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17 octobre 2016

Au-delà des clichés

Pour Migros, il n’y a pas de métiers typiquement masculins ou féminins. Ainsi, une femme peut très bien devenir conductrice de poids lourds et un homme vendeur en bijouterie.

Quentin Morel
«Malgré les stéréotypes, je pense que chacun est libre de faire ce qui lui plaît professionnellement.», Quentin Morel.


Quentin Morel, 21 ans

Apprenti gestionnaire de commerce de détail en conseil à la clientèle
«J’ai choisi de faire cette formation tout d’abord parce qu’il y a beaucoup de contact avec les clients. J’apprécie le fait qu’on puisse les conseiller et les aider à réaliser un achat dont ils seront pleinement satisfaits. Je n’ai jamais pensé qu’être un homme puisse poser problème dans le monde de la bijouterie. Au contraire, comme toutes mes collègues sont des femmes, j’apporte un regard et un avis différents qui sont souvent très appréciés. Et cela non seulement auprès des clients hommes, mais aussi auprès de la gent féminine. En effet, un compliment est encore plus apprécié des femmes lorsqu’il vient d’un homme. Elles se sentent davantage valorisées.»
«Je sers également parfois de modèle. Une fois par exemple, j’ai aidé une dame à trouver un bracelet pour son mari. En le voyant sur moi, elle a pu se faire une idée et choisir ensuite la taille et le modèle qui convenait. Au final, malgré les stéréotypes, je pense que chacun est libre de faire ce qui lui plaît
professionnellement.»


Nadine Sigrist, 19 ans

Apprentie conductrice de véhicules lourds

Si «conductrice de véhicules lourds» est l’appellation officielle de la formation suivie par Nadine Sigrist, le terme de «chauffeuse de camions» est plus parlant. La jeune fille transporte en effet des denrées alimentaires et d’autres articles pour Migros. Sa journée de travail commence avant l’aurore. Les camions sont chargés de nuit avant d’être dirigés vers les magasins. A Zurich, Migros emploie quelque cent chauffeurs, dont cinq sont des femmes. «J’ai postulé à Migros parce que je voulais être apprentie, et pas une main-d’œuvre bon marché. L’aspect genré de cette profession n’a joué aucun rôle dans ma décision. Si j’ai choisi cette orientation, c’est que mon père est lui-même conducteur de camion et que j’ai grandi en rêvant de pouvoir à mon tour sillonner les routes.»
L’apprentie est très contente de son environnement de travail: «A Migros, je suis très bien accompagnée, et tous mes collègues trouvent génial que des femmes apprennent le métier.» D’ailleurs, il n’y a pas de différences entre les deux sexes, si ce n’est, peut-être, dans la façon de conduire: les femmes effectueraient leurs manœuvres avec davantage de prudence.
Nadine Sigrist est actuellement en deuxième année de cursus. «Je me rappelle encore parfaitement le premier trajet que j’ai effectué seule. C’était sur la route de Bonstetten (ZH). Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit, mais une fois installée au volant, j’avais un sourire jusqu’aux oreilles.»


Shana Frezza, 19 ans

Apprentie menuisière

Shana Frezza a commencé son apprentissage de menuisière à Migros Aar il y a seulement un peu plus d’un mois, mais le fonctionnement d’un atelier n’a déjà plus de secrets pour elle. Elle a en effet déjà effectué un apprentissage de deux ans avec attestation fédérale de formation professionnelle (AFP) dans ce domaine. «J’aime beaucoup les activités manuelles, elles permettent de se rendre constamment compte du travail accompli. C’est pour cela que je n’ai pas vraiment hésité à poursuivre ma formation AFP par quatre années d’apprentissage au sein de Migros.» D’autant que l’idée d’être employée par le groupe l’attirait: «Je voulais découvrir les coulisses d’une entreprise de cette taille.»
Les meubles qu’elle fabrique sont souvent faits sur mesure, pour s’adapter aux bureaux et aux magasins de Migros. Pour Shana Frezza, le fait de n’avoir pratiquement que des collègues hommes est une bonne chose: «La collaboration est facile, les rapports sont directs et francs. Cela me convient bien.»
Aujourd’hui, la jeune fille de 19 ans se trouve comme un poisson dans l’eau dans l’univers très largement masculin de la menuiserie: «Mais lorsque j’ai commencé ma formation AFP, j’ai parfois fait les frais de certains préjugés, notamment sur les chantiers. Les autres ne me prenaient pas tellement au sérieux professionnellement parlant – jusqu’à ce qu’ils voient ma façon de travailler.»
A Migros, où Shana Frezza s’entend avec toute l’équipe: «Pour moi, travailler avec un homme ou une femme ne fait aucune différence.»

Infos et candidatures sur le site www.new-talents.ch/fr

Auteur: Estelle Dorsaz, Thomas Tobler

Photographe: Gaby Vogt, Dominique Smaz