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3 décembre 2012

Aide sur appel

Du lundi au dimanche, jour et nuit, des conseillers de Pro Juventute écoutent les problèmes des enfants et des jeunes qui appellent le 147 et cherchent avec eux des solutions.

Jeune femme au téléphone devant une affiche Pro Juventute
Christina Wehrlin travaille depuis douze ans au 147, 
la ligne de conseils et d’aide de Pro Juventute.

Les jeunes qui composent le 147 le font parce qu’ils ont besoin d’aide. Et ils sont nombreux. «Nous recevons quatre cents appels et SMS par jour», estime Christina Wehrlin, responsable de la ligne de conseils et d’aide de Pro Juventute. Les motifs couvrent toutes les facettes de la vie auxquelles sont confrontés les jeunes: problèmes avec des amis ou conflits avec les parents, déboires amoureux, sexualité, difficultés scolaires, violence, etc.

Depuis douze ans, Christina Wehrlin prête une oreille attentive à ces filles et garçons en détresse. Quelque chose a-t-il changé durant cette période? «Peine de cœur, crise d’adolescence: sur ces plans, rien n’a changé, explique la conseillère. Les besoins restent les mêmes.»

Le cybermobbing est particulièrement perfide

Ce qui est relativement nouveau, c’est le cybermobbing. «Lorsque quelqu’un est systématiquement dénigré, insulté, voire menacé pendant de longues périodes, c’est extrêmement lourd à porter». Jusqu’à il y a peu, le problème était contenu à la cour de récréation, «mais désormais ces attaques se passent aussi sur internet. C’est particulièrement perfide, car cette forme de mobbing ne requiert que quelques clics de souris et atteint immédiatement un nombreux public», rappelle Christina Wehrlin.

Que peut-on faire? «Sans aide extérieure, personne n’est à même de résoudre ce genre de problème. Le plus important est d’inciter le jeune à se confier à quelqu’un, que ce soient ses parents ou un enseignant.»

Cela étant, beaucoup d’enfants et d’adolescents préfèrent se tourner vers une personne neutre, comme les collaborateurs de Pro Juventute.

«Parler de sa sexualité avec ses parents peut être difficile», rappelle Christina Wehrlin. La simple question de savoir comment se procurer la pilule en est un bon exemple. Parfois, il peut être tout simplement impossible de se confier à son père ou à sa mère: «Une jeune fille nous a par exemple appelés pour nous dire qu’elle était battue par ses parents», explique Christina Wehrlin. Que faire dans un tel cas? «Nous cherchons à savoir quand et à quelle fréquence cela se passe. Nous expliquons aussi à l’enfant ou l’adolescent qu’une aide est possible et qu’il peut nous appeler 24 h sur 24.»

Suivant la gravité de la situation, les conseillers aiguillent les jeunes en quête d’aide vers des institutions spécialisées. «Cela peut être un centre de prise en charge dans lequel l’enfant trouvera une protection pendant quelques jours, période durant laquelle les autorités entreprendront les démarches qui s’imposent», précise Christina Wehrlin.

Un enfant par jour appelle pour parler de suicide

Le suicide est également un thème récurrent chez les jeunes. «Nous recevons en moyenne un appel par jour. Le cas le plus difficile est celui du jeune qui nous dit qu’il ne sera peut-être plus en vie à la fin de la journée», souligne Christina Wehrlin.

Il est alors important de prendre de la distance et d’agir calmement. Avec l’appelant, il faut créer un climat de confiance et, si la situation l’exige, ouvrir, par exemple, une conférence téléphonique avec un collaborateur du service psychiatrique.

Dans les cas les plus urgents, il faut être attentif à l’endroit où se trouve le jeune. Et s’il est sur un pont ou un quai de gare, «il s’agit en priorité d’inciter la personne à s’en aller et à se rendre dans un lieu sûr».

En Suisse, tous les quatre jours, un jeune met fin à ses jours. Le suicide est ainsi une des principales causes de mortalité des adolescents. Que peut faire l’entourage? «Il faut prendre au sérieux certains signes», explique Christina Wehrlin. Ce peut être des paroles telles que «je n’en peux plus», le refus de se lever le matin ou encore le fait de ne pas avoir d’amis.

Pour Christina Wehrlin, une chose est toutefois sûre. «Quelle que soit la nature du problème, il est normal de chercher de l’aide. Cela n’est pas une honte.»

Conseil 24 h sur 24

Le 147, la ligne téléphonique de conseils et d’aide de Pro Juventute, est à disposition des enfants et des adolescents 24 h sur 24. Le service est gratuit et anonyme. Chaque jour, les conseillers qui animent le 147 prêtent une oreille attentive aux quelque quatre cents personnes qui composent ce numéro. La grande partie de celles et ceux qui cherchent de l’aide ont entre 12 et 16 ans. Quant au site www.147.ch, il recense plus de mille visiteurs par jour.

Auteur: Christoph Petermann

Photographe: Marco Zanoni