16 août 2018

Objectif Grand Nord

Natif de Tramelan établi à Neuchâtel, Milko Vuille, 58 ans, rêve de partir en territoire arctique, pour y retrouver l’épave de l’«Eira», un vieux voilier à vapeur britannique. Son projet pourrait bien aboutir en 2019.

Milko Vuille
Photos: Matthieu Spohn

«Au début, c’était un rêve. C’est devenu une mission.» Voilà quinze ans que Milko Vuille se démène pour concrétiser son projet: retrouver l’«Eira», le voilier qui avait coulé en 1881 dans l’archipel François-­Joseph, au nord de la Russie. «J’ai découvert cette histoire par le biais de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg en 2003, où je m’étais rendu dans lespoir d’accompagner une équipe au pôle Nord ou au pôle Sud.»

Les aventures de Benjamin Leigh-Smith, propriétaire du bateau en question, enflamment aussitôt cet explorateur dans l’âme. «Depuis, j’essaie de monter une expédition. J’ai de nombreux soutiens, dont le directeur du parc national de l’Arctique russe, mais c’est très dur de ­récolter les fonds ­nécessaires, toutes mes économies y sont passées.» S’il se concentre aujourd’hui sur son projet, il a notamment travaillé, par le passé, au service de vente des parfums Bulgari et dans de grands groupes ­horlogers.

Jamais découragé? «Si, parfois. Mais un signe relance toujours ma motivation.» Comme en 2007, lorsqu’il reçoit l’appel de Christopher Leigh-Smith, petit-fils de Benjamin. «Il habitait Château-d’Œx! Nous sommes restés en contact jusqu’à son décès.» En 2015, Milko Vuille a eu la chance de participer à une expédition scientifique en terre François-Joseph. «Une expérience fantastique!» Qu’il espère réitérer l’été prochain, pour mener à bien sa mission.

Une journée avec Milko Vuille

9h: une sortie en bonne compagnie

Balade matinale

«Ma chienne «Loli», qui appartenait avant à ma maman, a l’âge de mon projet: 15 ans. Je la promène parfois du côté du Laténium, pour qui j’avais travaillé comme plongeur lors de fouilles ­­lacustres dans les années 1980.»

10h: recherche de financement

Coups de téléphone

«Je galère pour récolter des fonds. Idéalement, j’aimerais bien trouver des investisseurs suisses, mais je prends également des contacts à l’étranger. Mon projet permettrait à des scientifiques d’explorer cette région: avec le réchauffement ­climatique, les enjeux, à l’échelle ­internationale, sont importants.»

11h: Passionné d’images

Un artiste qui s'expose

«J’aurais voulu me former à l’école de photo de Vevey, mais ­finalement, j’ai tout appris en autodidacte. Suite à mon voyage en terre François-Joseph, j’ai organisé une exposition à la galerie YD à Neuchâtel. J’aimerais en lancer une nouvelle prochainement. Et je voudrais bien tourner un documentaire sur mon expédition.»

13h: Au lac

Natation dans les eaux neuchâteloises

«L’eau a toujours été mon élément. Je nage régulièrement dans le lac, durant une bonne partie de l’année: en général, je commence en avril et parfois je continue jusqu’en octobre ou en novembre, avec une combinaison.»

15: Dans les gorges de l’Areuse

Passionné de plongée depuis toujours

«Depuis que je suis gamin, j’ai envie de tout photographier, des abysses à l’espace. Ado, j’avais écrit au commandant Cousteau pour partir avec lui sur la «Calypso». Le Musée océanographique de Monaco m’avait gentiment répondu que ce n’était pas possible. Mais plus tard, j’ai plongé avec son plus jeune fils, Pierre-Yves, dans les Galápagos.

18h: Au cœur de l’histoire

Les aventures extraordinaires de Benjamin Leigh-Smith

«Au fil des années, j’en ai appris davantage sur l’histoire de Benjamin Leigh-Smith. Elle ressemble un peu à celle, plus connue, de l’explorateur Shackleton. Après le naufrage de leur bateau, Leigh-Smith et son équipage ont été bloqués pendant dix mois dans l'archipel François-Joseph.»

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