Archives
9 février 2015

38°2 le matin

Les poussées de fièvre des enfants entraînent souvent une montée d’angoisse chez leurs parents. A partir de quelle température faut-il s’inquiéter?

Un enfant dans son lit avec un thermomètre photo
Une poussée de fièvre est le signe que notre organisme lutte contre un agentz pathogène ennemi. (Getty Images)

Manifestation anodine, généralement sans gravité, la fièvre relève sans doute davantage de la «bobologie» que de la médecine pure et dure. Pourtant, nombre de parents s’affolent à mesure que la température de leurs enfants grimpe. Certains finissent même par envahir, au risque de les surcharger, cabinets privés et urgences pédiatriques. Alors qu’une meilleure connaissance du phénomène permettrait sans doute déjà de faire retomber toute cette fébrilité...

La fièvre, pour commencer, n’est pas une maladie, mais un symptôme. Plus précisément une réponse de l’organisme face à l’intrusion d’un agent pathogène ennemi. «Le thermostat interne du corps, situé dans une zone précise du cerveau, modifie alors sa consigne et fait en sorte que la température s’élève dans le but d’activer le système immunitaire et de contrer les microbes», explique la Dr Caroline Hefti-Rütsche.

Caroline Hefti-Rütsche, pédiatre photo.
Caroline Hefti-Rütsche, pédiatre.

Ne combattre la fièvre qu’à partir d’un certain niveau

«On parle de fièvre pour une température rectale ou auriculaire supérieure à 38°C, précise la pédiatre yverdonnoise. Si elle est mesurée en axillaire (aisselle), la limite est alors de 37,5°C.» Et si l’on constate que son bambin est bel et bien fiévreux, on agit presto subito? «Si la fièvre est bien supportée, on pourra attendre 38,5-39°C avant de donner un traitement. En revanche, si l’enfant est sujet, par exemple, aux convulsions ou si, en plus de la fièvre, il a des douleurs, on n’attendra pas que la température s’élève encore davantage!»

S’il n’y a ainsi pas lieu de faire baisser les degrés Celsius à tout prix (n’oublions pas que cette élévation de température sert quand même en priorité à se débarrasser d’intrus!), il est cependant naturel de vouloir réduire l’inconfort des patients en herbe via la prise de médicaments, «de préférence du paracétamol ou alors de l’ibuprofène s’il a plus de 6 mois». Quant à la fameuse aspirine, elle est fortement déconseillée avant 12 ans et carrément contre-indiquée en cas de varicelle!

Les gestes simples qui soulagent

Outre le recours aux remèdes de la chimie bâloise et d’ailleurs, certaines pratiques simples, relevant du bon sens, peuvent aussi contribuer à faire diminuer la température.

Il faut veiller à ne pas trop habiller son enfant - pour autant qu’il soit à l’intérieur -,

à ne pas le coucher dans une chambre trop chaude (idéalement 18°C) et à bien aérer, régulièrement, la pièce», rappelle la Dr Hefti-Rütsche. Il est également très important de donner souvent à boire à son rejeton, plutôt de l’eau et des tisanes que du lait ou des jus de fruits.

Et lui couler un bain, c’est une bonne idée? «On peut l’envisager avec une température inférieure d’environ 2-3°C à celle de son organisme, puis on ajoute progressivement un peu d’eau froide pour diminuer encore un peu la température du bain.» De même, il est possible de rafraîchir son bambin en lui passant un gant de toilette humide sur le corps et le visage, ou encore en appliquant des compresses - vinaigrées ou non - sur les extrémités. «Pas trop froides car cela n’est pas du tout agréable!», frissonne notre experte.

Laquelle prescrit aussi un peu de repos à junior: «Son organisme a besoin d’énergie pour lutter contre l’infection. Il me semble donc indispensable que l’enfant puisse dormir lorsqu’il en a envie. Il sera ainsi mieux à la maison que sur les pistes de ski, dans les grands magasins ou en visite chez des amis.» Par contre, un peu d’air frais ne lui fera sans doute pas de mal. «Une petite sortie lui permettra quand même de s’aérer et de se changer les idées.»

Auteur: Alain Portner