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3 novembre 2014

Migros et le riz basmati certifié bio

Riseria Taverne SA, une entreprise de la M-Industrie, a lancé un projet pilote soutenant la culture de riz basmati Bio dans le nord de l’Inde. Les petits paysans locaux sont ainsi assurés de vendre une partie de leur production.

Cultivateur de riz bio
Les paysans de l’Etat de Jammu-et-Cachemire ont conservé des méthodes de travail traditionnelles (photo: DR).

Pour près de la moitié de la population mondiale, le riz constitue la base de l’alimentation. La variété basmati, l’une des plus nobles, est encore aujourd’hui principalement cultivée par de petits paysans indiens et majoritairement destinée à l’exportation. Les objectifs de rendement sont donc élevés et, pour les atteindre, les agriculteurs des régions de tradition rizicole, au centre et, dans le sud du pays, ont souvent recours à des engrais et à des produits phytosanitaires dont on retrouve des traces dans le produit final.

En 2010, les responsables de Riseria, Taverne SA, une entreprise de la M-Industrie, se sont frottés à un défi de taille: comment assurer à Migros un approvisionnement en riz basmati de premier choix à la fois pérenne et écologique? «Nous avons tout de suite compris qu’il fallait trouver de nouveaux sols, préservés de toute pollution», se remémore Daniel Feldmann, le directeur.

Daniel Feldmann, directeur de Riseria Taverne SA (photo: Nik Hunger).
Daniel Feldmann, directeur de Riseria Taverne SA (photo: Nik Hunger).

Les experts de la société ont finalement découvert ce qu’ils cherchaient dans le nord de l’Inde, et plus exactement dans l’Etat de Jammu-et-Cachemire. Dès la première récolte, la qualité du produit leur a donné entière satisfaction malgré des exigences élevées, le riz étant cultivé selon des principes biologiques précis, sans engrais ni pesticides.

Le basmati ainsi produit a pu être commercialisé à Migros dès le mois de mai 2012, sous la marque Mister Rice. Et début octobre 2014, il a rejoint l’assortiment des produits estampillés bio proposés par l’enseigne.

Chaque plant de riz basmati Bio est planté à la main (photo: DR).
Chaque plant de riz basmati Bio est planté à la main (photo: DR).

Cette labellisation ne doit rien au hasard. Pour l’obtenir, le semis, la culture et la récolte de la céréale ont fait l’objet, au cours des dernières années, d’une surveillance constante de la part d’instances de contrôle locales indépendantes. Parallèlement, des spécialistes de Riseria Taverne SA prélevaient régulièrement des échantillons de sol, par exemple, qu’ils expédiaient en Suisse à des fins d’analyse.

«Nous avons fait œuvre de pionniers et pris un certain nombre de risques», reconnaît Daniel Feldmann. En effet, les paysans locaux n’avaient encore jamais fait pousser de basmati destiné à l’exportation, d’où une avalanche de questions bien légitimes concernant le rendement, la qualité ou encore les délais. «A l’époque, nos sujets d’inquiétude étaient nombreux, mais au bout du compte, nous pouvons dire que le jeu en valait la chandelle.»

Les paysans de l’Etat de Jammu-et-Cachemire continuent de cultiver le riz selon des méthodes ancestrales. Mais d’après le directeur de Riseria Taverne SA, ce que certains pourraient considérer comme archaïque s’est finalement avéré providentiel. En effet, dans la mesure où il n’était autrefois pas question d’exporter le riz, les sols de la région n’ont jamais été surexploités. La terre, préservée, est restée fertile.

Autre avantage d’un point de vue écologique: les champs sont irrigués par l’eau issue de la fonte des neiges, en provenance de l’Himalaya voisin. Associée aux précipitations de la mousson, celle-ci rend inutile l’arrosage artificiel.

Les plants séchés sont battus afin de faire passer les grains de riz à travers un crible (photo: DR).
Les plants séchés sont battus afin de faire passer les grains de riz à travers un crible (photo: DR).

Pour mener à bien le projet, prévu sur plusieurs années, Riseria Taverne SA a conclu un partenariat avec environ 750 paysans de la région, qui exploitent une surface de près de 1200 hectares. L’entreprise s’est engagée à acheter une part déterminée de leurs récoltes et à compenser les éventuelles pertes. Les riziculteurs bénéficient en outre d’un tarif avantageux, ce qui leur permet, dans l’idéal, d’améliorer leur situation financière. «Nous contribuons ainsi à enrayer l’exode rural», souligne le directeur.

Dans quelques semaines, celui-ci se rendra une nouvelle fois dans le nord de l’Inde. Ces voyages sont pour lui l’occasion de rencontrer personnellement les paysans et de tisser avec eux des liens de confiance. «Ils savent que Migros tient ses promesses», dit-il avec une pointe de fierté.

Ce modèle de riziculture durable et de collaboration directe avec les petits exploitants autochtones doit à l’avenir être étendu et transposé à d’autres sortes de riz – comme la variété jasmin, cultivée dans le nord-est de la Thaïlande et déjà vendue à Migros en qualité bio.

© Migros Magazine – Christoph Petermann

Auteur: Christoph Petermann