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4 mars 2013

Des animaux bien traités chez Knie

Le cirque Knie reprend la route avec son spectacle «Emotions». Géraldine Knie, directrice artistique, et Franco Knie junior, directeur technique, nous parlent de leurs enfants, des arcanes du métier et de la protection des animaux.

Franco Knie junior avec son éléphant dehors
Franco Knie junior: «Le premier coup de pioche pour
le nouveau parc des éléphants à Rapperswil (SG) est prévu pour cette année!» (Photo: Samuel Trümpy)

Franco Knie junior, la première de votre nouveau spectacle aura lieu dans deux semaines à Rapperswil (SG). Etes-vous excité à l’idée de cette représentation?

Je ne suis pas encore trop nerveux. Mais la tension va croître quand nous monterons la tente, quand les animaux déménageront et quand nous testerons le son ainsi que les éclairages. La plupart des artistes ne nous rejoignent, eux, qu’une semaine avant le début du spectacle.

Géraldine et Franco Junior Knie semblent s'entendre comme des larons en foire et n'ont rien à se reprocher sur la tenue de leurs animaux. (Photo: Samuel Trümpy)
Géraldine et Franco Junior Knie semblent s'entendre comme des larons en foire et n'ont rien à se reprocher sur la tenue de leurs animaux. (Photo: Samuel Trümpy)

Comment s’opère le choix des artistes?

Beaucoup postulent auprès de nous par courrier, en nous remettant des DVD ou en nous signalant des renvois sur Youtube. Durant l’hiver, Fredy et Géraldine, en tant que directrice artistique, assistent aux spectacles des divers cirques de Noël ou de Nouvel-An. Ils observent les artistes. Le monde du cirque est petit. On se connaît tous.

Quelles sont les nouveautés du programme 2013 par rapport aux années précédentes? Suscitez-vous vraiment des émotions, comme le titre de votre spectacle l’indique?

A n’en pas douter, grâce à nos animaux! Géraldine avec ses chevaux et moi avec mes éléphants.

Cela ne change pas beaucoup d’une année à l’autre?

Nous introduisons chaque année un nouveau numéro qui permet aux spectateurs de réaliser combien les animaux sont intelligents, attentifs et habiles. S’agissant des éléphants, on observe toujours combien ils sont attentionnés avec les enfants. Outre les animaux, des trapézistes coréens vont présenter un quadruple salto. On ne voit pas cela tous les jours. Un artiste va aussi plonger tête en avant et sans être assuré à partir du toit du chapiteau. Et nous avons encore un numéro de perroquets intitulé «Emo­tions». Je ne peux malheureusement pas en dire davantage pour le moment.

Cette année, l’humoriste grison Claudio Zuccolini fait partie du spectacle. Selon quels critères choisissez-vous les comiques? Ils ne sont guère nombreux en Suisse…

C’est effectivement une opération difficile et c’est aussi un risque que nous assumons. En particulier, nous ignorons si un comique qui a du succès seul sur une scène va réussir le saut dans une arène de cirque.

Malheureusement le nombre de clowns de cirque traditionnels est très restreint. C’est une espèce en voie de disparition.

Encore une fois, comment choisissez-vous les comiques?

Franco Knie: Posez la question à ma cousine Géraldine (ndlr: qui arrive précisément pour l’interview).

Vous effectuez un numéro de bascule avec votre fils Chris Rui qui, à l’âge de 7 ans seulement, est le plus jeune dompteur d’éléphants du monde...

F.K. Nous commençons par une prestation classique dans laquelle intervient mon fils. Puis l’acrobatie prend le dessus. Les «Fratelli Errani» se font catapulter en l’air par les éléphants. Nous exécutons des figures incroyables.

Votre fils est-il déjà tendu?

F.K. Non, absolument pas.

Nous traitons nos animaux aussi bien que nos enfants!

Comment vous y prenez-vous pour les former?

F.K. En jouant. S’ils ne veulent pas participer, nous ne les forçons pas. Par chance, il se trouve que nos enfants adorent le cirque.

Et si, ultérieurement, ils devaient tourner le dos à cet univers?

F.K. On en serait désolés. Mais encore une fois, nous ne pouvons pas les contraindre. Nous-mêmes avons été libres de choisir… Plus sérieusement: je compte sur la fibre du cirque qui anime chacun de nous.

N’avez-vous jamais peur pour vos enfants? Après tout même les animaux dressés peuvent être imprévisibles?

G.K. Je ne placerais jamais mon fils Ivan sur le dos d’un cheval inconnu. Mais mes animaux, je les connais. Naturellement, un incident peut toujours se produire. Il en va de même lorsque des gosses jouent ou pratiquent un sport.

Donc vous n’avez aucune crainte?

G.K. Si nous n’avons guère d’angoisses, nous sommes tout de même prudents. A défaut, nous ne demanderions pas à nos enfants de participer au spectacle.

Comment se passe la journée ordinaire d’un enfant du cirque Knie?

G.K. Durant l’hiver, mon fils Ivan, 11 ans, et le fils de Franco, Chris, fréquentent une école privée des bords du lac de Zurich. Nous pratiquons beaucoup les langues étrangères. Outre l’allemand, Ivan parle déjà parfaitement trois autres langues: l’italien grâce à son père, le français grâce à moi et l’anglais grâce à sa nanny. Il comprend aussi des rudiments de russe et de chinois.

Une belle conivence déclinée en noir et blanc (Photo: Nicole Bökhaus)
Une belle conivence déclinée en noir et blanc (Photo: Nicole Bökhaus)

Changeons de sujet. Par les temps qui courent, dresser des animaux dans un cirque ne constitue-t-il pas une hérésie?

F.K. Aujourd’hui la tendance est à la critique généralisée. Hélas, les pourfendeurs du cirque n’ont aucune idée du sujet. Il n’est pas possible de discuter avec eux. Depuis 1935, ce que nous faisons avec les animaux est rendu public. Nous n’avons rien à cacher et sommes ouverts ainsi que transparents. Nous détenons et dressons les animaux en fonction des toutes dernières connaissances scientifiques en la matière et remarquons d’emblée si un animal ne se sent pas bien.

Nos animaux vivent plus longtemps que dans la nature ou dans un zoo.
– Franco Knie Junior

Au Sri Lanka, le cirque Knie soutient le projet «Wasaba» en faveur des éléphants d’Asie. Pour quelles raisons?

F.K. Nous examinons ce que nous pouvons faire pour la protection de l’espèce. Malheureusement, même s’il est convaincant, le projet ne bénéficie pas d’un fort soutien public.

N’avez-vous pas également en projet un parc d’éléphants à Rapperswil?

F.K. Le premier coup de pioche devrait être donné ces prochaines semaines. Nous nous demandons si nous voulons élever nous-mêmes les animaux. Cela prendrait beaucoup d’espace. Actuellement, nous avons neuf éléphants qui se trouvent dans des abris pour l’hiver. En 2005, nous avons considérablement agrandi cette surface, qui représente presque 1000 mètres carrés et à laquelle il faut ajouter plus de 6000 mètres carrés de terrains en plein air. Cette année trois éléphantes réapparaissent dans le spectacle.

D’où viennent vos éléphants?

F.K. Ils proviennent d’élevages en Asie et sont les représentants de la deuxième génération de bêtes nées en captivité. Comme certains éléphants atteignent l’âge de 60 ans, nous travaillons pour ainsi dire toute notre vie avec eux.

Comme dompteuse et amoureuse des animaux, vous avez dit jadis que votre fils Ivan Frédéric était et restait le plus important dans votre vie. Et aujourd’hui?

G.K. Aujourd’hui il doit partager la première place avec sa sœur (rires).

Quelle place pour votre mari et vos animaux?

F.K. Ma cousine a un grand cœur!

Votre mari, Maycol Errani, est un artiste. Qu’est-ce qui vous attire tant chez eux?

G.K. (Rires) L’amour du cirque est ce qui nous unit mon mari et moi. Nous sommes sur la même longueur d’onde.

Quelle part de sphère privée le cirque vous laisse-t-il?

G.K. Chacun vit dans sa caravane. Nous respectons la vie privée des uns et des autres. Mon fils adore son cousin et lui rend souvent visite pour jouer à la Play­station.