Archives
15 février 2016

Le sentier du dahu, à petits pas

Balade facile et ensoleillée sur les hauteurs d’Anzère (VS) où la convivialité n’est jamais loin.

Cette randonnée près des pistes de ski d’Anzère (VS) est l’occasion d’admirer un magnifique panorama, comme ici en redescendant vers le hameau de Grillesse.
Cette randonnée près des pistes de ski d’Anzère (VS) est l’occasion d’admirer un magnifique panorama, comme ici en redescendant vers le hameau de Grillesse.
Amélie Mudry, collaboratrice à l'office du tourisme d'Anzère.
Amélie Mudry, collaboratrice à l'office du tourisme d'Anzère.

Evidemment, le nom constitue déjà un appel vers les sommets. Qui ne connaît pas le dahu, cet animal mythique qui a les pattes plus petites en amont, remarquable évolution envers son environnement escarpé. Même si curieusement les Pyrénéens revendiquent également sa paternité (mais a-t-il là-bas une queue de vache et des oreilles de saint-bernard?), c’est bien aux Alpes valaisannes que le quadrupède doit toute sa célébrité. Et pourquoi pas à Anzère (VS), où nous cheminons sur ce sentier qui porte son nom. «Parce que c’est un joli clin d’œil», explique Amélie Mudry, collaboratrice à Anzère Tourisme. A moins que ce ne soit parce que plusieurs portions du cheminement traversent des pistes transversalement, et que dans ce cas une jambe plus courte doit être fort utile.

Un sentier praticable sans équipement

Pour le départ, c’est au choix: les courageux démarrent à côté de la caisse des télécabines, qui est aussi le point d’arrivée de cette boucle de quelques kilomètres. Cette première montée s’avère assez raide et sans doute davantage recommandable à la belle saison qu’en hiver. Surtout cette année où la pluie remplace la neige ou la rend un peu cartonneuse. D’autant que le «Dahu Tour», son nom officiel, «se pratique en principe à pied sans nécessiter d’équipement particulier de type raquettes. Même si naturellement il reste possible d’en utiliser.

Ici, une illustration du livre «Le dahu, l’intégral» de Patrick Leroy (Ed. du Mont, en vente sur exlibris.ch).
Ici, une illustration du livre «Le dahu, l’intégral» de Patrick Leroy (Ed. du Mont, en vente sur exlibris.ch).

Ici, une illustration du livre «Le dahu, l’intégral» de Patrick Leroy (Ed. du Mont, en vente sur exlibris.ch).

Dans la télécabine, il ne faut pas monter jusqu’au terminus du Pas-de-Maimbré (2362 mètres), mais s’arrêter à la station intermédiaire. Où, avec un peu de chance, vous croiserez le sympathique mais toujours vigilant Gerald Prior-Palmer, responsable des installations de Télé Anzère, jamais avare de conseils avec ce petit truc en plus, un accent aux origines irlandaises. C’est d’ailleurs lui qui nous apprend que la route des Luys est fermée. Nous passerons donc à flanc de pistes – d’abord celle des Masques puis celles des Luys – jusqu’à la buvette des écuries de Tsalan où James Brown chaloupe nos pas alors que nous longeons la terrasse.

La version courte du «Dahu Tour» est accessible à tout un chacun.
La version courte du «Dahu Tour» est accessible à tout un chacun.

Direction maintenant la piste de la Combe où nous décidons un petit crochet par la fameuse buvette Hot Point. Le patron, c’est Félix Beney, «depuis seize ans l’hiver ici», où il organise de folles soirées jusque parfois tard dans la nuit. «Du coup, j’ai aménagé quelques lits pour ceux qui préfèrent la terminer sur place», sourit-il avec un clin d’œil. Entre la clientèle fidèle et les nouveaux venus, il n’a pas trop le temps de s’ennuyer et dort même parfois sur place lui-même le week-end. «Cela m’aide à ne pas m’ennuyer de mes vaches, que je ne vois pas trop durant la saison froide.»

En repartant (avec peine), le parcours se poursuit en direction du hameau de Grillesse en dessous du télésiège 4 places du même nom qui constitue l’espace central du domaine skiable d’Anzère, entièrement rénové en 2012. A défaut de dahu, nous y croisons Thérésia et Paulette, deux retraitées d’Ayent (VS) adeptes régulières de grand air et de peau de phoque. La seconde n’est pas très en forme aujourd’hui et seule la perspective d’une halte gourmande chez Félix redonne de l’énergie au duo.

Un dahu à l’arrivée...

Après une belle descente – les quelques raidillons de piste constituent, au fond, les seules petites difficultés du parcours – le retour vers la station emprunte une partie d’une autre balade, celle qui longe le bisse de Sion, sur un petit sentier charmant en faux plat. De là, part la belle montée vers le barrage voûte de Zeuzier (aussi appelé Rawyl, 1777 mètres d’altitude), au fond du vallon de la Lienne. Ce sera naturellement pour une autre fois. Car voici déjà la place du village d’Anzère et la petite piste de ski prisée des jeunes enfants. «Et bien sûr, l’arrivée se fait au célèbre Dahu Bar, à côté des remontées mécaniques, véritable institution de l’après-ski ici», se réjouit Amélie Mudry. 

© Migros Magazine - Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Isabelle Favre