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22 octobre 2012

A la recherche de l’arbre parfait

Arboriste-grimpeur, Charles Zwahlen vole au chevet des grands végétaux de nos parcs et de nos villes. Zoom sur une profession méconnue.

Charles Zwahlen dans un arbre, encordé
Charles Zwahlen, arboriste-grimpeur.

Nous avons perdu le lien avec les arbres, nous les regardons de loin.» Ainsi parle Charles Zwahlen, arboriste-grimpeur, autrement dit spécialiste des soins aux arbres. Notamment en milieu urbain, où la bonne entente n’est pas toujours gagnée d’avance: «Les gens aiment bien les arbres, mais ne veulent pas qu’il y ait des feuilles par terre, ni des fruits qui tombent.»

Avant, on disait «élagueur», mais c’était sans doute bien réducteur: «On ne fait pas que grimper dans l’arbre et supprimer des branches.» Il faut avoir en effet aussi «la connaissance de l’arbre, de son fonctionnement, du système racinaire, de la protection pendant les chantiers, des champignons qui attaquent le bois, etc.» A Bâle par exemple, lors de la construction des nouvelles lignes de tram, un arboriste-grimpeur est sur place histoire «d’éviter par exemple que l’on coupe des racines importantes». Le jeu en vaut d’ailleurs la chandelle.

La quête ultime de l’arboriste-grimpeur, explique encore Charles Zwahlen, consistera à «trouver le bon arbre et à le planter au bon endroit, en fonction du sol et de la situation», de façon «qu’il puisse s’exprimer pleinement» et d’éviter ainsi de se retrouver avec des spécimens «qu’on va devoir tailler tous les ans». Bref à «trouver l’arbre parfait», en fonction de sa résistance à la pollution, au tassement du sol, de son acclimatation, des besoins en oxygène, etc.

L’objectif immédiat reste toutefois «la mise en sécurité dans un contexte de contraintes urbaines, avec des voitures et des piétons au pied de l’arbre». Sans négliger pour autant le respect dû à l’arbre, qu’il s’agira de tailler «en n’altérant ni son port naturel ni sa structure».

A noter qu’en 2013 une formation pour l’obtention d’un brevet fédéral de spécialiste des soins aux arbres sera mise en place à l’institut agricole de Grangeneuve (FR). Une première en Suisse romande. Et de quoi susciter des vocations.

Un mort vivant

Un arbre sur quille
Un arbre sur quille

«Un arbre sur quille est un arbre mort qu’on a réduit au tronc, pour des raisons de sécurité. L’intérêt de le conserver en ville est qu’il représente un habitat pour une flore et une faune –champignons, insectes –, qui sans ça n’en auraient pas».

Deux arbres

Deux cèdres du Liban
Deux cèdres du Liban

«Les cèdres du Liban du parc de Beaulieu à Genève, plantés côte à côte en 1735, deux arbres magnifiques dont on a su conserver le caractère naturel, le port typique.»

Un comparse

Charles Zwahlen et Florim Ajda
Charles Zwahlen et Florim Ajda

«Mon associé Florim Ajda, avec qui j’ai fondé la société «Arbres et partenaires», à Genève et Yverdon. Nous sommes membres de l’Association suisse des soins aux arbres (ASSA) créée pour promouvoir la bonne pratique des soins aux végétaux, avec une charte de qualité.»

Un enfant

Un enfant, c'est le futur au présent !
Un enfant, c'est le futur au présent !

«Mon fils Hugo, âgé de 2 mois et demi. C’est beaucoup de changement. Il représente pour moi le futur au présent parce que je le vois grandir tous les jours et qu’il nous attire vers la vie.»

Du matériel

Un matériel de pro.
Un matériel de pro.

«Avant on grimpait avec un harnais d’escalade ou un harnais bricolé. ­Depuis une dizaine d’années, il existe du matériel spécifique qui nous permet de nous déplacer dans l’entier de l’arbre, d’aller jusqu’au bout de la branche pour tailler une petite brindille.»