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30 septembre 2013

Au plus près des troupeaux

Dans le cadre d’un camp pour les jeunes du WWF, un groupe d’enfants attaché à la protection de l’environnement a appris comment l’homme et les prédateurs peuvent coexister en bonne intelligence dans l’espace alpin.

Jeizinen, petit hameau valaisan sur les hauteurs de Gampel. Il est 9 heures passées de quelques minutes, et le soleil de l’été chasse les derniers nuages laissés par la nuit. Tout est calme. Seuls les éclats de rire des enfants logés dans la grande demeure bourgeoise, située en bordure du village, viennent troubler la quiétude des lieux. A l’intérieur de la maison, l’effervescence est à son comble: la vingtaine d’occupants se prépare pour une journée riche en événements.

Cette année, le WWF a établi l’un de ses camps pour les jeunes (voir aussi en bas de page) à Jeizinen, avec pour thème la vie des troupeaux. Certains prédateurs tels que l’ours et le loup sont en effet de retour dans les montagnes suisses après une longue absence.

Pour permettre la coexistence pacifique des hommes et des animaux, le WWF s’engage en faveur d’une protection efficace des moutons et des chèvres sur les pâturages estivaux.

Le bâton de berger, un appui indispensable

A Jeizinen, la maisonnée est dirigée par Paula Borer, responsable de l’ensemble de l’offre de camps au WWF. «Je tiens à être sur le terrain une fois par an, confie cette collaboratrice enthousiaste de 30 ans, sourire aux lèvres. Cela me permet d’être en première ligne et de passer du temps avec nos jeunes membres. Ici, nous voulons montrer aux enfants la façon dont l’homme peut cohabiter avec les animaux sauvages et quels sont les tâches du berger.» Le choix de Jeizinen ne doit rien au hasard: on trouve ici un centre de protection des troupeaux spécialisé dans l’élevage et la formation de chiens de berger.

Au programme aujourd’hui: une randonnée sur l’alpage, qui permettra aux enfants d’observer les chiens ainsi que les moutons.

Les jeunes en train de lire une carte près du poteau des panneaux indicateurs des destinations de randonnée.
A la conquête des Alpes valaisannes: les jeunes marcheurs ont sculpté eux-mêmes leur bâton. Et comme tout berger digne de ce nom, ils ont aussi appris à lire une carte.

Une fois tout le monde rassemblé, la petite troupe se met en route. Le bruit des bâtons, que les participants ont sculpté la veille, résonne sur les pavés. «Les bergers en ont besoin pour grimper les côtes abruptes», explique Paula Borer, avant de lancer à la cantonade: «Montrez-moi comment on s’en sert!» Les enfants coincent alors le bâton sous leur aisselle et s’en servent de béquille pour dévaler la pente, les épaules légèrement en arrière.

Les chiens, membres du troupeau

Juste avant l’heure du dîner, le groupe arrive à l’entrée d’un grand pâturage. Un panneau vert attire l’attention des marcheurs sur la présence de chiens de troupeau, et la directrice du camp rappelle à tous le comportement à adopter avec ces derniers.

Dès leur naissance, ces animaux vivent parmi les moutons. Ce lien social étroit est en effet indispensable. En revanche, les relations avec les hommes se limitent au strict minimum. C’est pourquoi la protection est si efficace: les chiens ont le sentiment de faire partie du troupeau. Leur présence suffit à éloigner les loups, toujours sur leurs gardes.

Les bergers en herbe sont d’abord déçus: il n’y a pas un seul animal à l’horizon. Mais soudain, l’un d’eux s’écrie: «Là-haut, je vois deux chiens entre les arbres!»

Le chien de troupeau à l'ombre d'un arbre.
Les randonneurs s’approchent de ce vieux chien de troupeau, qui ne se laisse pas impressionner.

Le groupe s’approche prudemment du versant arboré. Craintifs, les moutons sont depuis longtemps repartis en direction du bois, escortés par les chiens que l’on entend aboyer au loin. Seul l’un d’eux, plus âgé que les autres, ne s’est pas laissé perturber: il est tranquillement allongé sous un arbre. «Celui-là, au moins, est resté pour nous», plaisante Paula Borer.

Malgré tout, les enfants semblent avoir apprécié l’expérience. C’est en papotant et en riant qu’ils empruntent le chemin du retour.

Migros soutient les camps Nature pour les jeunes du WWF

En 2014, le WWF Suisse proposera à nouveau un vaste choix de camps pour les enfants et adolescents âgés de 7 à 18 ans ainsi que leurs familles, et ce, avec le soutien de Migros. Depuis 2009, le distributeur est en effet le principal sponsor des programmes pédagogiques destinés aux jeunes de l’organisation environnementale. Seule condition pour pouvoir participer à ces camps: être membre du WWF. Le nouveau programme est publié chaque année fin février.

Auteur: Annette Boutellier, Andreas Dürrenberger