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3 septembre 2012

Balade dans une Suisse de carte postale

Ce mois-ci, Suisse Mobile nous emmène en Gruyère, du sommet du Moléson jusqu’à la station des Paccots. Déambulation au milieu des vaches avec, à la clé, des meringues à la double crème...

Prochain arrêt: Gruyères. Du train qui nous conduit à la capitale du fromage et de la double crème, nous admirons au loin le Moléson, symbole s’il en est de la campagne fribourgeoise. Certes, sa pointe se cache dans les nuages, mais autour, le ciel dégagé augure bien de notre randonnée. Aujourd’hui, c’est sur l’itinéraire 3 Chemin panorama alpin de SuisseMobile que nous nous lançons. Et plus précisément sur le tronçon 23 Gruyères-Les Paccots. L’occasion pour les gourmands de découvrir, avant d’entamer la marche, le secret de fabrication des spécialités culinaires de la région, et pour les friands d’histoire de visiter le château vieux de huit siècles.

Direction: le sommet mythique fribourgeois

Après nous être mêlés un temps aux touristes, nombreux en cette belle journée d’été, et avoir arpenté les rues pavées de ce charmant village perché, nous décidons de suivre la recommandation prévue pour cet itinéraire: afin de limiter les efforts, nous nous engouffrons dans un bus qui nous dépose au départ du funiculaire du Moléson. Cinq minutes de trajet – au lieu de deux heures trente de marche et plus de 700 mètres de dénivelée, à la montée... – et nous arrivons à Plan-Francey. Là, les randonneurs voisinent les adeptes de via ferrata, et malgré la brume qui continue à s’accrocher au célèbre sommet, plusieurs promeneurs poursuivent l’ascension en empruntant le téléphérique récemment rénové.

Nous leur emboîtons le pas, n’hésitant pas à nous écarter du trajet officiel du tronçon 23. C’est que nous avons pris soin, avant le départ, d’utiliser la carte interactive SuisseMobile pour dessiner notre nouvel itinéraire: en trois clics de souris, nous avons indiqué les points par lesquels nous voulions passer, et un chemin alternatif nous a été proposé. Avec, en bonus, le calcul de la distance, des dénivelées et de la durée du parcours adopté. Ne nous restait plus qu’à imprimer la carte afin d’éviter toute mauvaise surprise sur le terrain.

Lente ascension dans le brouillard

Le téléphérique démarre: nous nous enfonçons, lentement mais sûrement, dans un brouillard toujours plus épais. Espérons qu’il se dissipe une fois arrivés au sommet!

Nous y voilà. Heureusement, le vent est également de la partie: même si le ciel ne se dégage jamais complètement, la valse des nuages dansant sous le souffle de Zéphyr nous offre une vue constante sur une partie ou l’autre de la vallée. Et un coup d’œil sur la crête que nous allons bientôt longer nous assure qu’elle se trouve bel et bien sous le soleil.

Le temps d’engloutir notre pique-nique en compagnie de dizaines d’autres amoureux des cimes, et nous commençons enfin notre randonnée à proprement parler. Nous nous engageons alors dans un décor de carte postale... Des prés verts à flanc de montagne, des vaches broutant paisiblement près de leur abreuvoir – le son de leur clochette nous accompagnera d’ailleurs tout au long de la balade – et quasiment à 360°, un panorama de toute beauté: à gauche, les Préalpes fribourgeoises dont les sommets culminants se découpent sur un ciel légèrement brumeux; à droite, le Plateau, qui semble s’étirer à l’infini; tout droit, en toile de fond, le lac Léman au bord duquel on devine presque la ville de Lausanne. Bucolique à souhait!

Un détour en pente raide

Bientôt, nous entamons une descente qui nous mène – presque à pic: attention les chevilles! – à l’alpage de Tremetta, où le tintement des cloches bovines redouble de vigueur. Une petite pause pour boire quelques gorgées d’eau et remettre un randonneur un peu perdu sur le droit chemin et nous reprenons notre marche, sur une pente toujours aussi raide, pour retrouver finalement l’itinéraire officiel de SuisseMobile. Après un passage au Chalet Incrota, où cochons, poules, oies et chèvres gambadent joyeusement autour d’une buvette et où une petite fille, dont la famille vit ici l’été, nous présente l’intégralité de son élevage de lapins – nous pénétrons dans une zone plus boisée. Le chemin s’enfonce occasionnellement dans la forêt – nous y franchissons de charmants petits ponts de bois au-dessus de ruisseaux tout aussi enchanteurs – avant de déboucher sur des prés où paissent cette fois-ci chevaux et poulains.

Nous approchons des Paccots, but de notre promenade. L’ultime étape, un peu décevante après une telle variété de paysages, suit durant une demi-heure la route principale jusqu’à l’entrée de la station des Préalpes fribourgeoises. Un dernier petit plaisir avant de reprendre le bus qui nous conduira à Châtel-Saint-Denis: un délice de meringues à la double crème...

Impossible d’achever une journée en Gruyère autrement et excellente façon de clore cette randonnée 100% helvète!

Auteur: Tania Araman

Photographe: Laurent de Senarclens