11 juillet 2019

Apprentis e-cyclistes

De plus en plus de gens craquent pour un vélo électrique. Certains en connaissance de cause. D’autres un peu moins. Et c’est à ces derniers que s’adressait le cours de conduite organisé récemment à Fontaine (NE) par Pro Velo et le TCS.

cours vélo électrique
Le cours commence par la théorie, où les instructeurs passent en revue les règles du trafic, la prévention et la technique, avant d’enchaîner avec la pratique.

Des nuages planent encore sur le Val-de-Ruz ce vendredi-là quand débarquent à Fontaine les participants au cours de conduite proposé par les sections neuchâteloises de Pro Velo et du TCS. Douze personnes sont présentes. Majoritairement des seniors venus se familiariser avec les VAE, les vélos à assistance électrique. «Quelles sont vos attentes?» Les réponses fusent: «J’ai déjà fait 30 km à plat avec mon e-bike, mais je ne suis pas encore très en confiance», «J’ai un peu peur de monter sur un de ces engins et j’espère que ce cours me rassurera», «Je viens tester pour voir si je me sens suffisamment à l’aise pour pouvoir refaire du vélo grâce à l’e-bike.»

Avant de se mettre véritablement en selle, ces femmes et ces hommes passent par la case théorie. «Si on est peureux, timide, ­hésitant, maladroit ou agressif, on augmente les risques d’avoir un accident, explique en préambule Johanna Lott Fischer, monitrice à Pro Velo Neuchâtel. Le but de cette matinée, c’est que vous deveniez calme, détendu, actif, dynamique et assuré de manière que vous vous retrouviez le moins souvent ­possible dans une situation dangereuse.»

Avec mon mari, on vient de recevoir nos e-bikes. On n’a roulé avec que quelques kilomètres, sans avoir eu le temps de les apprivoiser. Ce cours tombait donc à pic. Après cette matinée où j’ai pu mieux expérimenter l’assistance électrique, je me sens plus en sécurité et plus en confiance aussi

Dorette Delbrouck, 74 ans, Saint-Blaise (NE)

Des règles à respecter

Pour elle, il y a trois règles essentielles à adopter lorsqu’on se mêle au trafic: «Primo, prendre sa place sur la route. Vous devez rouler à 1 mètre de distance du bord de la chaussée. Deuzio, être prévisible. Il faut que les autres usagers sachent ce que vous allez faire. Tertio, se rendre visible via l’éclairage et les vêtements. Soyez un arbre de Noël quand vous circulez!» Et d’ajouter bien sûr que le port du casque est chaudement recommandé.

Franck Miéville, instructeur au TCS, nous attend dans un hangar pour parler technique. Il insiste sur l’importance de prendre soin de sa petite reine. «Pour une question de sécurité et parce que ça permet d’éviter des pannes et des frais.» Cela va de la vérification de l’état des freins et des pneumatiques au graissage de la chaîne, en passant par l’entretien de la batterie. «Il vaut aussi la peine de faire un service par année», préconise-t-il. 

Une main se lève. «Quels sont les critères d’achat d’un e-bike?» «Vous devez commencer par trouver un compromis avec votre porte-monnaie, sachant que le trop bon marché est parfois trop cher. Ensuite, choisir un modèle qui réponde à vos attentes et ­corresponde à votre morphologie. Et enfin, vous renseigner sur l’âge de la batterie, car elle s’use même si on ne s’en sert pas», résume Franck Miéville avant de préciser que rien ne remplace les conseils d’un spécialiste. Après un bref et utile rappel du b.a.-ba de l’art du freinage, les protagonistes du jour
enfourchent leurs bicyclettes. Une première pour la moitié d’entre eux qui vont donc faire leur baptême électrique sur un vélo mis à leur disposition par la ville de Neuchâtel. «Vous avez les modes ‹éco-normal-high› à gauche et les vitesses à droite. On met ‹éco› pour débuter.» Les premiers tours de pédale sont hésitants…

Je me suis inscrit à ce cours pour découvrir les e-bikes. J’ai été agréablement surpris par leur maniabilité. Et l’assistance électrique est vraiment un plus, surtout à la montée. C’est bien d’avoir des conseils sur la façon de les utiliser, ça m’a conforté dans l’idée d’acheter un tel vélo

Pierre-André Huguenin, 63 ans, Villiers (NE)

Se frotter à la circulation

Les voilà au portillon, prêts à se lancer dans un slalom spécial. «Ce n’est pas un concours de vitesse, mais un exercice d’agilité. Regardez l’horizon devant vous, pas les cônes ni votre roue avant!» Une candidate se lance, suivie rapidement par les autres. «C’est difficile de tenir en équilibre quand on va si lentement», fait remarquer un quinqua. «Il faut trouver la juste balance entre freinage et assistance électrique pour gagner en stabilité», détaille l’expert du TCS. Plus facile à dire qu’à faire. En tout cas c’est ce que doit penser cette dame qui vient de s’encoubler sur un obstacle, heureusement sans dommage. «Ils sont quand même lourds, ces vélos!»

Deuxième étape: le démarrage en côte. Beaucoup ne maîtrisent pas cette manœuvre, mais tous s’y essaient vaillamment. Avec plus ou moins de réussite à la clé. Leurs chaperons les encouragent à multiplier les essais de façon qu’ils parviennent à dépasser leur appréhension. «Au plat, ça va. Mais j’ai la trouille dès que ça monte», nous confie l’un de ces apprentis qui finira par apprivoiser sa peur.

Il est temps de se frotter à la circulation, la vraie. «Vous, vous sentez?», demande ­Johanna Lott Fischer. Personne ne se ­dégonfle. Distribution générale de gilets fluo. Puis échauffement sur un chemin de campagne histoire de se rassurer avant de traverser le village de Fontaine et de s’engager sur une route cantonale assez fréquentée à cette heure-ci (il est presque midi). La petite troupe pédale joyeusement.

La tension redevient palpable à l’approche d’un rond-point, hantise de tout cycliste normalement constitué. Pied à terre. La ­monitrice redit comment se comporter lorsqu’on aborde un tel carrefour et enchaîne avec une démonstration. Un après l’autre, ses protégés s’engagent dans le giratoire. Sans trop hésiter. Ils s’en tirent d’ailleurs plutôt bien.

Le cours se termine avec le sourire, avec le sentiment du devoir accompli. La majorité des participants semblent avoir fait ce matin-là le plein de confiance et trouvé ou retrouvé ainsi du plaisir à faire du vélo électrique. «C’est bien là l’essentiel!», concluent Johanna Lott Fischer et Franck Miéville.

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