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Dur, dur, la gauche molle

Il y a des gens qui disent que je ramène toujours tout au sexe.

Martina Chyba
Martina Chyba (photo: LDD)

Jusqu’à présent, je pouvais répondre que non, c’est pas vrai, j’aime bien parler cul mais pas que. J’adore aussi parler politique par exemple. Seulement voilà, depuis cette histoire de «gauche molle», même ce sujet-là est contaminé.

Récapitulons. Primaire socialiste en France. Martine Aubry qualifie son adversaire pour le deuxième tour, François Hollande, de «gauche molle». Dans la bouche (si on ose dire) d’une femme, cela revient à le traiter de… comment dire ça sans être vulgaire… d’impuissant, quoi. Les amateurs de contrepèterie répliquent d’ailleurs instantanément en traitant Martine Aubry de «Gaule moche». Ambiance. Rappelons qu’avant, la même Martine Aubry avait fait un pacte avec DSK. C’est marrant lui, elle ne l’a jamais traité de «gauche molle».

Pourtant, il y a beaucoup de choses molles chez DSK (le positionnement politique certes, mais aussi le ventre, la paupière, la robe de chambre et la partie du cerveau qui permet de gérer les pulsions). Mais là où je pense, apparemment, c’est pas tellement mou. Ceci dit, chez François Hollande, est-ce que c’est vraiment mou? Il a quandmême fait quatre enfants à une autre candidate aux primaires socialistes, Ségolène Royal, que Martine Aubry ne peut pas saquer non plus. Donc le message s’adressait aussi à elle: toi Ségolène, tu as vécu trente ans avec un mec qui n’a rien dans le slip, haha. Bon, la «castratrice»a perdu contre la «gauche molle» qui va désormais se battre contre «la droite dure».

En fait, nos chers amis politiciens sont restés coincés au stade freudien dit phallique, donc vers 3 ans. Sauf DSK, qui s’est arrêté un peu avant, au stade oral. Ce qui est drôle, c’est que l’expression «gauche molle» va rester dans l’inconscient (Freud encore) collectif. Ici en Suisse par exemple, ça rigole moins dans les chambres d’hôtel, mais on a aussi notre petit suspense: qui va emporter le siège de Micheline Calmy-Rey le 14 décembre prochain? La «gauche dure» façon Pierre-Yves Maillard? Ou la «gauche molle» façon Alain Berset? Mmmh? Le combat sera sanglant. Et ne voyez pas de jeux de mots dans cette dernière phrase.

Auteur: Martina Chyba