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14 septembre 2015

100% électrique

Le Citroën Berlingo conviendra aux professionnels branchés.

Leïla Rölli photo.
Leïla Rölli.

Vous le savez peut-être, je suis très anxieuse au sujet de l’autonomie d’un véhicule, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un véhicule électrique, comme le Citroën Berlingo que j’avais en test il y a peu. Je suis comme saint Thomas, je ne crois que ce que je vois. Ainsi, lorsqu’un constructeur annonce une autonomie de 170 km, je sais par expérience qu’il faut que le véhicule roule à une vitesse inférieure à 80 km/h, dans un paysage à faible dénivelé et que le coffre plein à craquer, le chauffage à fond les ballons ou la radio plein tube sont à proscrire pour espérer atteindre cette longévité.

Pourtant, il fallait bien que je ramène le véhicule entre Crissier (VD) et Colombier (NE), soit une distance de 60 km. A priori, une batterie chargée devait largement suffire pour effectuer près du triple de ce trajet, sauf si la majeure partie se déroule sur autoroute. Prévenante, je suis donc partie de nuit pour ne pas gêner le trafic et me suis efforcée à ne pas dépasser les 90 km/h, sans musique ni ventilation. Grand bien m’en pris, puisque, à l’arrivée, j’avais nettement entamé le dernier quart de ma réserve.

Autre expérience, avec des amis, nous avons organisé une fête dans les hauteurs de Neuchâtel. Il fallait y acheminer du matériel lourd et encombrant comme la sonorisation et l’éclairage, sur un de ces chemins de forêt qui ne voient que rarement des véhicules motorisés. Etonnamment, le comportement du véhicule a été parfait. D’une part, l’entier du matériel, pourtant imposant, y est entré avec une simplicité déconcertante. De l’autre, même chargé comme un baudet, le Berlingo a fourni un dynamisme et une aisance plus qu’honorable alors que nous étions sur un chemin accidenté... et tout ça dans un silence absolu qui aura eu le mérite de ne pas déranger la faune pendant nos va-et-vient. Mais là encore, l’autonomie en a pâti, la charge et le fort dénivelé auront suffi à nous amputer de plus d’un tiers de notre réserve pour un seul et unique trajet. A la descente par contre, la jauge n’a pas sourcillé, puisque, à la descente, le véhicule se recharge partiellement.

Ma foi, avec tous les kilomètres que je parcours quotidiennement, ce véhicule n’est malheureusement pas pour moi. C’est regrettable, car il offre de nombreux avantages. Toutefois, un professionnel, cible principale de ce Berlingo, comme un menuisier ou un carreleur qui a besoin de place pour son matériel et qui passe de longues heures sur des chantiers de sa région y trouvera déjà bien plus son compte que moi.

Et dans la vraie vie, elle est comment cette voiture?

Le tableau de bordSouvent dépouillés, les tableaux de bord d’utilitaires sont parfois austères et peu ergonomiques. Dans le nouveau Berlingo, même si on reste dans une approche basique, les éléments sont harmonieusement intégrés dans la planche et le design est nettement plus soigné quand dans la plupart des véhicules de cette catégorie. Les instruments, cerclés de chromes et joliment éclairés, sont clairs et lisibles. On y dénombre un powermètre qui indique la puissance délivrée en temps réel ainsi que les phases de recharge, un indicateur de consommation auxiliaire (chauffage, climatisation...) ainsi qu’un système de navigation qui géolocalise les stations de recharge.

Le lookDeux tailles sont disponibles pour ce nouveau Berlingo électrique, la version courte du test de 4,38 m de long et la version longue avec 25 cm de plus. Pour l’une comme pour l’autre, le Berlingo s’est mis au goût du jour. Bien sûr, il garde ses allures de véhicule utilitaire, mais l’avant apparaît comme plus moderne et un poil plus luxueux avec sa calandre affirmée et ses lignes élégantes.

Les siègesLa cabine Extenso accueille trois personnes sur sa banquette, tout en sachant que l’assise centrale est légèrement plus exiguë que les deux autres places. Pour une modularité maximisée, les sièges passagers se plient et peuvent également s’enlever pour augmenter encore le volume de chargement. De plus lorsqu’il est rabattu, le dossier du siège central se transforme en bureau mobile grâce à sa tablette écritoire. Pratique pour ranger les dossiers et prendre des notes sur le vif!

La zone de chargement La version courte offre un total de 3,7 m3 de volume de chargement pour une longueur de totale de plancher de 1 m 80 en configuration trois places et 3 m si les sièges passagers sont escamotés. La version longue, quant à elle, propose 4,1 m3 et une longueur au plancher allant de 2,05 à 3 m 25. La charge utile maximale se situe à 695 kg, sachant que plus le véhicule est chargé, plus son autonomie se réduit.

La rechargeComme avec un téléphone ou un ordinateur portable, il faut prendre l’habitude de recharger sa voiture régulièrement. Sur une prise domestique (réseau 230 V), une charge complète prendra au maximum 8 h (14 A) ou 15 h (8 A). Sur une borne spécifique de 380 V, il ne faudra que 30 minutes pour recharger la batterie à 85%. A savoir que le véhicule intègre la récupération d’énergie de freinage et de décélération pour prolonger la durée de vie d’une charge.

Texte © Migros Magazine – Leïla Rölli

Auteur: Leïla Rölli