Archives
19 mai 2014

A toute vapeur!

Président de l’association Vapeur Val-de-Travers (VVT), Sébastien Hirschy a les vieilles locos dans la peau, les répliques comme les authentiques. Un virus ferroviaire qui lui a été transmis quand il était petit…

Sébastien Hirschy
Sébastien Hirschy: «Le plus beau moment pour moi, c’est quand on sort la locomotive du dépôt, qu’elle est encore froide, qu’on l’allume et qu’on lui redonne vie!»

«Une locomotive à vapeur, elle sent l’huile, elle bouge, elle respire, elle est vivante…» Sébastien Hirschy, le président du Vapeur Val-de-Travers (association qui s’est donnée pour mission de restaurer, d’exposer et de faire rouler des compositions historiques) entretient une relation intense, quasi passionnelle avec ces monstres de métal d’un autre temps. «Entre ces machines et moi, il y a comme une alchimie!»

Le coup de foudre, il l’a eu à 9 ans, lorsqu’il a accompagné pour la première fois ses parents à Saint-Sulpice (NE), là où se trouve le dépôt du VVT. Il découvre alors des engins plus imposants encore que des éléphants, plus puissants aussi. «J’étais intimidé et fasciné tout à la fois.»

Le cheminot en herbe commence par effectuer de menus travaux avant d’intégrer l’atelier et de «partir enfin sur le réseau». Il a à peine 13 ans lorsqu’il revêt le bleu du chauffeur, de celui qui entretient le feu de la chaudière et veille à ce que la mécanique tourne comme une horloge. «Dans ces moments-là, tous nos sens sont en éveil, on a vraiment un rapport physique avec la locomotive, on est en totale symbiose avec elle.» Sébastien Hirschy n’est jamais aussi heureux que les mains couvertes de cambouis et le visage noirci par la suie…

Une journée dans la vie de Sébastien Hirschy

6 h 00: Trois-huit

6 h 00: Trois-huit
«Là, je travaille de 6 à 14 heures. Mon boulot? Agent d’exploitation chez Vadec à La Chaux-de-Fonds, une usine de traitement et de valorisation des déchets. En les brûlant,
on chauffe des appartements et on produit de l’électricité. Et oui, c’est encore une histoire de vapeur!»

15 h 30: Petits trains

15 h 30: Petits trains
«J’ai un container privé près de notre dépôt de Saint-Sulpice. Ce lieu me sert d’atelier. J’y restaure des modèles réduits de locomotives. J’en ai sept en état de marche, deux qui attendent d’être révisées et une que je m’amuse à construire de A à Z. J’ai encore du pain sur la planche…»

17 h 30: Ferrovipathes

17 h 30: Ferrovipathes
«Dans l’association, nous formons une chouette équipe de jeunes amoureux de vieilles mécaniques. On est une demi-douzaine à mettre les mains dans le cambouis. Actuellement, nous sommes au chevet d’une locomotive que l’on espère remettre sur les rails d’ici au mois de septembre.»

Etincelles
«Le plus beau moment pour moi, le plus intense, c’est la mise en chauffe… C’est quand on sort la locomotive du dépôt, qu’elle est encore froide, qu’on l’allume et qu’on
lui redonne vie!»

Loco favorite

Favorite
«Ma préférée, c’est la TKt 48, une locomotive polonaise qui nous a causé plein d’ennuis. J’ai vraiment un faible pour cette machine, sans doute parce que j’ai participé à toutes les étapes de son acquisition, de son importation depuis la Pologne jusqu’à sa mise en service ici.»

Fondue en famille

19 h 00: Famille
«Avec Catherine et Benjamin, on essaie de se réunir au moins une fois par jour autour de la table pour partager un repas et passer un bon moment ensemble. Ce rituel est d’autant plus important que j’ai des horaires irréguliers, ce qui me coupe quand même un peu de la vie sociale.»

Paperasse

20 h 30: Paperasse
«Le soir, je m’occupe des mails et de l’administratif pour le VVT, et j’assure aussi le suivi de notre site internet. Et puis, je fais la mise à jour et la maintenance de celui de l’Amicale des vieilles machines agricoles du haut du canton, dont font partie mes parents.»

Dans la peau

Dans la peau
«J’ai beaucoup de tatouages. Je me les suis faits faire entre 18 et 25 ans. Certains sont en lien avec ma passion pour les chemins de fer, dont une locomotive à vapeur évidemment sur mon épaule droite.»

© Migros Magazine – Alain Portner

Auteur: Alain Portner