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26 janvier 2015

Des prix vont baisser

Quels articles seront concernés par la baisse des prix liée au franc fort? Pourquoi Migros mise-t-elle avant tout sur des denrées indigènes? Hansueli Siber, responsable du marketing Migros, nous répond.

Hansueli Siber
Hansueli Siber, chef du marketing Migros: «80% de notre assortiment est constitué de marques propres.»

Hansueli Siber, depuis l’abandon du taux plancher entre le franc suisse et l’euro à la mi-janvier 2015, Migros peut se procurer des produits européens à des prix plus avantageux. Quand les consommateurs pourront-ils bénéficier de ces nouvelles conditions?

Lorsque nous bénéficions d’une baisse de tarifs auprès de nos fournisseurs, nous la répercutons toujours sur les prix. C’est notre politique. Lors du dernier pic du franc, en 2011, le Surveillant des prix a même pu constater que nous étions allés au-delà des gains de change réalisés.

Quels articles seront concernés?

La plupart des références qui se trouvent aujourd’hui dans les magasins et dans nos centrales de distribution ont été achetées il y a plusieurs semaines, voire plusieurs mois, lorsque l’ancien cours était encore en vigueur. A très court terme, cette évolution aura cependant un impact sur le prix des fruits et légumes de la zone euro, ces derniers étant achetés à des tarifs fluctuant selon un rythme hebdomadaire.

Ainsi, dès cette semaine, les produits maraîchers importés afficheront une baisse de 10 à 30%.

Pourquoi une fourchette si large?

Le taux de change n’est pas le seul facteur ayant une influence sur les prix. Les quantités disponibles sont elles aussi déterminantes: en cas de surproduction, les marchandises sont meilleur marché, et vice versa.

Quel volume importez-vous de la zone euro?

Nous nous procurons l’essentiel de nos articles auprès de nos propres entreprises industrielles sises en Suisse, ou directement auprès des agriculteurs helvétiques. En cas de baisse des prix des matières premières que nos sociétés achètent à l’étranger, nous en faisons toujours profiter les clients. La proportion de marchandises que nous payons en euros n’est que de quelques pourcents.

Qu’en est-il des produits de marque achetés au sein de la zone euro, mais réglés en francs suisses auprès d’importateurs helvétiques? Ces derniers réalisent eux aussi des gains de change!

Tout à fait. C’est pourquoi nous mettrons tout en œuvre pour pouvoir bénéficier de ces meilleures conditions, comme nous l’avons fait par le passé. Nos fournisseurs doivent comprendre que la situation a changé depuis les négociations antérieures: aujourd’hui, nous n’avons plus l’intention de nous montrer patients et compréhensifs: Nous ne sommes pas disposés à apporter des contreparties. Nos acheteurs ne se laisseront pas amadouer par une rhétorique éculée. Nous ne voulons pas de discussions de marchand de tapis!

Quels sont les arguments avancés par ces multinationales?

Elles mentionnent notamment leurs filiales implantées dans notre pays. Il y a trente ans, celles-ci possédaient encore une certaine légitimité dans la mesure où le commerce était moins mondialisé. Mais aujourd’hui, elles leur permettent avant tout de tirer parti de notre pouvoir d’achat élevé. Heureusement, le volume concerné est relativement faible: les marques propres constituent 80% de notre assortiment et 75% de nos produits alimentaires proviennent de Suisse. Toutes ces références sont d’ailleurs très prisées de notre clientèle.

Mais cela signifie aussi que le franc fort n’aura qu’un effet marginal sur les prix. Ne craignez-vous pas que le phénomène de tourisme d’achat s’accentue?

Un rapport qualité-prix sans égal, le développement durable, notre engagement social et écologique, l’ancrage régional, les marques propres fabriquées en Suisse… C’est grâce à tous ces atouts que nos clients continuent de nous faire confiance jour après jour. Nous misons donc sur les valeurs qui sont les nôtres en nous montrant toujours plus exigeants. L’année dernière, le chiffre d’affaires du programme «De la région.», lancé il y a déjà quinze ans, a dépassé les 870 millions de francs. Voyez-vous: il faudrait que nous vendions des soins capillaires de grandes marques pendant plus de vingt-quatre ans pour obtenir le même résultat!

Auteur: Daniel Sidler