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21 septembre 2015

Baisse du prix de la viande de porc

Andreas Stalder, président d’IP-Suisse, revient sur la situation actuelle de la filière porcine, marquée notamment par une surproduction, et sur la décision de Migros de baisser le prix de la viande de porc.

Porcs IP-Suisse
Les porcs IP-Suisse jouissent de sorties en plein air (photo: IP-Suisse).

L’an dernier, les Suisses ont en moyenne mangé 52,4 kg de viande− soit à peine 1% de plus qu’en 2013. Bien que le porc figure en tête de ce classement, la consommation de ce dernier est en recul, passant de 25,4 kg en 2000 à 23,7 en 2014. En outre, l’offre excédentaire de porcs de boucherie exerce une pression sur le prix de vente pour les paysans. Environ 70% de la viande de porc proposée à Migros est achetée aux producteurs de l’association paysanne IP-Suisse. Son président, Andreas Stalder, revient sur l’offre excédentaire dans la filière porcine et sur la réaction de Migros, qui baisse le prix de la viande de porc.

Andreas Stalder préside IP-Suisse, une association
de plus de 20 000 membres (photo: IP-Suisse).
Andreas Stalder préside IP-Suisse, une association
de plus de 20 000 membres (photo: IP-Suisse).

Andreas Stalder, le porc est la viande favorite de nos compatriotes. Pourtant, les producteurs voient leur situation se dégrader. Pour quelle raison?

L’offre ne cesse d’augmenter. La professionnalisation des conditions de production, d’une part, et l’amélioration de l’élevage des bêtes, de l’autre, ont entraîné une hausse du nombre de porcelets à la naissance. Résultat: on se trouve avec des quantités excessives de viande. Et cette surproduction a bien évidemment un impact décisif sur la chute record des prix.

Ne pourrait-on pas tout simplement produire moins?

Les exploitations ne parviennent pas à adapter leurs volumes à leur guise à cause de leur mode d’organisation trop rigide et professionnalisé. En outre, la concurrence est très rude: diminuer son offre équivaudrait à se retirer du marché.

Une amélioration de la situation est-elle possible?

Je suis sûr que les prix vont se redresser à l’avenir. Mais le marché ne peut se rétablir que si les volumes baissent. Autrement dit, certains éleveurs devront certainement abandonner leur activité.

Quel rôle Migros joue-t-elle dans cette situation?

Actuellement, l’enjeu consiste à vendre la viande afin d’écouler l’excédent de production. C’est pourquoi nous collaborons étroi­tement avec Migros et avec son entreprise industrielle Micarna et mettons tout en œuvre pour proposer au grand public notre viande de qualité. Le pire scénario serait que les paysans ne trouvent pas de débouchés pour le fruit de leur labeur.

Auteur: Thomas Tobler