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8 février 2016

La reine du télémark

La Sédunoise Amélie Reymond domine cette discipline encore confidentielle mais plus ancienne que le ski alpin. Avec plus de cent victoires en Coupe du monde et huit titres de championne du monde.

Amélie Reymond à ski photo
Amélie Reymond domine la discipline du télémark de façon écrasante.

En toute modestie

Malgré ses 101 victoires sur 145 courses disputées depuis 2007 en Coupe du monde de télémark, Amélie Reymond s’étonne encore de son succès. L’an dernier, dans le Colorado (USA), lors des championnats du monde, Amélie s’adjuge simplement l’or dans les 4 disciplines inscrites au programme. Classique, sprint, course par équipe et surtout, nouvellement introduit, le parallèle: «On commence la course en géant, et on passe un saut, toujours en parallèle, puis on se retrouve ensemble avec la concurrente dans un virage relevé. On termine par une boucle de skating au coude à coude».

Cette saison, elle a pour l’heure gagné les cinq premières courses de Coupe du monde. «Certains me disent que c’est parce qu’il y a peu de concurrence en télémark. Mais je suis là quand même depuis quelques années et il y a pas mal de filles qui n’ont qu’une idée en tête: me battre.»

La jeune femme a aussi réussi l’exploit de concilier la pratique d’un sport de haut niveau avec des études supérieures, conclues par un master en biomécanique à l’EPF de Zurich. «Pour m’entraîner je rentrais toujours en Valais. J’étudiais beaucoup dans le train...» Après un stage dans le biomédical, Amélie travaille aujourd’hui, à 80%, à l’Etat du Valais, au Service de la santé.

Une journée avec Amélie Reymond

6h00: Repas à domicile «Le matin je mange des mueslis. Sinon, j'aime bien cuisiner. Tout ce que je peux manger à la maison, je le mange à la maison. Le fait de se nourrir avec ce qu'on prépare soi-même est déjà une garantie au niveau nutritionnel. Je mange équilibré et de tout. L'alimentation est importante pour la compétition mais peut-être pas autant pour le télémark que dans les sports d'endurance.»

7h00: A Sion à vélo«Les trajets pour me rendre au travail, je les fais toujours à vélo. Le soir quand je sors du boulot pour aller à la gym, à Uvrier, c'est le moyen de transport le plus rapide. En un quart d'heure j'y suis. Et puis les trajets à vélo permettent de réfléchir à plein de choses.»

14h00: En piste «Ce qui est intéressant dans le télémark, c'est ce mélange de trois disciplines: le ski alpin, le saut et le skating. J'ai croché tout de suite après avoir essayé avec des profs de télémark à Thyon, où il existe un club important.»

15h00: A fond les lattes «Le télémark est peu médiatisé mais en Suisse les sports de neige ont une grande signification et nous sommes soutenus par Swiss-Ski à un niveau déjà important. L’introduction du parallèle a réduit les écarts, on a moins le droit à la faute.»

18h00: Force, souplesse et vitesse «La gym, j'en fais deux ou trois fois par semaine. Je participe même aux championnats suisses aux agrès. C'est un entraînement très complet pour la force, la souplesse, la vitesse, la mobilité et la prévention des blessures. Le télémark demande plus d'équilibre que le ski alpin, on ne fait pas le même mouvement avec les deux jambes: d'un côté on appuie sur les orteils, et de l'autre sur tout le pied.»

21h00: Le soin du matériel«On utilise des skis de slalom géant sur lesquels on pose une plaque et une fixation qui permet de lever le talon. D'avoir le talon libre ça donne une petite insécurité, un paramètre en plus avec lequel jouer.»

En vidéo: l'histoire du télémark

Texte © Migros Magazine – Laurent Nicolet

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Isabelle Favre