Sages, attentifs, à part Jean-Claude Issenmann, bien sûr! Il a toujours besoin de se démarquer, celui-là. Déjà qu’il a une tête de plus que les autres...

Qu’en est-il des autres personnalités?

Gaëtan était un élève discret, exemplaire! Raphaël Millius m’a paru très concentré. Bon, je ressentirai toujours une certaine jalousie à son égard... De son côté, Philippe Nantermod, c’est un petit malin: quand il n’avait pas la réponse, il n’hésitait pas à aller la chercher chez ses voisins. Quant à Hélène Becquelin, on sent encore l’enfant rebelle chez elle...

Si vous aviez dû vous-même passer le test, vous vous en seriez bien sorti?

En maths, oui. J’aurais bien nagé en français par contre. En science aussi: la question sur la cellule, par exemple, je n’aurais pas su y répondre, je n’ai pas étudié la biologie. Disons que j’étais content de pouvoir demander les réponses à l’assemblée!

 

Publié dans l'édition MM 25
18 juin 2012

Auteur
Photographe
  Super   Commentaires  1

 Imprimer  Envoyer

A lire

 

D'autres articles à découvrir

 


Rédiger un commentaire


1 Commentaire

Roland Maillard [Invité(e)]

Ecrit le
18 juin 2012

J'y étais...! Je tiens à remercier de tout coeur les initiateurs de cette rencontre "culturelle", avec un panel si varié et surtout si sympathique. Tout prétexte à une rencontre est louable. De nos jours, on sait communiquer à tout va, mais sait-on encore se rencontrer physiquement et échanger, surtout si, cerise sur le gâteau, cela se passe dans la bonne humeur: merci Karim!

  • Vous avez déjà signalé ce commentaire