4 décembre 2018

Aider son enfant à avoir confiance en lui

Face aux imprévus du quotidien, un enfant a besoin d’une grande sécurité intérieure. La psychologue Muriel Heulin avance dix pistes pour l’aider à la construire.

enfant confiance
Illustration: Amélie Buri

Pour un enfant, le quotidien est un vrai parcours du combattant: crèche ou école à affronter, moments de séparation, relations parfois tendues avec les copains et les frères et sœurs, autant de situations déstabilisantes qui mobilisent toutes ses ressources émotionnelles. Il est donc nécessaire de lui donner assez de confiance en lui pour l’aider à faire face à ce raz-de-marée. «Pour moi, la confiance est la source essentielle qui permet d’être bien avec soi et les autres, et cela se construit chaque jour, souligne la psychologue Muriel Heulin, fondatrice du Centre périnatal & Famille à Genève et Lausanne. Or, pour permettre la confiance, il faut renforcer la sécurité intérieure de l’enfant.» Voici ses dix conseils pour y parvenir:

Déterminer et entendre ses besoins

Plus on apporte tôt une base de confiance à son enfant, mieux c’est. Pour ce faire, il est important de prendre le temps de l’observer depuis tout petit dans son fonctionnement et ses réactions, afin de cerner et comprendre ses besoins. Il est ensuite essentiel de pouvoir montrer à son enfant qu’on a entendu ce qu’il exprime. Il est triste? En colère? Il a peur? Il est jaloux? En utilisant un langage empathique, il s’agit de lui faire comprendre que c’est OK de ressentir cette émotion, et qu’on va trouver une solution ensemble. Avec les plus grands, on peut créer le dialogue afin de réfléchir ensemble à ce qui pourrait lui faire du bien, puis l’accompagner en l’aidant à avancer par lui-même.

Être à l’écoute de ses besoins avec bienveillance

Accueillir avec bienveillance les émotions – positives ou négatives – de son enfant quel que soit son âge permet de lui faire comprendre qu’il peut «être lui» et qu’il peut s’exprimer sans devoir subir un jugement de valeur ou un regard critique.

L’aider à se connecter à son corps

L’écoute passe aussi par le corps: il est recommandé de valoriser des moments où on «se pose» calmement avec son enfant, ne serait-ce que cinq ou dix minutes. Cela lui permet de se reconnecter à lui-même, et lui apprend à se faire confiance et à être à l’écoute de ce qu’il ressent. «On peut préconiser par exemple un moment le soir, avant le coucher. Cela permettra à votre enfant de s’endormir ensuite le cœur léger.»

Valoriser le lien avec ses pairs

La dynamique de groupe est essentielle dans la construction de la représentation de lui-même. En effet, l’enfant se compare à ses camarades, essaie de s’intégrer au groupe et de se sentir accepté par les autres. En valorisant ce lien et en l’accompagnant dans sa sociabilité, vous allez l’aider à prendre confiance en lui et cela va favoriser son estime de lui-même.

Verbaliser ses émotions

Il est indispensable de mettre le ressenti physique de l’enfant en mots, en verbalisant bien et en nommant l’émotion ressentie. Cela permet à ce dernier de relier ce qu’il ressent à ce qu’on lui explique, de manière à pouvoir utiliser cette réflexion par la suite, lorsqu’il revivra la même situation. Une astuce? En fonction de son âge, vous pouvez utiliser l’imaginaire pour aider votre enfant à exprimer ses émotions: comment pense-t-il qu’il réagirait s’il était fâché avec son copain? Que ressentirait-il si sa voisine de table lui disait que… etc.

C’est tout le chemin de l’autonomie: on fait d’abord pour lui quand il est bébé, puis avec lui, avant de le laisser faire tout seul

Muriel Heulin

L’encourager à expérimenter

Quand votre enfant commence à marcher, à faire du vélo, à tester le toboggan, encouragez-le à tester par lui-même toutes ses capacités psychomotrices, tout en gardant un regard rassurant sur lui et en le félicitant. Il aura grand plaisir à vous montrer tout ce qu’il sait faire et sera fier de lui-même. Il sentira toute la confiance que vous avez en lui, en le laissant expérimenter de nouvelles aventures.

Le laisser faire seul

Il met du temps à enfiler sa veste? Tant pis, il est important de lui faire comprendre qu’il a toutes les ressources internes pour réussir à le faire – selon son âge, bien sûr – et qu’on va l’aider à les utiliser. Mais si on s’impatiente et qu’on l’habille nous-mêmes pour gagner du temps, on va créer une insécurité en sous-entendant qu’il n’est pas capable de le faire tout seul… «C’est tout le chemin de l’autonomie, commente ainsi Muriel Heulin: on fait d’abord pour lui quand il est bébé, puis avec lui, avant de le laisser faire tout seul. Avec un regard toujours bienveillant, c’est capital!»

Valoriser ses forces en développant son autonomie

Il est recommandé de valoriser ses forces et de souligner tout ce qu’il a déjà accompli – et non pas le chemin qui reste à faire. Cela permet de lui faire prendre conscience de toutes les ressources et des forces qu’il a mises en place pour y parvenir. Encouragez-le à prendre des initiatives, proposez-lui des petites missions qui vont lui faire prendre de l’assurance.

Privilégier l’être, et non le faire

Il est important de lui montrer et de lui dire qu’il n’a pas besoin de «faire pour être». L’enfant doit sentir qu’on l’aime tel qu’il est et qu’il n’a pas besoin de répondre à nos attentes pour exister et se sentir aimé.

S’adapter à chacun

Ultime conseil de Muriel Heulin: chaque enfant est unique, avec des besoins différents. Il s’agit donc de s’adapter, afin d’accompagner chacun au mieux dans ses expériences. Et lui apporter la force intérieure nécessaire pour tracer son chemin avec sérénité.

Benutzer-Kommentare

Articles liés

disputes enfantines

Se mêler ou pas des disputes enfantines

Pascal Roman

«Pas besoin d’avoir un QI au-dessus de 130 pour réussir sa vie!»

Illustration humoristique d'un enfant demandant à être encouragé.

Mon enfant se sent nul

politesse

Dis merci à la dame!