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13 octobre 2016

Les poux, terreurs des préaux

A chaque rentrée c’est la même histoire: les petites bêtes qui démangent colonisent les têtes des écoliers. Pourtant, quelques mesures ciblées pourraient limiter la contamination.

Fillette se grattant la tête
(Photo: Getty Images)

Ça commence par des démangeaisons, puis les gratouillis se font plus fréquents. D’une tête, on passe à deux, puis trois, puis toute la classe, les frères et sœurs, voire même papa et maman. Ça y est, les poux sont de retour.

Terreur des enseignants et des parents, ces petits insectes parasites de la taille d’une tête d’épingle qui se nourrissent de sang calquent leur rentrée sur le calendrier scolaire. Mais pourquoi donc se manifestent-ils à ce moment sur les têtes des écoliers?

Relâchement de vigilance et mélange des populations sont les deux coupables de cette recrudescence, pointe la parasitologue et docteure en sciences française Catherine Combescot. «Durant les vacances les parents vérifient un peu moins la tête de leurs enfants. On se déplace, voyage et croise d’autres enfants peut-être porteurs de poux.»

Spécialiste du sujet mondialement reconnue, elle a fondé il y a quelques années SOS Poux et ne cesse depuis de prôner la bonne parole dans l’espoir de tordre le cou aux vagues d’épidémies qui empoisonnent la vie des petits et des grands. Mais pour cela, la rigueur est de mise, avertit-elle. «Les règles de traitement doivent être scrupuleusement respectées sinon tout ce que aurez fait ne servira à rien (lire ci-contre)!

Foin de shampoing préventif ou d’huile essentielle de lavande: «Ça ne marche pas, martèle-t-elle.» La seule chose est à faire est de traiter tout le monde en même temps afin de briser le cycle infernal et d’éviter la recontamination.

«Entre ceux qui ne disent pas que leur enfant a eu des poux, de peur de passer pour des gens sales, et ceux qui traitent leurs enfants à des jours différents, il est impossible de remédier sérieusement à l’épidémie.»

Un sujet explosif

«Quelle horreur! C’est la pire situation qui soit!» s’exclame Véronique, maman de Nina et Mélanie (prénoms d’emprunts)lorsqu’on lui demande si le cuir chevelu de ses deux filles a déjà été colonisé par les petites bêtes qui grattent.

L’aînée en a eu quatre fois de suite et à chaque fois que nous pensions en être débarrassés, cela recommençait.»

Entre shampoing, lavage de couettes et d’oreillers, désinfection des doudous et autres peluches, le bilan est lourd.

Y aurait-il des têtes à poux? «On ne peut pas le nier, reconnaît Catherine Combescot, mais on ne sait à quoi cela est dû. Peut-être s’agit-il d’une température du crâne plus élevée ou d’une composition sanguine légèrement différente.»

Contrairement à ce qu’on croit souvent, les poux ne volent pas et ne sautent pas non plus.

C’est s’agrippant à l’aide de leur six pattes terminées par une pince qu’ils passent d’un cheveu à l’autre. Preuve qu’il n’est pas si facile de se débarrasser d’eux.

«Si le produit nécessite deux applications, c’est fichu, avertit la spécialiste, car cela signifie qu’il tue les poux déjà éclos mais pas les lentes. Lors du deuxième traitement, le produit tuera les poux éclos entre les deux traitements, mais une recontamination des individus entre eux reste possible.»

Mieux vaut donc être vigilant. Ou alors, accepter, telle certaines familles découragées face aux échecs à répétitions, de vivre avec ces parasites...

Texte © Migros Magazine – Viviane Menétrey

Auteur: Viviane Menétrey