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17 août 2015

Bad trip… advisor

Martina Chyba a déniché pour nous quelques perles parmi les commentaires des internautes sur les sites dédiés aux voyages tels que Tripadvisor ou Booking.com.

Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.
Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

J’ai adoré les vacances. Je crois que je suis faite pour ça. C’est con, vu la configuration de mon emploi du temps, être faite pour le boulot serait plus adéquat. Mais voilà, je suis toujours contente de m’exfiltrer de ma vie pour aller ailleurs même s’il fait trop chaud, trop froid, si c’est trop cher, si j’attrape une bactérie fécale à cause d’un kebab ou un torticolis à cause de la clim ou s’il y a un cafard dans la salle de bain. Au pire, ça fait des souvenirs marrants.

Et, si le Wi-Fi fonctionne, je dispose désormais d’un facteur de détente supplémentaire pendant mes voyages. C’est de lire les commentaires des gens sur des sites du genre Tripadvisor ou Booking.com . Bon, il y a plein de faux payés par les hôteliers ou les restaurateurs, donc les comptes rendus idylliques où on mangerait même dans les toilettes tellement c’est propre sont éminemment suspects.

Mais il y a le reste. Ceux qui sont traduits par un algorithme par exemple, véritables poèmes: «Le frigo était actif mais cela signifiait que vous avez besoin d’être très élevé pour atteindre toutes les endroits de l’armoire». Ce sont souvent les Britanniques qui remportent la palme du meilleur commentaire critique, comme celui-là, mondialement connu: «Great beach. Just too sandy.» Superbe plage, juste un peu trop de sable. Mais les Français se défendent fort bien. Un des gros problèmes qu’ils rencontrent est le fait que le personnel ne parle pas français, justement. C’est vraiment un monde ça, on va à l’étranger et les gens ne parlent pas notre langue!

Dans la même veine, il y a «cet hôtel ne mérite pas ses 5 étoiles, peut-être que pour ici ça va, mais selon les standards français, le Ritz, le Carlton, on en est loin. Sans parler du Hilton à Dubaï.» Précisons que ces personnes ont choisi des vacances bon marché en Grèce ou dans le Maghreb. Des pays qui… sont en proie à quelques difficultés pââ. Ensuite, il y a les PPR (Préoccupations de Pays Riches) style «salle de bain nulle, il n’y avait pas de miroir loupe pour se maquiller» mon Dieu quelle horreur, ou «le jus d’orange frais pressé n’était pas inclus dans le all inclusive»… ben prends une vodka au petit-déjeuner tiens, c’est inclus ça non?

Enfin, il y a les barjos de la propreté, nettement les pires, qui fouillent sous les lits et scrutent les fonds des cuvettes. Le pompon c’est ceux qui tendent des pièges «l’hôtel n’a pas passé le test du mouchoir laissé volontairement à côté de la poubelle, il y est resté quatre jours». C’est chouette les vacances à essayer de piéger des femmes de chambre payées 200 euros par mois pour 12 heures de travail par jour, hein? Et on termine avec celui qui est parti visiter une acropole: «décevant, il n’y avait que des vieilles pierres». Il attendait des jeux laser peut-être? Allez bonne rentrée, et je propose de créer un tripadvisor de la vie de bureau. Chiche?

Texte © Migros Magazine – Martina Chyba

Auteur: Martina Chyba