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14 janvier 2013

Adieu quéquette, bonjour tablette

Martina Chyba nous parle des quéquettes qui ont pris la poudre d'escampette pour laisser leur place aux tablettes numériques.

Martina Chyba, journaliste
Martina Chyba, journaliste. (Photo: Production photo RTS)

Il fut un temps que les moins de euh… 2 ans ne peuvent pas connaître, où on allait au lit pour dormir ou pour faire l’amour. Ah non des fois aussi pour lire. Dans un couple disons, classique, les choses se pratiquaient dans l’ordre suivant, on lit un moment, on s’adonne aux joies du devoir conjugal et on dort. On pouvait faire les choses dans le désordre mais c’était moins fréquent.

Aujourd’hui, pffft! Fini cette petite routine nocturne, un nouveau jouet a fait irruption dans nos chambres à coucher. Non ce n’est pas un sex-toy, c’est trop gros pour ça. C’est la tablette. Là aussi, avant, quand on disait «tablette», c’était soit du chocolat noir à 85% comme anti-dépresseur (je peux témoigner), soit la partie centrale d’un Monsieur qui n’est pas forcément votre mari mais plutôt le maître nageur des enfants, voyez le genre.

Aujourd’hui re-pfft! Une tablette est un machin technologique plat dont vous venez de recevoir le dernier modèle à Noël et qui est comme un ordinateur mais sans fil, sans clavier et sans souris. Et, donc, qui s’emporte facilement dans le lit et peut s’utiliser en position couchée. Comme le smartphone d’ailleurs.

Alors vous voyez le problème. Quand on lit un journal ou un livre, on arrive au bout, on en a marre, à un moment donné, on le pose. Mais le web! Les jeux! Les réseaux sociaux! Les mails du patron adoré! C’est la cata. En plus, il y a tout le temps du nouveau avec la tablette, des nouveaux amis, des nouvelles applis, des nouvelles vidéos, des nouveaux messages, alors que dans notre fameux couple disons, classique, le conjoint qui surfe de son côté sur l’oreiller d’à côté n’est pas forcément tellement nouveau, lui.

Et on commence à avoir des chiffres, parce que plein d’instituts ont mené des enquêtes (des enquéquettes?). Exactement 50% des gens admettent passer 90 minutes au lit sur leur outil électronique avant d’éteindre la lumière. Un jeune Allemand de moins de 35 ans sur cinq préférerait renoncer au sexe plutôt qu’à sa connexion internet. Résultat: on est crevés parce qu’on se couche trop tard. Et on ne baise plus.

Ils avaient peut-être raison les Mayas finalement, si ça continue comme ça, ce sera vraiment la fin du monde. Bonne année 2013!

Nos chroniqueurs sont nos hôtes. Leurs opinions ne reflètent pas forcément celles de la rédaction.

Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS

Auteur: Martina Chyba