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26 octobre 2015

Ecrivain, mais pas seulement

Abigail Seran, 42 ans, multiplie les casquettes. Auteur, juriste, enseignante et maman, elle vient de publier son deuxième roman. Et raconte également dans un recueil de chroniques son quotidien de mère.

Abigail Seran photo
Abigail Seran aime se balader de bon matin dans Lavaux avec son chien.

Du droit à l’écriture

«Il m’a fallu du temps pour enfin m’autoriser à écrire. Je me disais que je n’avais pas le bagage nécessaire, les idées…» Et pourtant, sa passion pour les mots, Abigail Seran la cultive depuis son plus jeune âge. Au collège de Saint-Maurice, c’est en maturité littéraire qu’elle s’inscrit. Mais son diplôme en poche, la Valaisanne se lance, à la surprise générale, dans des études de droit. «Le programme proposé en Lettres ne me convenait pas. J’ai donc opté pour une branche qui me donnerait la structure qui me manquait à l’époque.»

Source d’inspiration «Inconsciemment, j’ai dû être inspirée par la maison communale de Cully lorsque j’ai écrit mon deuxième roman, qui s’intitule Une maison jaune. J’y ai passé beaucoup de temps en réunion. En plus, c’est une maison de maître, comme dans mon histoire.»

Ce ne sera qu’en 2000 qu’elle reviendra à ses premières amours. Le déclic? L’anniversaire de sa maman. «Chacun avait rédigé un texte en son honneur. Lorsque j’ai lu le mien, il y a eu un grand silence. Les invités étaient émus. J’ai décidé d’arrêter de remettre au lendemain mon désir d’écrire et j’ai entamé mon premier roman.» Qui sera bientôt suivi d’un second. Au passage, elle a aussi publié un recueil de chroniques évoquant son quotidien de maman établie à Cully.

En plus de ses activités d’auteur et de juriste, Abigail Seran transmet son savoir juridique à de futurs employés de banque. «Les semaines sont longues, je dois beaucoup jongler. Mais je suis bien entourée!»

Une journée avec Abigail Seran

7h: Balade matinale «Tous les matins, je me promène dans les vignobles avec Spice, mon cocker de 6 mois. J’adore ce moment, c’est l’occasion de respirer un peu. Moi qui suis généralement très connectée, j’essaie de laisser mon téléphone à la maison.»

8h: Cheveux au vent «Après avoir longtemps choisi mes voitures pour leur côté pratique, j’ai eu un coup de cœur pour ce cabriolet orange. Sa couleur pétante me met de bonne humeur, et je n’ai aucun mal à la retrouver dans un parking. J’aime les trajets sur la route du lac, entre Cully et Lausanne, c’est un de mes petits plaisirs de la journée.»

10h: Multitâche «Avec mon associée, nous avons monté notre cabinet juridique il y a deux ans à peine. Nous y investissons beaucoup d’énergie. De la création d’une clientèle à la location du matériel – en passant par le changement d’une ampoule – nous devons tout gérer. Je passe énormément de temps ici.»

13h: Instants grappillés «Dans mon emploi du temps chargé, l’écriture a tendance à passer en dernier. J’essaie de dégager quelques moments ici et là, dans le train ou dans un café. J’ai longtemps utilisé les petites heures du matin, entre 4h et 7h. Et mon deuxième roman, je l’ai écrit essentiellement le soir, au coin du feu.

16h: Rencontres «Les séances de dédicace représentent toujours de magnifiques moments d’échange. J’essaie d’écrire un petit mot personnalisé à chacun, d’offrir ce petit plus. Et les libraires nous accueillent avec beaucoup de gentillesse.»

17h: En tête-à-tête «En fin de journée, je fais souvent le taxi pour mon fils, je l’amène à ses activités extrascolaires, que ce soit la guitare ou le basket. Même si les trajets sont courts, j’aime ces moments où nous sommes assis ensemble. Des choses intéressantes sortent souvent de nos discussions.»

Texte © Migros Magazine – Tania Araman

Auteur: Tania Araman

Photographe: Jeremy Bierer