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24 décembre 2012

Aline Isoz, sacrée blogueuse

Jeune entrepreneuse, Aline Isoz se multiplie sur le Net aussi bien professionnellement qu’à titre privé. Ou comment avec humour et astuce se servir des réseaux sociaux comme de «chevaux de Troie».

Aline Isoz
Même si elle utilise tout le temps son smartphone, Aline Isoz peut vivre sans. Pour preuve, une semaine par année, elle le laisse à la maison.

«Je ne suis pas de cette génération-là. J’ai grandi avec le téléphone fixe, le cadran à tourner, le fil qui s’entortillait.» Les réseaux sociaux, Aline Isoz a d’abord détesté ça. Puis elle s’y est mise. «Pour ne pas me faire griller par mes gosses», s’excuse-t-elle presque. Facebook, Twitter et les autres, tout y passe. Elle s’aperçoit que «ce sont des bons outils de vente et de bons chevaux de Troie». Surtout que, parallèlement, la jeune femme monte une société: «Je n’avais pas de moyens, j’ai tout fait par les réseaux.» Et ça fonctionne. C’est par exemple via Facebook qu’elle obtient de tenir une chronique dans Bilan.

Rapidement aussi elle ouvre blog sur blog. D’abord celui des «journées mondiales de l’absurde» – journée du hêtre, du car postal, de la chaussette esseulée, de l’alzheimer infantile, etc. Avec ce challenge, aujourd’hui tenu: célébrer une journée mondiale par jour pendant une année.

Puis vient «Le fabuleux destin d’une affabulatrice», d’ordre plus privé, autour de son quotidien «de femme et de maman», mais toujours largement déjanté. Enfin le blog de son entreprise, Blackswan, qui s’occupe de gestion de marques voulant «se repositionner ou qui ont besoin d’un coup de frais». Des clients pour lesquels elle se met à rédiger devinez quoi? Des blogs.

Venue de la pub, Aline Isoz expérimente avec les journées mondiales de l’absurde l’écriture «sans contrainte de délais, de longueur ni de sujet. C’est là qu’on s’aperçoit que la liberté est quelque chose de difficile à gérer, y compris la liberté de ton.»

On trouvera également sous sa plume des chroniques très décalées consacrées au ballon rond, et sans considérations émoustillées sur les cuisses des joueurs: Aline Isoz, il faut dire, est fille de footballeur.


Aline Isoz aime les deux facettes de la Suisse: pionnière et traditionnelle. (Photo: KEYSTONE/Alessandro Della Bella)
Aline Isoz aime les deux facettes de la Suisse: pionnière et traditionnelle. (Photo: KEYSTONE/Alessandro Della Bella)

Un pays

«La Suisse, avec ses deux facettes: le côté novateur et pionnier, l’EPFL et de l’autre le côté bucolique, traditionnel, fête de la lutte. J’aime bien ces deux faces d’un même pays.»



«Rivella, un truc de l'enfance.»
«Rivella, un truc de l'enfance.»

Une boisson

«Le Rivella. Tous les gens que je connais trouvent ça écœurant. Moi j’adore, c’est un truc de l’enfance, c’est ma madeleine de Proust. Un produit d’ici en plus, qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde.»


Facebook, un univers toujours ouvert. (Photo:  istockphoto)
Facebook, un univers toujours ouvert. (Photo: istockphoto)

Un lieu

«Facebook. Un endroit où je passe pas mal de temps, un univers toujours ouvert. Même à 3 heures du matin, si je me réveille, je vais sur Facebook. C’est là qu’il y a le concentré des actualités qui m’intéressent, là où je fais ma promotion personnelle.»


Un objet

Mon smartphone: «Je l’utilise tout le temps, pour mes téléphones, me connecter, prendre des photos, me géolocaliser. Mais une fois par année, pendant une semaine, je le laisse à la maison. Pour me rappeler que je suis un être humain qui peut vivre sans cette dépendance.»


«La journaliste Myret Zaki, une femme rare et qui en a.» (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)
«La journaliste Myret Zaki, une femme rare et qui en a.» (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

Une personne

«La journaliste Myret Zaki. Elle a de vraies compétences et n’a pas peur de s’en servir pour mettre le doigt là où ça fait mal, dans un domaine très sensible en Suisse, celui de la finance. Une femme rare et qui en a.»

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Jeremy Bierer