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18 mars 2013

Balade dans le cœur historique de Séville

Grâce à l’ouverture d’une nouvelle ligne aérienne, la capitale andalouse est désormais facilement accessible depuis Genève. L’occasion de découvrir une cité magique qu’on a meilleur temps de visiter à pied.

La capitale andalouse est une destination idéale pour un week-end prolongé.
La capitale andalouse est une destination idéale pour un week-end prolongé.

On s’y perdrait volontiers... Avec son labyrinthe de ruelles pavées, le cœur historique de Séville prête définitivement à la flânerie. Tous sens éveillés, à l’affût de ses éclatantes façades colorées, de ses entraînantes mesures de flamenco, de son subtil parfum d’oranger. Et pour le plaisir des papilles, il suffira de se glisser dans l’un des nombreux bars à tapas qui jalonnent les lieux et de commander une assiette de ce fameux jambon pata negra ou autre spécialité ibérique.

Javier Grillo, guide.
Javier Grillo, guide.

Oui, rien de tel, pour capter l’essence de la capitale andalouse, que de l’arpenter à pied. Certes, les kilomètres s’alignent rapidement, mais comment espérer découvrir autrement, au hasard d’un tournant, une de ces enchanteresses cours intérieures qui rappellent les influences arabes de la région? Ou assister à la scène un brin désuète d’un tailleur, dans une minuscule échoppe, prenant les mesures de son client?

Bien sûr, on trouve aussi à Séville, outre ces trésors bien cachés, des joyaux d’architecture renommés, tels que la cathédrale Santa Maria, considérée comme la plus grande bâtisse de style gothique du monde. Et, aux dires de notre guide local Javier Grillo, si sa taille ne la place qu’en troisième position derrière la basilique Saint-Pierre au Vatican et Saint-Paul à Londres dans la liste des temples chrétiens, certains Sévillans n’hésitent pas à la sacrer plus grande cathédrale catholique de la planète.

La Giralda.
La Giralda.

Rappelons toutefois qu’elle a été construite sur le site d’une ancienne mosquée, dont le minaret, seul vestige de ce passé mauresque, a été transformé en clocher et compte aujourd’hui parmi les symboles les plus représentatifs de la ville: la célèbre Giralda (girouette en espagnol) baptisée ainsi en l’honneur de la statue tournant à tout vent en son sommet et qui offre une vue imprenable sur la cité.

A noter que la cathédrale abrite également la tombe de Christophe Colomb, rappelant ainsi le rôle important joué par Séville durant la conquête du Nouveau Monde. Port fluvial privilégié aux XVe et XVIe siècles – le fleuve Guadalquivir la relie directement à l’Atlantique – «la cité attirait de nombreux marchands, venus de toute l’Europe, raconte Javier Grillo. Ils se regroupaient par communautés et l’on retrouve encore aujourd’hui ce côté cosmopolite dans le nom des rues: calle Francos, calle Alemanes, etc. Elle perdit finalement de son importance au XVIIe siècle au profit de Cadix, située plus proche de l’océan.»

Un savant mélange de cultures

Les premières fortifications du Real Alcazar, ou palais royal, datent de plus de mille ans.
Les premières fortifications du Real Alcazar, ou palais royal, datent de plus de mille ans.

Un peu plus loin s’élève l’incontournable Real Alcazar, ou palais royal. Si ses premières fortifications datent de plus de mille ans, c’est à Pierre 1er, roi de Castille et León au XIVe siècle, qu’il doit son apparence actuelle. Une splendide illustration du style mudéjar, cette harmonieuse cohabitation entre cultures musulmane, juive et chrétienne, à mi-chemin entre Orient et Occident. Aux patios fleuris et décorés de mosaïques succèdent donc des salles grandioses aux murs finement ciselés, dont l’une accueillit, en 1526, le mariage de Charles Quint et d’Isabelle de Portugal.

Les jardins de l'Alcazar.
Les jardins de l'Alcazar.

Après nous être perdus dans ce dédale de pièces et d’escaliers, on poursuivra avec délectation notre déambulation dans les jardins de l'Alcazar. Sept hectares de verdure luxuriante et, là encore, un savant mélange d’influences: on passe allégrement de Versailles à l’Angleterre, en croisant au passage quelques palmiers et en respirant un doux parfum de jasmin. Dépaysement garanti dans cette oasis au cœur de la cité... Enfin, on ne saurait visiter Séville sans s’immerger, au moins le temps d’une soirée, dans l’univers du flamenco. Pourquoi ne pas commencer par une visite du seul et unique musée dédié à ce genre musical andalou, histoire d’en apprendre davantage sur ses diverses influences? «Les castagnettes nous viennent de Crète, les mouvements de mains d’Inde, par le biais de Gitans, et les guitares que nous utilisons des pays arabes», explique Javier Andrade, directeur du musée.

Deux danseuses de flamenco.
Deux danseuses de flamenco.

Et pour clore la visite en beauté, rien de tel qu’une démonstration de flamenco. Deux danseurs, un chanteur et un guitariste pour une heure de spectacle, entre robe à frou-frou virevoltant et talons marquant vigoureusement la mesure. Et, dans les yeux, dans la voix, dans les attitudes des artistes, une intensité qui ne saurait laisser indifférent…

Une démonstration de flamenco en vidéo

Et bien d'autres curiosités encore…

Si le cœur historique de Séville se visite à pied, il ne faut en revanche pas hésiter à sauter dans un bus touristique pour admirer toutes les richesses de la cité andalouse. Il vous mènera sur les sites des Expositions Universelles de 1929 et 1992, ainsi que dans les quartiers pittoresques de Triana et Macarena.

Carmona.
Carmona.

Enfin, si votre emploi du temps vous le permet, une petite escapade dans la province de Séville vous permettra de découvrir l’un de ces fameux villages blancs qui font la renommée de l’Andalousie et qui doivent leur nom à leur maisons peintes à la chaux. Carmona notamment saura vous séduire avec ses étroites ruelles, son palais, ses églises, ses couvents et... son Parador où vous pourrez déguster un excellent repas dans un cadre idyllique!

Auteur: Tania Araman

Photographe: Tania Araman, Keystone, OT Séville,