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27 juillet 2015

Apple Watch: le test

Nous avons passé plusieurs jours avec la montre connectée du géant à la pomme au poignet. Histoire de saisir quelle réalité se cachait derrière l’expérience augmentée promise par la marque.

Une Apple Watch
Une Apple Watch. (Photo: DR)

Après des mois d’attente, l’Apple Watch est en Suisse depuis le 26 juin (modèle le moins cher, baptisé Sport: Fr. 389.-) Avec, pour le géant à la pomme, peu ou prou la même ambition que l’Iphone en son temps: révolutionner le genre. Du côté du monde horloger, l’effervescence suscitée et l’ampleur de la riposte annoncée (Jean-Claude Biver en tête du côté de Tag-Heuer) montrent combien cette ambition est prise très au sérieux. Il faudra attendre un peu pour connaître le degré d’engouement des consommateurs. S’agissant d’une montre connectée, et non d’un appareil d’un genre nouveau à part entière, il paraît normal que la sortie de l’Apple Watch n’ait pas provoqué l’hystérie observée par l’Iphone ou l’Ipad.

Apple promet une «expérience totalement nouvelle dans la manière d’interagir avec les informations importantes, dans l’immédiateté de la communication avec vos proches». La montre connectée de Cupertino doit clairement «redéfinir ce qu’une montre est capable de faire», parfait prolongement de l’Iphone visible en tout temps, capable notamment de «vous aider à vivre une vie saine et plus active» grâce aux applications santé couplées à un capteur au dos du boîtier, et donc en contact direct avec la peau.

Bien plus qu’une télécommande

Esthétiquement, l’exercice s’avère plutôt réussi. En 38 mm et surtout en 42 mm, le boîtier acier (ou aluminium sur certaines éditions) est fin et léger, se faisant oublier au poignet. Apple n’a pas négligé la personnalisation, avec trois collections et surtout des bracelets facilement interchangeables sans outil, ou avec plusieurs cadrans d’horloge différents aux multiples possibilités de changement. La montre d’Apple apparaît clairement comme la plus jolie des montres connectées. Reste qu’au pays de l’horlogerie mécanique, l’amoureux de belles montres n’y trouvera clairement pas son compte.

Mais ce dernier ne constitue sans doute pas le public cible. Que l’on imagine plutôt jeune, urbain et forcément avide de technologie et de connectivité. Et sur ces deux derniers points, c’est carton plein: si de prime abord, le commun des mortels peut penser qu’il ne s’agit au fond que d’une sorte de télécommande, les geeks convaincus répondront que ses fonctionnalités vont bien au-delà, puisque ce petit boîtier high tech se dirige grâce au GPS et à Plans, reçoit les notifications de son agenda, accède en un tour de couronne à nos contacts préférés. Auxquels il téléphonera si on le souhaite. Un peu bizarre de voir quelqu’un parler à son poignet? Là aussi, peut-être qu’il ne s’agit que d’une question d’habitude. Et qu’un jour, on se demandera comment on a pu s’en passer. Mais l’heure de l’Apple Watch est-elle réellement venue? Finalement, ce sont les chiffres de vente qui donneront la réponse. 

Texte © Migros Magazine – Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey