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1 décembre 2016

A chacun son Noël

Comment fêtez-vous Noël? Quel est votre budget cadeaux? Etes-vous plutôt dinde ou fondue chinoise? Quatre personnalités romandes nous donnent leur vision de la fête familiale par excellence.

Martina Chyba prévoit chaque année un budget cadeau conséquent...
Martina Chyba prévoit chaque année un budget cadeaux conséquent...

Il y a ceux qui piétinent d’impatience, fourmillent d’idées de cadeaux, décorent sapin et maison avant de se lancer dans la préparation d’un festin de roi pour ravir toute la famille. Il y a les stressés des fêtes, ceux qui évitent d’y penser et finissent par se retrouver le soir du 24 dans les magasins en quête de cadeaux dont ils n’ont pas idée. Ceux qui aiment passer du temps en compagnie de leurs proches, ceux qui redoutent ces retrouvailles et ceux qui restent seuls par choix ou par nécessité. Qu’on l’aime ou qu’on déteste Noël, impossible d’y échapper.

La naissance du Petit Jésus qui trône dans la crèche entre l’âne et le bœuf symbolise comme nul autre jour les retrouvailles familiales. C’est sans doute pour cela que certains vivent si mal cette période, fait remarquer l’historienne française spécialiste en anthropologie religieuse Nadine Cretin.

C’est le temps de la famille par excellence au même titre que Thanksgiving aux Etats-Unis.»

«Si un voisin ou un ami est seul, on l’invite. Mais c’est aussi un temps hors du temps où l’au-­delà n’est jamais loin. On pense aux autres, aux proches qui ont disparu, on revoit ses ancêtres.» «Noël est davantage qu’une fête confessionnelle», poursuit-elle, le jour de la naissance de Jésus n’ayant été inscrit qu’au IVe siècle dans l’Evangile.

Noël, une fête héritée du paganisme

Héritage des fêtes païennes liées au solstice d’hiver, la célébration marque le passage des ténèbres vers la lumière. «On se réunissait déjà en famille et l’on offrait des cadeaux aux enfants qui venaient quêter dans les maisons en chantant. Le but était de s’attirer une année prospère en dépensant pour les autres.»

Très tôt, les fêtes ont ainsi été liées à un gaspillage cérémonial avec l’idée sous-jacente que l’abondance promet l’abondance.»

Les cadeaux de Noël, les tables richement garnies sont donc liés à notre désir de provoquer la chance pour l’année suivante. Même si elle n’est plus consciente, l’idée demeure et le cadeau est toujours entouré d’une dimension magique. «Noël est ainsi porteur du désir de faire la paix, conclut Nadine Cretin. C’est un temps d’ouverture du cœur… et du porte-monnaie. Mais aussi un temps où règnent une grande compréhension, une tolérance, une envie de pardon. C’est une époque, pas seulement un jour.»

Darius Rochebin, journaliste à la RTS: «Noël, c’est la simplicité et la chaleur humaine»

Darius Rochebin, journaliste à la RTS
Darius Rochebin dédie son Noël aux enfants, car, selon lui, cette fête leur est avant tout destinée.

Noël, c’est...

Un parfum d’enfance et celui de mon anniversaire puisque je suis né un 25 décembre. Je suivais l’école protestante à Saint-Gervais à Genève et je me rappelle les scènes bibliques qu’on jouait le soir de Noël. L’ambiance était assez austère. On aurait pu se croire au XVIe siècle! La pénombre un peu froide et minérale du temple protestant, la lueur des bougies, l’unique mandarine que l’on recevait à la fin... Mais en même temps, c’était plein de simplicité affectueuse et de chaleur humaine.

Votre budget cadeaux?

Assez désordonné. Je ne fais pas vraiment de plan. La veille ou l’avant-veille de Noël, je me rends compte que je suis très en retard et je fais un raid dans les magasins. Le budget varie donc beaucoup en fonction des coups de cœur du dernier moment.

Faites-vous des dons?

Pas particulièrement à cette période, je fais plutôt des dons à la Chaîne du bonheur lors des collectes.

Un repas typique?

J’aime beaucoup les «cuissons lentes». Un gigot de sept heures, un chapon bien doré, même réchauffé, c’est magnifique.

Votre meilleur souvenir?

Mes parents m’avaient offert un volant en plastique monté sur une ventouse. On pouvait le fixer n’importe où et faire «vroum-vroum». Le reste était de l’imagination. J’y ai passé un nombre d’heures incroyable. C’est la preuve qu’un cadeau pas cher peut faire le bonheur!

Cette année, ce sera avec...

Ma fille a une nuée de cousins qu’elle adore. C’est un Noël des enfants qui est incontournable, y compris pour le plaisir de chanter très faux des chants de Noël!

A qui souhaiter un Joyeux Noël?

Aux enfants. Noël leur est d’abord destiné. Dans les images que nous devons montrer au 19 h 30, pour rendre compte des guerres ou des catastrophes, celles des enfants victimes ou privés de parents sont parmi les plus insupportables.

Whitney Toyloy, ex-Miss Suisse: «On ne se fait pas de gros cadeaux»

Whitney Toyloy, ex-Miss Suisse
Whitney Toyloy s’engage pour les associations de protection des animaux.

Noël, c’est..

Un jour que j’adore comme toute la période de l’avent. Il règne une féerie et un esprit qu’on ne retrouve à aucun autre moment de l’année. C’est l’époque des apéros de fin d’année, des bons repas et des illuminations dans les rues. A la maison, on décore, on allume des bougies. Pour moi, c’est le temps des amis et de la famille.

Votre budget cadeaux?

Environ 50 francs par personne. Dans ma famille, on ne se fait pas de gros cadeaux, mais plutôt de petites attentions. On a aussi la tradition de la corbeille où chacun met un petit cadeau de moins de 10 francs.

Faites-vous des dons?

Je donne toujours quelque chose aux associations de défense des animaux. Cette année, on a envie avec une amie de s’engager pour une œuvre caritative. On aimerait par exemple servir un soir à la soupe populaire ou aller promener les chiens du refuge Sainte-Catherine de la Société vaudoise pour la protection des animaux au Chalet-à-Gobet.

Un repas typique?

Nous avons une tradition le 24: on va toujours au cinéma avec mes deux sœurs et mes parents. On ne fait donc pas de grands repas ce soir-là, juste un petit dîner sympa après la séance et un peu de champagne. Le jour de Noël, nous allons en général chez mes grands-parents et là on fait vraiment Noël avec un apéro, un bon plat et on mange super bien!

Votre meilleur souvenir?

Le jour de Noël où j’ai reçu un circuit de voitures. Mes parents avaient décidé de nous offrir à mes sœurs et à moi des jouets de garçons. On était super contentes.

Cette année ce sera avec...

Mes parents et une de mes deux sœurs, car l’autre est à l’étranger.

A qui souhaiter un Joyeux Noël?

A mes grands-parents maternels qui sont décédés il y a une dizaine d’années.

Christian Constantin, président du FC Sion: «On se retrouve autour d’une fondue chinoise»

Christian Constantin, président du FC Sion
Christian Constantin a la nostalgie des Noëls avec de la neige.

Noël, c’est...

Le 24 décembre. C’est la fête de famille par excellence, quoi. Le sapin, les boules de Noël et surtout la crèche, le meilleur souvenir que tu puisses avoir quand t’es gamin.

Votre budget cadeaux?

C’est beaucoup. Mais comme j’ai pas la mémoire des chiffres, je peux pas dire combien exactement. Mais oui, c’est plusieurs milliers de francs. Les cadeaux de Noël, c’est quelque chose qu’on fait avec le cœur. Il m’est arrivé pour faire plaisir à ma fille d’aller en jet à Paris lui acheter le sac dont elle rêvait.

Faites-vous des dons?

J’en fais pour plusieurs centaines de milliers de francs. Pas seulement à Noël, mais tout au long de l’année. J’aime bien qu’ils soient en lien avec la jeunesse ou les problèmes familiaux. A Noël, on essaie de faire plaisir aux jeunes en leur offrant du matériel sportif ou quelque chose en lien avec le foot. Et je donne aussi à Terre des hommes, l’organisation suisse d’aide à l’enfance.

Un repas typique?

En général, on se retrouve autour d’une fondue chinoise ou d’une Bacchus. Même si ce n’est pas la dinde ou le chapon, c’est du boulot.

Votre meilleur souvenir?

Noël avec la neige qui tombait durant la soirée et absorbait les bruits au dehors. Ça, c’étaient les vrais Noëls. Malheureusement, les mômes d’aujourd’hui ne connaissent plus ça.

Cette année ce sera avec...

Les personnes que je contacterai seront informées avant toi.

A qui souhaiter un Joyeux Noël?

A tout le monde et je leur souhaite d’avoir la santé. C’est ça la vraie richesse.

Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS: «On pense à ceux qui ne sont plus là»

Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS
Martina Chyba prévoit chaque année un budget cadeaux conséquent...

Noël, c’est...

Une fête païenne, car je ne suis pas croyante. Je suis d’ailleurs sûre que quelque chose de ce type existait avant la naissance du christianisme. Lumières, bougies, cannelle, oranges, dorures, musique, bon repas, ça tient chaud et c’est sympa. On pense à ceux qui ne sont plus là et on est contents d’être encore en vie, en gros.

Votre budget cadeaux?

Pfff... chaque année je me dis: «On va pas faire, on va faire simple.» Et chaque année je fais. Heureusement, nous sommes une petite famille… Comme je n’ai plus d’enfants petits, je n’ai plus besoin de me ruiner en Star Wars et autres Polly Pocket. Ce sont des bouquins, des DVD et des bons pour un resto, un soin, un sport… On va dire 400 francs. Et ce sera plus, évidemment.

Faites-vous des dons?

Pas à Noël. La culpabilisation liée à cette période de l’année me gonfle. Je donne à qui je veux quand j’ai envie, et quand je sais ce qu’on fait avec l’argent.

Un repas typique?

En tant qu’immigrés tchèques, nous avons mangé longtemps la carpe à Noël. Mais nous les enfants, nous voulions les mêmes trucs bons que mangeaient les autres: du saumon, du foie gras, etc. Aujourd’hui je ne mange plus de viande, donc on réinvente. Mais le principal, c’est les biscuits que je fais chaque année. J’adore. Même quand je ne suis pas là pour Noël, je prends une boîte avec moi dans l’avion. J’ai transmis cette tradition à mes enfants.

Votre meilleur souvenir?

Les Noëls que j’ai passés à l’étranger. Penser à tous ceux qui sont au taquet pour le soir alors qu’on n’a rien à faire. On se souhaite un Joyeux Noël, on va manger, on regarde la mer, la ville, la montagne et c’est tellement bien.

Cette année, ce sera avec…

Mes deux enfants de 16 et 19 ans et ma mère, en tout petit comité donc. Ah oui, il y a le chat aussi.

A qui souhaiter un Joyeux Noël?

A ma sœur! Elle vit aux Etats-Unis où elle est prof et chercheuse à l’université. Autant dire qu’il faut qu’elle profite, car le charmant nouveau président entre en fonction en janvier, et ça, ce n’est pas un cadeau!

Auteur: Viviane Menétrey

Photographe: Nicolas Righetti/Lundi13