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23 février 2017

2017, année de la quéquette

Je suis désolée, je ne veux pas passer pour l’obsédée de service, mais c’est le monde qui est comme ça, que voulez-vous.

Portrait de Martina Chyba
Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

Parce que là, les amis, on a fichtrement l’impression que la planète est dirigée depuis un vestiaire de mecs où on fait des concours de quéquettes sous la douche. Aujourd’hui, du côté des maîtres du monde, on ne se regarde plus le nombril, mais 10 centimètres en dessous.

A tout saigneur (ce n’est pas une faute d’orthographe) tout honneur, on commence par Donald Trump sur la gauche. De la carte donc, pas de l’échiquier politique, on est bien d’accord. Un homme dont l’obsession est de construire les tours les plus hautes qui pointent vers le ciel avec son nom dessus, qui juge utile de préciser que ce n’est pas parce qu’il a des petites mains qu’il a un petit autre chose, et qui voit les femmes comme des trophées, pour utiliser un terme plus poli que ceux qu’il utilise lui.

Sans parler du sentiment de toute-puissance, genre à se rouler par terre en tapant avec ses petits poings quand on lui refuse un truc, comportement qui caractérise en principe l’enfant de 3 ans qui se trouve au stade freudien dit… phallique précisément, tiens!

Sur la droite (de la carte toujours) il y a son copain Vladimir Poutine. Là, comment dire… Les photos torse nu, tous pectoraux dehors, en pantalon treillis militaire avec un énorme poisson dans les mains, ou une canne à pêche, ou à cheval. Nan mais sérieusement, même dans un calendrier gay on n’oserait pas tant de kitschitude premier degré. Le tout assorti d’un langage de salon du camion qui commence à être la norme chez les dirigeants. Du style «Nous poursuivrons les terroristes partout. Si on les prend dans les toilettes, eh bien, excusez-moi, on les butera dans les chiottes.» On regrette presque l’élégance de la guerre froide, vous savez quand Brejnev et Honecker s’embrassaient sur la bouche de manière torride. Non quand même pas. Pardon hein, mais on plaisante comme on peut.

Au milieu de tout ça bon, y’a quoi? Daech? Avec les barbus qui brandissent leurs kalachnikovs à tout bout d’image afin qu’il n’y ait pas de doute sur leur virilité et qui fantasment sur les vierges du paradis? Et qui planquent les femmes tellement ils ont peur de céder à la tentation? On n’a pas un petit souci de masculinité là? Pfff partout on se croirait à la préhistoire avec des mecs qui se tapent dessus à coups de gourdin et qui traînent les femmes par les cheveux en poussant des grognements. Si ça se trouve, les Cro Magnon étaient plus mignons.

Alors on désespère? Mais non! Prenons exemple sur nos amis politiques français, ils sont la preuve qu’il n’y a pas que le sexe dans la vie. Il y a l’argent aussi. C’est bon, je sors.

Texte: © Migros Magazine - Martina Chyba

Auteur: Martina Chyba