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13 juillet 2013

Balade de Vallorbe à Orbe

Balade envoûtante du massif du Jura au Plateau suisse, de Vallorbe à Orbe, le long d’une rivière charmante et capricieuse qui serpente au fond de gorges belles et profondes.

L'Orbe entre Vallorbe et Orbe
Le parcours ensorcelant relie Vallorbe à Orbe et joue à cache-cache avec la rivière éponyme. On emprunte notamment la spectaculaire passerelle du viaduc du Day et quelques tunnels piétonniers.

Vallorbe, 3300 âmes environ et une gare frontière quasi centenaire, aujourd’hui franchement démesurée. C’est de cet imposant édifice inscrit comme bien culturel suisse d’importance nationale que démarre notre balade. Petite descente jusqu’au pont routier qui enjambe l’Orbe. Le chemin pédestre passe juste à côté du Musée du fer et du chemin de fer.

La balade débute à Vallorbe. Sur la gauche, on aperçoit le Musée du fer et du chemin de fer.
La balade débute à Vallorbe. Sur la gauche, on aperçoit le Musée du fer et du chemin de fer.

Une odeur de phosphate chatouille désagréablement nos narines. Elle trahit la présence d’une station d’épuration. A la hauteur de cette dernière, une passerelle nous invite à «camber» la rivière que nous quittons un court instant pour traverser une zone industrielle et une vaste prairie fleurie.

Deux canards sauvages – des colverts – fendent la surface du lac artificiel du Miroir en cancanant bruyamment. Cela ne semble pas déranger outre mesure le pêcheur que nous croisons un peu en aval. «Ça mord?» L’homme grimace et fait non de la tête. «Les truites dédaignent mes vers de terre, ce n’est pas un bon jour», dit-il avant de se replonger dans ses sombres pensées.

Un géant de pierre haut de 45 mètres

L’impressionnant viaduc du Day.
L’impressionnant viaduc du Day.

L’impressionnant viaduc du Day barre l’horizon. Inauguré en 1870 et rénové tout récemment pour la coquette somme de 12 millions de francs, ce géant de pierre, qui mesure 152 m de long et 45 de haut, voit passer une soixantaine de trains (régionaux, TGV, marchandises) quotidiennement. Nous profitons de la spectaculaire passerelle piétonne accrochée au-dessous du tablier de cet ouvrage ferroviaire pour rejoindre le sentier qui pénètre dans les gorges de l’Orbe.

La cascade du Saut du Day, joyau de la rando.
La cascade du Saut du Day, joyau de la rando.

Après le barrage qui la bâillonne en partie, la cousine de la Venoge commence à se faire entendre. Vague murmure au début, puis très rapidement terrible grondement se répercutant sur les falaises de calcaire qui nous entourent. Ce fracas provient du Saut du Day. Arrêt pique-nique au pied de cette magnifique cascade, joyau de cette rando.

Le ventre plein, nous continuons notre partie de cache-cache avec l’Orbe. Quelques hectomètres plus avant, le chemin longe un étroit canal recouvert d’un mince filet qui protège une colonie d’alevins élevés pour servir, dans un futur proche, de proies aux amateurs de pêche du cru. Leur cabane n’est d’ailleurs qu’à une encablure de là.

Un promeneur traverse le petit pont qui nous fait face. Il s’arrête pour bavarder et surtout pour nous informer de l’état du trajet à venir. «Tout près d’ici, une déviation a été mise en place. Ne la prenez pas, le tracé habituel est parfaitement praticable!»

Des marmites glaciaires déforment le lit de la rivière

Nous faisons donc fi du panneau qui nous incite à emprunter l’itinéraire bis. A l’Usine de l’Ile, nous nous engageons à nos risques et périls sur des dalles de béton fendillées, voire cassées par endroits. Pas de quoi frissonner pourtant, puisque ces constructions mangées par le temps ne dominent le cours d’eau que de quelques centimètres seulement…

Un petit coin de paradis, quelque part entre Vallorbe et Orbe.
Un petit coin de paradis, quelque part entre Vallorbe et Orbe.

A travers le feuillage vert tendre des hêtres, nous apercevons les premières bâtisses du bucolique village des Clées. La moitié du chemin est faite. Ça vaut la peine de jeter un œil sous le pont, histoire d’observer de près les marmites glaciaires qui déforment le lit de la rivière. Retour sur la route goudronnée qui monte à droite. En haut, une flèche jaune indique la voie à suivre.

Arrivés à une passerelle aux balustrades bleu électrique, deux options s’offrent à nous. Nous privilégions la grimpette de droite balisée blanc-rouge-blanc, parce que celle de gauche, plus pépère, est momentanément fermée. (Elle devrait être à nouveau ouverte dès la mi-août, selon le syndic de Montcherand). Sécurisée à l’aide de câbles, à n’arpenter donc que par temps sec, la voie choisie par dépit s’avère vertigineuse. Vaut mieux ne pas avoir peur du vide…

Une centrale électrique, nichée rive gauche, marque grosso modo la limite de la réserve naturelle qui abrite notamment des castors (nous n’en avons malheureusement pas vu la queue d’un seul!). Nous restons rive droite.

Encore quelques tunnels piétonniers à franchir et nous voilà aux portes d’Orbe, la médiévale, le terminus de cette balade aussi mouvementée qu’ensorcelante.

Auteur: Alain Portner

Photographe: Laurent de Senarclens