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18 février 2013

Rorschach, du port méditerranéen aux taches d’encre

Le saviez-vous? Un psychiatre suisse a donné son nom au célèbre test de Rorschach. Créé en 1921, cet outil est toujours utilisé pour cerner les caractéristiques de la personnalité.

Illustration du test de Rorschach
Le célèbre «test de Rorschach» doit son nom à son inventeur suisse. (Illustration Konrad Beck)

Rorschach, c’est suisse, par tous les bouts. Quelque part aux confins de l’Appenzell, un port millénaire d’à peu près 9000 habitants répond à ce nom rocailleux. Posé sur un coin du lac de Constance avec des stands sur les quais et de douces collines, il exhale un parfum de Méditerranée. Si, si, jusqu’à ce fond de la Suisse.

Beaucoup moins bucolique, Rorschach fait aussi jaillir à la mémoire des éclaboussures de couleurs aux contours anatomiques, entomologiques (qui concernent les insectes), clownesques ou inquiétants. Il s’appelait Hermann et était Suisse aussi, le célèbre psychiatre qui a donné son nom au test… de Rorschach donc. Il existe depuis 1921. Vous savez, ces drôles de taches d’encre? C’est toujours l’un des tests utilisés pour cerner les caractéristiques de la personnalité, d’après la manière dont on réagit à ces taches.

De prime abord, ces dessins symétriques font penser à ceux que l’on faisait, gamin, en pliant en deux sa feuille barbouillée de peinture. C’est d’ailleurs ce qui a donné l’idée à Rorschach au début du XXe siècle, alors que ce jeu d’enfant était très à la mode.

Fils d’un maître de dessin, il avait de qui tenir et pouvait se vanter de savoir tenir un pinceau. Le jeune homme – ben oui, il a tout fait avant de mourir prématurément d’une crise d’appendicite à 37 ans – a quand même fini par suivre des études de médecine et s’est immergé ensuite dans la psychanalyse. Ce disciple de Freud et confrère de Jung – encore un psychanalyste suisse – a même pris la vice-présidence de la Société suisse du genre.

Pour en revenir à nos taches d’encre, les planches de Rorschach sont au nombre de dix, en noir et en couleurs. Tombées dans le domaine public en 1992 – septante ans après le décès de leur auteur, comme le permet le droit suisse – elles se pavanent, depuis, aux quatre coins du Net.

Avec leur panoplie de conseils d’interprétation. Entendez qu’il ne faut pas trop y voir de représentations relatives au sexe, au sang ou à la mort, sous peine de passer pour bon à interner. Heureusement, ce test n’est jamais utilisé tout seul et tout nu. Il fait partie d’un processus complet d’évaluation qui prévient contre les manipulations. Et vous, vous y voyez quoi?

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck