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27 juillet 2014

Adèle Thorens au vert en périphérie urbaine

L’emploi du temps surchargé d’Adèle Thorens, coprésidente des Verts suisses, ne lui laisse guère le loisir d’arpenter la Suisse à pied. En revanche, elle ne manque jamais une occasion de prendre un bon bol d’air à deux pas de chez elle, dans les bois du Jorat.

Adèle Thorens
Adèle Thorens: «En balade, mes idées mûrissent et se structurent plus facilement.»
«Quand je travaille à la maison, je vais souvent dans les bois du Jorat pour promener ma chienne.»
«Quand je travaille à la maison, je vais souvent dans les bois du Jorat pour promener ma chienne.»

«Je suis une randonneuse de montagne à vaches.» Fille de la campagne – elle est originaire de Sainte-Croix – Adèle Thorens l’admet volontiers: elle ne se lance pas souvent dans l’ascension de sommets. Son credo à elle, c’est plutôt la balade de proximité, les promenades en famille. Il faut dire que son emploi du temps surchargé de conseillère nationale ne lui laisse guère le loisir de partir sac au dos aux quatre coins du pays. Rien de plus normal qu’elle ait choisi, pour cette virée proposée aux lecteurs de Migros Magazine, de se rendre dans les bois du Jorat, accessibles en bus en moins de dix minutes depuis chez elle. «Quand je travaille à la maison, j’y vais souvent pour promener ma chienne.»

Il faut compter environ trois heures pour la balade
Il faut compter environ trois heures pour la balade.

C’est accompagnée de cet attachant lagotto qu’elle nous guide sur le chemin des Fontaines, un lieu de promenade de prédilection pour les habitants de la capitale vaudoise. L’occasion pour celle qui est aussi vice-présidente de Suisse Rando d’évoquer l’importance du contact avec la nature pour les citadins. «Avec le Jorat, la plus grande surface boisée de plaine en Suisse, les Lausannois ont une chance incroyable, se réjouit-elle. Ils peuvent aisément y marcher avec de jeunes enfants, mais aussi entreprendre de plus longues randonnées de trois ou quatre heures sur des sentiers balisés.» Et de souligner également la facilité d’accès du lieu en transports publics, illustrant à merveille la philosophie de Suisse Rando.

En s’engageant sur le chemin de terre qui s’enfonce dans la forêt, elle mentionne un autre projet cher à son cœur de coprésidente des Verts: la création ici même d’un parc naturel périurbain – il n’en existe à l’heure actuelle qu’un seul à Zurich – «qui permettrait de préserver et de valoriser cette richesse environnementale aux portes de la ville». Elle rappelle également qu’il est prévu d’y bâtir bientôt un parc éolien: «Bien sûr, cela va modifier le paysage. Mais c’est pour la bonne cause!»

Une famille friande de randonnées

Petite pause à l'une des fontaines du parcours.
Petite pause à l'une des fontaines du parcours.

Trêve de politique, nous voilà arrivés à l’une des fontaines qui ont valu son nom au parcours. Un panneau nous explique qu’elle a été baptisée Fontaine du Président en l’honneur de son voisin, un imposant sapin blanc vieux de plus de 200 ans (la coutume forestière voulant que l’on qualifie ainsi ces vénérables et imposants centenaires). Le lagotto est pour sa part davantage intéressé par la fraîcheur de l’eau que par ces considérations historiques! «Lorsque je viens ici avec ma fille, elles finissent souvent les deux dans l’eau», s’amuse Adèle Thorens. Si sa petite de 4 ans n’est pas encore une adepte de longues randonnées, elle semble apprécier les promenades avec sa maman. «Il faut simplement que je fixe un but à la balade: cueillir un bouquet de fleurs à sa grand-maman ou déguster une part de tarte au Chalet des enfants, un lieu très sympa, véritable institution.»

Près de l’étang de la Bressonne, un sentier didactique permet d’admirer la flore et la faune locales.
Près de l’étang de la Bressonne, un sentier didactique permet d’admirer la flore et la faune locales.

Plutôt que de poursuivre sur le chemin des fontaines, on s’octroie un petit détour par l’étang de la Bressonne, où un sentier didactique permet d’admirer la flore et la faune locales. De gros têtards s’ébattent dans l’eau en compagnie de tanches, tandis que d’agiles libellules survolent l’onde en taquinant les canards. «C’est ce que j’apprécie avant tout dans la randonnée: le contact avec la nature. J’ai hérité cette inclination de ma mère. Mon père est quant à lui un adepte des courses de montagne, et a même fait de l’alpinisme dans sa jeunesse. Je l’ai plusieurs fois accompagné, mais je suis beaucoup moins sportive que lui.»

Se réapproprier l’espace et le temps

Pour la politicienne, la marche est également synonyme de liberté. «Dans le quotidien, le temps et l’espace sont considérés comme des contraintes: on doit se rendre le plus rapidement possible d’un point A à un point B.

En randonnée, on appréhende ces dimensions de manière totalement différente, on se réapproprie le territoire, et la lenteur prend le pas sur l’instantanéité qui caractérise notre monde aujourd’hui. Je me souviens d’avoir ressenti cela très fort lors d’une randonnée d’une semaine avec mon mari et des amis sur le chemin des Crêtes du Jura, entre Bâle et le Creux-du-Van.» La marche à pied déclenche également chez elle la réflexion et elle prépare régulièrement ses interventions au Parlement en arpentant la forêt.

En balade, mes idées mûrissent et se structurent plus facilement.

Outre les considérations naturalistes et philosophiques, Adèle Thorens apprécie aussi le côté sportif de la randonnée – «Sans cela, je n’aurais guère l’occasion de bouger!» – ainsi que le volet... gastronomique! «On trouve maintenant des fraises des bois, et bientôt ce sera les framboises et les mûres... Et puis la saison des bolets va commencer: rien de tel que de manger un plat de pâtes aux champignons en rentrant d’une balade», s’exclame la gourmande!

Nous revoilà sur le chemin des fontaines. Malheureusement, emploi du temps de politicienne oblige, nous devons interrompre la balade. Adèle Thorens est attendue à Berne pour une séance de travail. Le temps de passer chez elle troquer ses chaussures de marche contre des talons hauts et la voilà partie en direction de la gare et du Palais fédéral. «C’est l’avantage d’habiter à Lausanne: le même bus me relie au métro urbain ou à la pleine nature. Je peux y retourner dès que j’ai un moment!»

© Migros Magazine – Tania Araman

Auteur: Tania Araman

Photographe: Laurent de Senarclens, Corina Vögele