11 janvier 2018

Anna-Lina Corda, une fashion pas victime

Anna-Lina Corda dirige le Musée suisse de la mode à Yverdon-les-Bains (VD), une institution qui vient de fêter ses trente-cinq ans d’existence et qui cherche encore un écrin permanent pour mettre en valeur son incroyable collection d’accessoires et de vêtements.

Anna-Lina Corda
Anna-Lina Corda aime expliquer aux gens ce qu’il y a derrière le vêtement. Pour elle, la mode est tout sauf futile.

Mis à part peut-être une mère élégante toujours tirée à quatre épingles et une grand-mère modiste, rien ne semblait prédestiner Anna-Lina Corda à devenir un jour directrice du MuMode, le Musée suisse de la mode à Yverdon-les-Bains (VD) . Petite, cette enfant de Corpataux (FR) rêvait en effet davantage au prince charmant qu’à la robe de bal. Même si elle a toujours eu un faible pour les textures et les couleurs.

Du coup, pendant ses études en histoire de l’art, cette jeune femme s’est intéressée davantage à l’architecture qu’à la haute couture. C’est un stage au Musée d’art et d’histoire de Genève, dans le cadre d’un postgrade en muséologie et conservation du patrimoine, qui changera tout. «J’ai rencontré Alexandre Fiette qui travaillait dans le département textile et c’est lui qui m’a dit que le MuMode cherchait un commissaire d’exposition.»

Anna-Lina Corda met ainsi un pied dans la seule institution du pays entièrement dédiée à la mode et y reste pour s’occuper des archives de l’Yverdonnois Robert Piguet, grand couturier qui a notamment habillé les stars de son époque. «La petite robe noire d’Édith Piaf, c’était lui!» Puis, de fil en aiguille, elle grimpe les échelons jusqu’à se retrouver à la tête de ce musée.

J’ai découvert un monde fascinant que Balzac a résumé en une jolie phrase: ‹L’homme qui ne voit dans la mode que la mode est un sot.›

Anna-Lina Corda

Une journée avec Anna-Lina Corda, directrice du Musée suisse de la mode

8h Copine et caféine «Après avoir déposé ma fille à l’école, je vais boire un café avec une amie. Cette demi-heure que l’on passe ensemble, c’est comme un sas de décompression, un moment de transition entre ma vie de famille et mon travail au musée.»
9h Échange et don «Nos collections sont composées essentiellement de dons. On en reçoit en moyenne un par jour. C’est toujours une surprise de découvrir ce que les gens nous apportent. Et en prime, ces donateurs nous racontent souvent l’histoire intime du vêtement. Oui, ces rencontres sont vraiment enrichissantes!»
10h Caserne d’Ali Baba «Chaque pièce que l’on reçoit est inventoriée, photographiée et conditionnée. Aux anciennes casernes, dans nos réserves, il y a actuellement 12 000 vêtements et accessoires. Sans compter les 3000 croquis du grand couturier Robert Piguet et les 30 000 boutons que l’on a reçus l’an passé.»
Bijou éternel «Depuis que j’ai 18 ans, je ne me sépare jamais de cette bague en lapis-lazuli. Je ne l’enlève même pas pour me doucher ou dormir. C’est mon papa qui me l’a donnée, elle vient de sa famille. J’y suis très attachée!»
14h Cap sur le château «Nous faisons des allers et retours entre les anciennes casernes et le château où se trouve une salle d’exposition temporaire. De jongler entre deux lieux complique notre tâche. Heureusement, la commune projette de construire un bâtiment multifonctionnel près de la gare et nous figurons dans les plans.»

15h Suivez la guide! «J’aime expliquer ce qu’il y a derrière le vêtement. Parce que la plupart des gens pensent que la mode est futile, alors qu’elle concerne tout le monde et permet d’aborder de nombreux sujets touchant aussi bien à l’histoire et à la sociologie qu’à la psychologie ou à la philosophie.»
18h Heureuses retrouvailles «En fin d’après-midi, je vais chercher Élisabeth aux parascolaires. Ma fille compte évidemment énormément pour moi, mais ma vie professionnelle aussi. Même si ce n’est pas toujours facile à concilier, j’ai besoin de cet équilibre entre famille et travail pour être bien et m’épanouir.»

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