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7 avril 2015

«Migros est une entreprise saine»

En 2014, le groupe a affiché une belle croissance. Herbert Bolliger, président de la direction générale, nous explique les clefs de ce succès.

Herbert Bolliger
Herbert Bolliger est confiant: le franc fort n’entraînera pas de licenciements (photo: Daniel Winkler).

Herbert Bolliger, quels sont pour vous les éléments les plus positifs concernant l’exercice écoulé?

Il y en a beaucoup! Ces résultats sont d’abord le reflet de la confiance que nos clients nous témoignent. Par ailleurs, nous avons manifestement pris les bonnes décisions stratégiques, et nous avons su les mettre en œuvre: Hotelplan a retrouvé le chemin de la rentabilité, Interio a conquis de nombreuses parts de marché et le commerce de détail par le canal des coopératives continue de croître malgré le développement du tourisme d’achat et celui des hard discounters.

Le franc fort représente-t-il une source d’inquiétude pour vous?

Ce qui est positif, c’est que les consommateurs bénéficient de prix plus bas. Heureusement, les conséquences de cette évolution sont moins graves pour nous et nos collaborateurs que lors de la dernière appréciation du franc, en 2011. Dans les coopératives frontalières, nos ventes ont reculé d’environ 2% en moyenne du fait du tourisme d’achat. Nos entreprises industrielles dont une part considérable du chiffre d’affaires est liée aux exportations sont plus touchées. Vous pouvez facilement imaginer comment réagissent les distributeurs de la zone euro face à la hausse des prix suisses…

En effet, ils ne doivent pas être disposés à payer 10 à 15% plus cher. Que pouvez-vous y faire?

Nous mettons actuellement au point un éventail de mesures visant à accroître notre efficacité. Nous tenons à rester compétitifs.

Les salaires représentent un poste de coûts important. Allez-vous supprimer des emplois?

Non. En revanche, nous envisageons d’augmenter le temps de travail de deux heures par semaine maximum dans les entreprises concernées. Nous percevons également un potentiel d’économies dans les secteurs de l’approvisionnement en matières premières et de la logistique.

Cela concerne l’industrie. Qu’en est-il du commerce de détail?

Tous les directeurs de magasin connaissent leur chiffre d’affaires et planifient l’affectation du personnel en conséquence. Lorsque les ventes diminuent, il y a moins de travail. C’est pourquoi nous nous réjouissons que les conséquences ne soient pas si dramatiques et que nous n’ayons pas à licencier. Toutefois, certaines règles brident notre compétitivité face aux pays voisins.

A quelles règles pensez-vous?

Les heures d’ouverture des magasins, par exemple, sont beaucoup plus strictes en Suisse qu’à l’étranger, ce qui contribue à stimuler le tourisme d’achat.

Quel pouvoir avez-vous dans ce domaine?

Nous menons un combat politique en faveur de la libéralisation des horaires d’ouverture.

Quels sont vos pronostics pour 2015?

S’agissant du commerce de détail par le canal des coopératives, nous avons bien commencé l’année en termes de chiffre d’affaires. Au premier trimestre, nous avons gagné de nouvelles parts de marché. Si cette tendance se confirme, nous pourrons réaliser une croissance de près de 1%. Pour l’ensemble du groupe, je table sur une progression de 4 à 5%, essentiellement grâce aux acquisitions. En effet, nous consoliderons cette année les ventes de Digitec et Galaxus ainsi que celles de Lüchinger + Schmid.

Migros est-elle parée pour l’avenir?

Tout à fait! Notre succès repose sur des bases financières saines et nous avons fait ce qu’il fallait pour atteindre nos objectifs.

A savoir?

Grâce à notre politique sociale, écologique et culturelle, nous sommes devenus le détaillant le plus durable du monde. Et nous jouissons de la plus grande crédibilité. Par ailleurs, nous faisons la course en tête dans le commerce en ligne: l’an dernier, notre chiffre d’affaires a franchi pour la première fois la barre du milliard de francs. Nous tirons aussi parti de processus logistiques efficaces et rationalisés, qui permettent d’optimiser les coûts. Dans la distribution, nous produisons nous-mêmes plus de 10 000 articles, et 80% de nos références sont des marques propres – un modèle envié par tous! Bien sûr, la motivation exemplaire de la centaine de milliers de collaborateurs du groupe contribue grandement à notre réussite. Ces derniers, qui bénéficient de bonnes conditions de travail, s’identifient fortement à l’entreprise.

Auteur: Daniel Sidler