23 août 2018

Le tour du val de Nendaz en quatre jours

Nendaz Tourisme propose un trek «clés en main» dans un somptueux décor alpin, nuits en cabanes et repas inclus. Nous avons testé cette offre estivale (valable en juillet et août) pour vous avec de la joie, de la sueur et de belles surprises tout au long du chemin.

Nendaz
Photos: Alain Portner

Randonner en montagne, sans se soucier de rien, si ce n’est de mettre un pied devant l’autre. Voilà ce que promet Nendaz Tourisme aux randonneurs qui rêvent de se dégourdir les jambes en effectuant un trek de quatre jours et de cinquante-trois kilomètres autour du val de Nendaz.
Un coup de fil pour réserver deux places, une pour moi et l’autre pour mon fils. Un virement pour payer à l’avance notre séjour qui comprend trois nuits en
cabane et en pension complète. Plus qu’à attendre la date fatidique, à boucler nos sacs à dos et à lacer nos souliers de marche.

Le 1er jour: temps lourd et orageux


Le jour J, nous sommes attendus à 9 heures à la réception du bureau de Nendaz Tourisme. Tout sourire, Sonia et Laetitia nous remettent le fascicule de la balade ainsi qu’une carte pédestre des «4 Vallées» au 1:25 000. Carte qu’elles déploient sous nos yeux afin de décrire par le menu l’itinéraire à suivre et nous avertir des chausse-trapes et autres embûches à éviter.

Les rhododendrons sont en fleurs à cette période de l'été.

À peine le temps de prendre congé que déjà la navette – un Ford Transit blanc – démarre avec une douzaine de passagers à son bord. Direction Veysonnaz, point de départ de cette expédition. Chapeau de cuir vissé sur la tête, bras tatoués sortant des manches trop serrées d’un t-shirt noir du groupe Metallica, le chauffeur enchaîne les virages en épingle à cheveux avec décontraction.Vingt minutes de slalom et nous voilà débarqués du bus.

À nous de jouer. Premiers pas, première montée. Raide comme la justice, direction Thyon. 700 mètres de dénivelé pour se mettre en jambes. Chaleur et sueur. Quelques failles dans le balisage nous entraînent hors des sentiers battus. Les préposées de l’office du tourisme nous avaient prévenus… Nous nous accrochons.

La balade croise de nombreux torrents

Midi pile. Le sommet, enfin. Nous sommes fourbus mais heureux. Fiers aussi de ne pas avoir cédé à la tentation de la télécabine. Après une pause pique-­nique bien méritée, nous empruntons un joli chemin qui serpente entre bosquets de rhododendrons et de genévriers. Au loin, nous apercevons l’imposante muraille du barrage de la Grande-Dixence.

Arrivée à la cabane d’Essertze (2191 m) au milieu de l’après-midi. Accueil chaleureux et thé froid maison délicieux. Nous jouons aux cartes en attendant l’heure du souper. Au menu: spaghetti bolo et salade. Puis toilette sommaire (l’eau du robinet est glacée) et dodo avec une dizaine d’autres randonneurs. La furie de l’orage qui vient d’éclater couvre le concert des ronfleurs.

La cabane d'Essertze offre un thé froid délicieux aux visiteurs.

Le 2e jour: temps plus frais et couvert

Debout à 7h30. Dans les cabanes, on se couche et on se lève avec les poules. Petit-déjeuner copieux avant de repartir pour un tour. Nous revenons sur nos pas jusqu’aux gouilles d’Essertze, dans lesquelles barbotent des tritons, avant d’attaquer l’ascension du Mont-Rouge (2491 m) par la crête. Nous nous sentons des ailes, malgré le poids de nos sacs à dos. De cette cime, la vue est imprenable.

Vue imprenable depuis la cime du Mont-Rouge.

Durant la descente, notre regard est attiré par des ombres qui se déplacent sur la surface accidentée d’un pierrier. Des marmottes! À notre approche, elles disparaissent les unes après les autres. Comme avalées par la terre. Un peu plus bas, nous rejoignons le bisse de Chervé que nous longerons presque jusqu’à destination.

Après un pique-nique requinquant (pain, saucisson, fromage, chocolat et pommes fournis par les tenanciers de la cabane
d’Essertze) pris à proximité d’un torrent, nous continuons notre route. Au détour du chemin, nous découvrons la masse de
béton du barrage de Cleuson. Et juste derrière cette barrière grise, les eaux turquoise du lac du même nom. Féerique.

Le sentier chemine dans des paysages sublimes.


Une bonne heure plus tard, nous nous affaissons dans les transats de la cabane Saint-Laurent (2485 m). Avec son dortoir de 29 places (complet ce soir-là) et ses toilettes à l’extérieur, l’endroit est rustique et sans chichi. Un vrai gîte de montagne, quoi! Une vingtaine de jeunes bouquetins insouciants viennent brouter et s’ébattre presque sous nos fenêtres. Nous jouissons du spectacle, puis passons à table (bouillon, pâtes chalet et abricot du Valais). Pas rassasiés de toute cette beauté qui nous entoure, nous allons encore admirer le coucher du soleil avant de nous glisser dans nos sacs à viande.

La cabane Saint-Laurent offre un accueil rustique à 2485 m d'altitude.

Le 3e jour: temps radieux

Ce matin, les marcheurs ont les yeux bouffis et le visage fripé. Ils dégagent autant d’énergie que Gaston Lagaffe au sortir d’une sieste. Pas facile de dormir en compagnie d’une trentaine d’inconnus, même avec la meilleure volonté du monde et une paire de boules Quies. Un bol de café pour chasser la fatigue, deux tartines pour faire le plein d’énergie et ça repart!

Un dernier coup d’œil au lac de Cleuson avant de plonger, à travers forêt et des pâturages boisés, sur Siviez (1733 m), un
lotissement touristique qui fait un peu tache dans ce décor alpin. Nous tournons le dos à cette verrue et renonçons encore une fois – courage ou inconscience? – à l’option télécabine pour nous farcir la solide grimpette qui mène au Plan du Fou (2436 m).

La montée au Plan du Fou.

Une fois là-haut, nous pensions avoir fait le plus dur. C’était méconnaître la suite: une crête avec des passages rock’n’roll et spectaculaires, bien équipés certes, mais fortement déconseillés aux personnes souffrant de vertige. Pour les autres, arpenter cette sente de chamois est un vrai plaisir. Avec, cerise sur le gâteau, la Dent-de-Nendaz (2463 m) et son panorama à couper le souffle.

La crête de Nendaz comprend des passages spectaculaires.

Ensuite, descente rapide et un peu casse-pattes jusqu’au lac Noir et Tracouet. La cabane de Balavaux (2038 m) n’est plus très loin. Sophie nous y accueille comme des rois. Nous avons un dortoir pour nous tout seuls et aussi des douches, c’est le grand luxe! Nous engloutissons la soupe à la courge et bâfrons les röstis à la valaisanne avec fromage et lardons.

A la fin du troisième jour, les marcheurs atteignent la cabane de Balavaux.

Le 4e jour: temps encore radieux

Sommeil réparateur et petit-­déjeuner roboratif. Nous sommes d’attaque au moment de démarrer la quatrième et dernière étape de ce périple. Piqué en zigzag dans la forêt de Balavaux, là où sont enracinés les plus gros mélèzes d’Europe. Ces arbres, quasi millénaires, en imposent par leur âge et par leur taille. Nous nous sentons vraiment tout riquiquis face à eux.
Soudain, des sifflements aigus déchirent l’air et nos tympans. Des marmottes nous ont repérés. Nous stoppons notre marche pour observer les alentours à l’aide de nos jumelles. Là, à une trentaine de mètres à peine, nous distinguons nettement la sentinelle. Elle se tient debout sur une souche, droite, immobile et flegmatique comme un soldat de la garde royale britannique.

Le long bisse de Saxon

 Sous le hameau de Prarion coulait le bisse de Saxon (le plus long du Valais avec ses 32 km). Nous en suivons le lit jusqu’au lieu-dit Le Bourlà, endroit parfait pour un arrêt sandwich avant le terminus de cette aventure: Haute-Nendaz. Déjà, de nombreux souvenirs se bousculent dans nos têtes, qui nous accompagneront longtemps après notre retour…

Les pique-niques se dévorent dans une nature verdoyante.

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