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8 septembre 2014

Mon enfant ne veut plus rien manger!

Vers l’âge de 2 ans, nombreux sont les enfants qui deviennent sélectifs à l’heure des repas. Une phase classique dans le développement, à gérer avec un peu de patience et d’inventivité.

Enfant qui mange spaghetti
Pas de panique! Cette sélectivité poussée des aliments ne dure généralement qu’un à deux ans. (Photo: Plainpicture/Øyvind Markusse)

Entre ceux qui ne jurent que par les pâtes sauce tomate, ceux qui acceptent de manger des carottes, mais uniquement quand elles sont crues et coupées en bâtonnets, et ceux qui, sur une lubie, n’avalent rien d’autre que du lait pendant plusieurs semaines d’affilée, certains rejetons mènent vraiment la vie dure à leurs parents à l’heure des repas...

Nicoletta Bianchi, diététicienne au CHUV

Une phase classique du développement de l’enfant de 1 an et demi à 3 ans, nous explique Nicoletta Bianchi, diététicienne au CHUV et co-auteur de l’ouvrage A table! Guide-conseil pour l’alimentation en famille. «Alors qu’avant il mangeait de tout, il refuse soudainement les légumes verts ou tous les aliments colorés, ne se nourrissant que de pâtes, de pain et de yogourt. En fait, cette attitude traduit une peur de l’inconnu, propre à cet âge. Nous parlons alors de néophobie alimentaire.»

Et de souligner que cette sélectivité parfois poussée touche les petits à des degrés différents, certains se contentant de bouder choux de Bruxelles, haricots ou pommes de terre, tandis que d’autres sont nettement plus difficiles et rejettent une catégorie entière d’aliments.

Mais en vingt-cinq ans de pratique, je n’ai jamais rencontré d’enfant qui ne mangeait plus que des pâtes ou du riz, nuance la diététicienne.

Et dans la plupart des cas, il s’agit d’une phase transitoire, qui dure en moyenne un ou deux ans.» Elle reconnaît toutefois avoir déjà reçu des patients de 15 ans affichant toujours le même élitisme culinaire.

Aux parents de donner l’exemple

La meilleure tactique à adopter lorsque votre poussin de 2 ans refuse catégoriquement d’avaler sa purée? «Le point le plus important, c’est de donner l’exem­ple, souligne Nicoletta Bianchi. Si l’un des parents refuse lui-même de manger des légumes, ce sera difficile de convaincre l’enfant que c’est bon pour sa santé.» De même, il est primordial que pères et mères adoptent la même diversité alimentaire qu’ils prônent à leurs têtes blondes, brunes ou rousses.

Autre mot d’ordre: ne pas se décourager. «L’enfant est à un âge où il fait son apprentissage du goût. Il faut parfois lui présenter le même mets à plusieurs reprises, avant qu’il n’en vienne à l’apprécier.» Ainsi, même si un drame éclate à chaque fois que des brocolis se sont aventurés sur la table à manger, il ne s’agit pas de bannir à jamais ce légume de votre cuisine. Et comment gérer ces drames, justement?

Evitez de le forcer à finir son assiette, de menacer de le punir ou de lui promettre une récompense s’il mange toute sa salade.»

Tout en admettant que la situation n’est pas toujours facile à appréhender, la diététicienne recommande d’inciter les petits à goûter au moins une ou deux bouchées. Et de favoriser le jeu, la découverte culinaire, en amenant l’enfant au marché pour choisir les légumes, en l’intégrant dans la préparation des repas, etc. «Une autre solution sera de varier la présentation des aliments, de proposer les courgettes et les aubergines sous forme de coulis par exemple.»

Quant à l’inquiétude de certains parents face à une sélectivité excessive de leur enfant (risque-t-il une carence en vitamines, voire des problèmes de développement?), là encore, Nicoletta Bian­chi se veut rassurante: «Il suffit par exemple de s’assurer qu’il mange suffisamment de fruits s’il rechigne à avaler ses légumes. Et si vraiment la situation devient extrême, une petite visite chez le pédiatre ou la diététicienne s’avérera peut être utile...»

© Migros Magazine – Tania Araman

Auteur: Tania Araman