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8 février 2016

Abba, vecteur de bonne humeur

Du 11 au 21 février, «Mamma Mia!» pose ses valises à Lausanne. Auparavant, la comédie musicale célébrant le légendaire groupe suédois aura fait danser Lisbonne, précédente étape de sa tournée. L'occasion de se glisser dans les coulisses d’un succès planétaire au parfum de reviens-y.

la troupe en répétition photo
Le succès de la célèbre comédie musicale ne s'est jamais démenti en l'espace de 16 ans. (Photos: José Ferreira/4SEE/laif)

«Mamma Mia!» Sur la façade des arènes du Campo Pequeno à Lisbonne, une affiche géante annonce clairement le programme. Ce n’est point pour trembler devant une course de taureaux que le public afflue ce soir, mais bel et bien pour vibrer au rythme des chansons d’ABBA. D’ailleurs, dans les coulisses de l’imposante bâtisse – qui accueille, on l’aura compris, toute sorte d’événements –, nul risque de croiser aujourd’hui un bovidé. En revanche, costumes à paillettes et perruques disco ont envahi les lieux. Et, derrière la porte close d’une loge, à une demi-heure du lever de rideau, un air bien connu se fait entendre: «I have a dream, a song to sing…».

Pas de doute, nous voilà plongés dans l’univers enjoué de la comédie musicale «Mamma Mia!» . Racontant, par un usage intelligent des plus grands titres du groupe suédois, les aventures d’une jeune fille, Sophie, en quête de l’identité de son père, le show est devenu légendaire. Traduit en seize langues, interprété par une cinquantaine de compagnies, il a enchanté en l’espace de dix-sept ans plus de 60 millions de spectateurs autour de la planète. Sans oublier l’adaptation au cinéma dont il a fait l’objet, portée par le talent de Meryl Streep et Pierce Brosnan.

Sara Poyzer s’est mis dans la peau de Donna, la mère de Sophie.

La meilleure musique pop

Les raisons d’un tel succès et d’une telle longévité? «C’est une histoire universelle, qui s’appuie sur la meilleure musique pop jamais composée», s'enflamme le Britannique Mark Hilton, directeur artistique de la troupe internationale actuellement en tournée, qui, après son escale portugaise, posera ses valises au théâtre de Beaulieu à Lausanne. «Jamais je n’aurais pensé, en voyant la comédie musicale pour la première fois à la fin des années nonante, que je ferais partie un jour de cette grande famille. Pourtant, j’ai grandi avec ABBA, j’adore ce groupe. Et maintenant, je me réveille chaque matin avec leurs chansons dans la tête…»

Autant dire que son enthousiasme est largement partagé par le reste de la compagnie. «Cette comédie musicale est tellement positive! Je n’arrive pas à lui trouver le moindre défaut», souligne Richard Standing, qui endosse le rôle de Sam, l’un des potentiels pères de Sophie. Sara Poyzer, sa partenaire sur scène et épouse dans la vraie vie, assure quant à elle que «c’est un bon moyen d’oublier ses soucis pendant deux heures et demie»! D’ailleurs, un critique anglais n’avait-il pas écrit, au lendemain de la première mondiale du show en 1999, que «Mamma Mia!» pourrait bien mener le Prozac à la faillite?


Vecteur de bonne humeur, le spectacle dégage également un petit parfum de reviens-y. Pour le public d’une part, mais également pour certains des comédiens qui ont prêté leurs talents de chanteurs et de danseurs à cette comédie musicale plus d’une fois dans leur carrière. «J’avais déjà interprété le rôle de Sophie à Londres en 2009, raconte Niamh (prononcez Neeve, ndlr) Perry. Après une interruption, on m’a proposé d’intégrer la troupe internationale. Nous tournons maintenant depuis 2014, et Lausanne sonnera la fin de l’aventure. Je suis d’ailleurs un peu émue de clore ce chapitre très important de ma vie. Mais qui sait, peut-être que dans quelques années je pourrai reprendre le rôle de Donna, ma mère dans l’histoire!»

Répétition d’une scène entre Donna (debout) et Sophie, les deux héroïnes de la comédie musicale.


Pas fatigués de jouer encore et encore la même rengaine? «Même si chaque représentation se ressemble, c’est tous les soirs différent», s’amuse Jamie Wilkin qui, s’il occupe aujourd’hui la position de régisseur de ballet, a longtemps lui-même chanté et dansé sur scène. Même son de cloche chez Michael Beckeley, alias Bill, l’un des pères de Sophie: «Je ne m’en lasse jamais! En plus, nous avons tellement de chance de pouvoir ainsi voyager, de nous rendre de ville en ville. Bien sûr, à chaque étape, il s’agit de s’adapter à un nouvel espace. Ici, par exemple, les coulisses sont un vrai labyrinthe! Il y a plein de couloirs, ça monte, ça descend: au début, nous n’arrêtions pas de nous perdre…»

Une mécanique bien huilée

Dangereux en effet de nous risquer dans le tréfonds des arènes du Campo Pequeno sans une bonne âme pour nous orienter! En l’occurrence, notre guide s’appelle Ben Jefferson. Manager de la troupe, il prend en charge les aspects logistiques de la tournée. Car une telle entreprise, rassemblant plus de 50 personnes (équipes créative et technique comprises), des malles entières de costumes, une vingtaine de caisses de matériel électrique, des machines à laver - elles fonctionnent à plein tube en coulisses, à côté des planches à repasser - nécessite une bonne dose d’organisation. «Heureusement, depuis le temps que nous tournons, la mécanique est bien huilée», nous rassure Ben Jefferson.

Et de nous mener dans une pièce transformée pour l’occasion en atelier de couture. Si une machine à coudre trône sur une table, c’est à la main que la souriante Fiona, costumière de son état, fixe les paillettes sur le jeans de Sophie. «Elles ne tiennent jamais d’une soirée à l’autre», explique-t-elle. Il faut dire que les chorégraphies sont assez physiques…

Niamh Perry (au centre) incarne Sophie, une jeune fille en quête de l’identité de son père.

Nous aurons bientôt l’occasion de le constater par nous-mêmes: le spectacle va commencer. Pour deux heures et demie de musique entraînante, de danse endiablée, et de pure comédie. Le tout au rythme de Dancing Queen , Super Trouper , et Take a chance on me . Pas de doute: plus de quarante ans après la victoire d’ABBA à l’Eurovision avec Waterloo , les tubes du groupe suédois n’ont pas pris une ride…

En vidéo: la bande-annonce

Texte © Migros Magazine – Tania Araman

Auteur: Tania Araman