12 mars 2020

Le coin des créatifs

Louer du matériel audiovisuel à petit prix, apprendre à faire du mapping ou à maîtriser un logiciel de montage… C’est ce que propose le Bureau culturel de Genève qui vient d’ajouter à son impressionnant catalogue des équipements de réalité virtuelle.

Au Bureau culturel de Genève, les petits budgets peuvent facilement avoir accès à du matériel de pointe.

L’une est occupée à monter son clip de musique, l’autre, pianote sur le clavier pour éditer son magazine, alors qu’un dernier débarque pour rendre une caméra qu’il avait empruntée. Aucun doute, nous sommes bien au Bureau culturel, «un projet du Pour-cent culturel Migros en partenariat avec la Ville de Genève», comme l’indique l’écriteau à l’entrée. Cet espace associatif qui a pignon sur rue est situé tout au bout de la rue de Berne, au cœur du quartier animé des Pâquis. Y aller, c’est forcément causer pixels, son, montage… Et pour cause: l’une des activités principales de ce lieu devenu incontournable dans le panorama culturel genevois est la location à bas prix de matériel audiovisuel. Casques, trépieds, caméras, appareils photos, lumières… Depuis l’ouverture de l’espace en 2006*, le catalogue disponible en ligne s’est étoffé d’une centaine d’objets.

«Ce qui a le plus de succès en ce moment, c’est l’appareil photo Canon 5D que les gens utilisent plutôt pour filmer, précise Émilie, qui s’occupe notamment de l’accueil et du prêt. Les packs Aladdin de lumières à LED sont aussi très demandés.» Néophytes et experts peuvent ainsi, avec un petit budget, avoir accès à de l’équipement de pointe et voir grand avec leurs projets. «Nous fonctionnons à la confiance, mais il est important de préciser que l’utilisation de ce matériel est exclusivement réservée à des fins culturelles, éducatives ou sociales», souligne Baptiste Lefebvre, responsable de l’arcade. En plus de cette prestation qui vise à soutenir la création, l’association joue également un précieux rôle de conseil et d’information. «Si la personne qui vient nous voir est un peu bavarde sur son projet, c’est positif, car nous pourrons alors l’aider au mieux», s’enthousiasme Baptiste Lefebvre. Il faut dire que les quatre membres qui composent la petite équipe soudée de l’association ont tous une démarche créative en parallèle de leur activité au Bureau culturel.

Rester à la page

«J’ai plusieurs casquettes, développe le responsable. Je collabore notamment avec des festivals, d’autres acteurs culturels. Je suis aussi plasticien: je touche à beaucoup de médiums comme la sculpture ou la vidéo.» Même son de cloche pour Émilie: «Comme tout le monde ici, je suis à temps partiel et à côté je me forme dans le vitrail. Avant ça, j’ai fait une formation dans l’installation vidéo.» Autant dire que cette équipe d’initiés, bien enracinée dans le terroir culturel genevois, dispose de nombreuses connaissances pour stimuler et aiguiller les utilisateurs.

D’ailleurs, soucieux de toujours pouvoir offrir le matériel le plus «à la page» possible, le responsable vient d’ajouter à son catalogue une nouveauté dont il n’est pas peu fier: «Je suis très content, puisqu’on a acquis cet automne des équipements de VR (ndlr: réalité virtuelle) dont deux paires de lunettes d’exploration qui permettent de jouer ou de regarder des vidéos en immersion. Nous avons aussi une caméra VR, un enregistreur son et une paire de lunettes pour le montage ou l’invention d’un jeu.» Mais la location de matériel n’est pas le seul atout de ce lieu à la croisée des arts et des techniques digitales.

L’espace à la déco épurée – modules en bois clair, grande table pour accueillir événements et cours - donne aussi accès à six postes de travail. Tous sont équipés d’une flopée de logiciels destinés au travail de l’image, de la vidéo, du son ou encore du texte et de la 3D. «Il est possible d’utiliser ces postes à l’heure ou à la demi-journée, pointe Baptiste Lefebvre. En semaine, le forfait après-midi est par exemple de 10 francs.» Le jour de notre visite, deux utilisateurs sont justement concentrés sur leurs écrans d’ordinateur.

«Je suis en train d’éditer un magazine associatif consacré aux animaux, lance Manuel. Le Bureau culturel est un lieu que je fréquente régulièrement. J’y ai fait deux initiations pour comprendre Indesign et Photoshop. C’est ce qui m’a permis de réaliser ce journal.» À côté de lui, une autre personne s’active aussi sur son clavier. «Je monte le clip vidéo de mon dernier titre réalisé en Amérique du Sud», raconte Samia Tawil. L’artiste qui consacre plusieurs dizaines d’heures à parfaire son clip sur le logiciel Final Cut Pro X n’a rien à envier aux professionnels du montage. Images impeccables, enchaînement fluide et rythmé… Samia Tawil est exigeante et ne sent pas le temps passer quand elle plonge sans relâche dans sa passion. À 18 h 30, l’heure où le Bureau culturel ferme, elle est d’ailleurs la dernière à s’arracher de son siège pour partir. Mais l’espace ne cesse pas de s’animer pour autant. Bientôt, à 18 h 45, un cours prendra place.

Il s’agit d’une initiation au tournage avec les appareils Canon DSLR, enseigné par Joanna Osbert, ancienne collaboratrice du Bureau culturel et actuellement vidéaste à la RTS. En tout, sept élèves entre 20 et 50 ans sont présents. Tous s’affairent autour des caméras, trépieds et lumières ­disposés çà et là pour mettre en pratique la théorie apprise la veille. Le but? Réaliser une interview en vidéo ­impeccable. Pendant que certains règlent la température de la lumière, d’autres ajustent le cadrage ou testent les réglages du micro. «Ces formations accessibles ont beaucoup de succès, confie l’enseignante. Aujourd’hui, on demande de plus en plus aux gens d’être multidisciplinaires et d’être capables de faire une vidéo de A à Z. Cela fait partie des attentes de notre époque.» Tout est dit.

*Il existe actuellement cinq Bureaux culturels en Suisse: à Berne, à Bâle, à Zurich, à Saint-Gall et à Genève. Celui de Zurich a été le premier à ouvrir ses portes en 2006.

Informations: www.bureauculturel.ch/ge

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