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21 octobre 2013

Après l’indigence, la vie

Au Tibet, les villages Tadra accueillent des orphelins qui luttent pour survivre. Le Fonds d’aide de Migros contribue à offrir à ces enfants un avenir meilleur.

Enfants tibétains
Vivant dans le plus grand dénuement, les orphelins sont 
vêtus de haillons et se nourrissent des déchets qu’ils trouvent.

En faisant ses bagages, le Fribourgeois Beat Renz, expert en marketing, n’avait qu’une idée: échapper à son quotidien professionnel et retrouver la paix intérieure en partant à la découverte d’un monde fondamentalement différent. Il s’est donc envolé pour le Tibet en rêvant de randonnées autour du légendaire Mont-Kailash, sommet sacré culminant à plus de 6600 mètres.

Mais loin de lui apporter la sérénité, ce périple entrepris en 2002 l’a bouleversé: l’aventurier, aujourd’hui âgé de 51 ans, y a rencontré un groupe d’orphelins sans abri. «Je n’avais jamais été témoin d’une telle misère. Ces garçons et ces filles se nourrissaient des déchets qu’ils trouvaient et s’enveloppaient tant bien que mal dans des guenilles pour se protéger du froid glacial.»

Dans les villages Tadra où le Fribourgeois Beat Renz (au centre) s’engage bénévolement, les enfants retrouvent très vite le sourire.

Au Tibet, la plupart des enfants abandonnés sont issus de familles de nomades vivant de l'élevage de yaks. Ces populations, divisées en petites communautés dispersées, se déplacent sur d'immenses hauts plateaux. Lorsqu’il arrive quelque chose aux parents, les petits sont souvent livrés à eux-mêmes, dans un climat particulièrement rude: en hiver, dans leur région d’origine, la température peut descendre jusqu’à -30 °C degrés.

Beaucoup d’enfants Tadra apprennent un vrai métier

Beat Renz tenait absolument à aider ces orphelins. Il finit par entendre parler de deux villages Tadra dans l’est du pays. Ces modestes habitations de bois et de béton offrent aux enfants dans le besoin un nouveau foyer. «Pour la première fois, leur survie est assurée, explique le Fribourgeois. On leur donne un toit, des vêtements et de la nourriture.» Les orphelins sont scolarisés et nombre d’entre eux suivent une formation manuelle de couturiers, tapissiers ou peintres. Mais la plupart des enfants Tadra fréquentent ensuite d’autres écoles et beaucoup embrassent le métier d’enseignant.

Le projet Tadra a été conçu et développé en 1995 par Lobsang Palden Tawo. Ce médecin d’origine tibétaine de 62 ans s’est inspiré des villages d’enfants Pestalozzi où il a lui-même grandi.

Depuis 2006, Beat Renz joue lui aussi un rôle central dans le fonctionnement des villages Tadra: il entretient des contacts avec les médias, cherche activement des fonds et se rend régulièrement dans l’est du Tibet parallèlement à son travail d’expert en marketing. Depuis qu’il est impliqué dans le projet, les villages n’ont cessé de se développer et accueillent environ 500 enfants.

C’est notamment grâce à lui que le Fonds d’aide de Migros est entré en scène. Cette institution distribue chaque année un million de francs à différents projets soigneusement sélectionnés, en Suisse et à l’étranger. L’an dernier, le fonds a attribué 50 000 francs aux villages Tadra.

Mais qu’est-ce qui pousse le Fribourgeois à s’engager aussi activement dans cette région si lointaine? «La métamorphose de ces gamins. Lorsqu’ils arrivent, ils sont marqués par la vie: leurs visages sont fermés et il est impossible de les faire rire. Le soutien et l’attention qu’ils reçoivent leur permettent réellement de s’épanouir.»

Auteur: Michael West