21 février 2019

Alcool et vieillesse: briser le tabou

L’alcoolisme durant la vieillesse est un sujet dont on ne parle pas souvent. Pourtant, environ 7% des personnes âgées entre 65 et 74 ans présentent une «consommation chronique à risque» d’alcool, soit plus de 40 g/jour chez l’homme et plus de 20 g/jour chez la femme.

Un verre de vin en train de se renverser
Néfaste à tout âge, l’alcoolisme a cependant des effets encore plus délétères chez les personnes âgées(photo: Shutterstock)

L’alcoolisme en gériatrie est souvent la continuité d’une consommation antérieure. Mais il peut également survenir en réaction à certains changements de vie liés au vieillissement: rupture des contacts sociaux, perte d’autonomie, maladie, deuil… Le recours à l’alcool peut alors traduire la recherche d’un effet anxiolytique. Même si la dépendance n’est pas présente, une consommation excessive peut entraîner des conséquences néfastes.

Un corps plus fragile

Chez la personne âgée, l’alcool a en général des effets plus délétères que chez une personne jeune: La vieillesse entraîne une perte de la réserve fonctionnelle de l’organisme et une diminution des mécanismes de défense face à l’agression d’une substance comme l’alcool.

Au-delà du grand risque de chute qu’un état d’ébriété peut entraîner, l’alcoolisme peut provoquer un état confusionnel, une dépression et de l’anxiété, un isolement socio-affectif, une dénutrition, des carences nutritionnelles et vitaminiques, et aussi aggraver des pathologies psychiatriques ou des maladies préexistantes. L’autre danger provient de l’association médicamenteuse. L’alcool peut diminuer l’action des médicaments ou potentialiser leur effet.

Comment s’en sortir?

La reconnaissance d’une consommation plus ou moins à risque chez une personne âgée est souvent difficile et peut passer inaperçue. Peur de contrarier, difficulté à déceler les signes, méconnaissance des solutions thérapeutiques peuvent empêcher l’intervention.

Pourtant, des solutions existent et pourront être définies au cas par cas, en fonction des comorbidités, de l’état général de l’individu et de la nature de sa consommation. Il est important en premier lieu d’aborder la question de la consommation d’alcool lors d’entretiens réguliers où seront également intégrés des messages de prévention. Une prise en charge psychothérapeutique et/ou médicamenteuse peut être mise en place pour aider le patient à se sevrer de l’alcool.

En cas de dépendance avérée, un accompagnement hospitalier peut être proposé. Quoi qu’il en soit, la pire des choses est de ne rien faire et de laisser la dépendance s’installer.

Définition de la consommation chronique à risque: «Consommation d’alcool en Suisse en 2016», Office fédéral de la santé publique (OFSP)

Dr med. Robert Barroussel, spécialiste FMH en médecine générale, centre médical Medbase Genève gare Cornavin.

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