23 août 2018

Le ciseleur d’intrigues

Menuisier le jour, le Neuchâtelois David Ruiz Martin se mue en romancier à l’aube et au crépuscule pour coucher sur le papier des histoires sombres comme la nuit.

David Ruiz Martin
Photos: Matthieu Spohn

David Ruiz Martin est un homme discret, si discret que ses proches n’ont découvert sa passion pour l’écriture qu’au moment de la sortie de son livre «Le syndrome du morveux». C’était en 2014. «Seule mon épouse était dans la confidence», avoue cet habitant de Cressier (NE), né il y aura bientôt quarante ans du côté de Madrid.

Depuis, il a publié deux autres romans (un thriller et une histoire d’amour sur fond de guerre d’Espagne) ainsi que des nouvelles. Ouvrages autoédités disponibles sur Amazon.

Ce menuisier lâche le rabot pour la plume dans ses heures perdues. Surtout à l’aube et au crépuscule. Il n’a suivi aucune formation littéraire. C’est un autodidacte qui dévore des livres depuis l’adolescence.

Et son travail d’écriture commence à rencontrer un certain succès, à l’image de cette nouvelle intitulée «Un regard d’avance» (téléchargeable gratuitement sur le site www.librinova.com ) qui lui a permis de figurer ce printemps parmi les cinq lauréats d’un concours organisé à Paris par le magazine «LiRE» et la plateforme d’autoédition Librinova.

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, ce Neuchâtelois a dégotté récemment un éditeur français distribué par le groupe Hachette: les Éditions Nouvelle Bibliothèque . C’est donc dans les collections de cette maison que figureront les prochains romans signés David Ruiz Martin.

Une journée avec David Ruiz Martin

5h: écriture

«Tous les matins, je me lève à l’aube pour écrire. C’est à ce moment-là que je suis le plus inspiré et le moins dérangé aussi. J’entre dans ma petite bulle et je sais que j’ai une heure, une heure et demie devant moi pour me plonger dans l’histoire, me glisser dans la peau de mes personnages.»

7h: atelier

«On est menuisier de père en fils. Avec mon frère, on a repris l’entreprise familiale il y a huit ans. Mon papa vient encore donner de petits coups de main de temps en temps. J’aime ce métier, il assure un équilibre entre mes aspirations manuelles et intellectuelles.»

9h: pause

«La famille, c’est important pour moi. On a toujours été très soudés, il y a vraiment une bonne entente entre nous. Durant la pause, avec mon frère et mon père, on parle de tout: de politique, de football (ce sont des fans du Real Madrid, ndlr) et de travail aussi évidemment.»

13h: chantier

«J’apprécie de pouvoir sortir régulièrement de l’atelier. Pour aller sur un chantier ou chez un client. C’est l’occasion de prendre l’air et de rencontrer des gens. Oui, j’aime le contact, je suis un être profondément social.»

19h: détente

«Après le travail, j’ai besoin de me retrouver un moment seul pour faire une coupure et me ressourcer. Je fais un tour à vélo quand le temps le permet. En été, direction la plage de Saint-Blaise où je retrouve ma femme Julie et des amis.»

Une passion pour Stephen King

«J’ai commencé à dévorer des livres à l’adolescence, durant mes vacances en Espagne. C’étaient des romans de Stephen King . J’adore l’ambiance qui imprègne ses histoires. Oui, c’est vraiment lui qui m’a donné le déclic pour la lecture, puis pour l’écriture quelques années plus tard.»

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