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12 septembre 2011

Baptême de terre au Val-de-Travers

Descente en zigzag et en mountainboard du pied du Creux-du-Van aux rives de l’Areuse. Une expérience fun comme on dit mais grisante aussi.

Descente en mountainboard
Pratiquer le mountainboard? Une expérience un peu plus facile qu'il n'y paraît a priori.

Un express, un dernier express – celui du condamné! - avant de monter pour la première fois sur une planche tout terrain (PTT), un mountainboard en jargon de rideur. De l’autre côté de la rue, dans la gare de Noiraigue transformée en bureau touristique privé par l’entreprise Goût & Région, mes chaperons m’attendent déjà de pied ferme.

Josef Koster et Kjersti Sandstø, ce sont eux, viennent tout exprès d’Appenzell pour m’initier à cette «exclusivité unique en Suisse romande» comme le vante la publicité. On embarque dans le véhicule de leur partenaire du Val-de-Travers pour grimper jusqu’à la ferme Robert, endroit mythique où fut tué le dernier ours qui gambadait dans le canton de Neuchâtel.

Plus possible de reculer: l’heure est venue de s’équiper. Protections pour les genoux et les coudes, et casque évidemment. Me voilà prêt. Josef me tend une manette de frein en tous points semblable à celle d’un vélo et m’invite à faire un petit test en pente douce. Je serre le frein et les dents, je glisse mes petons dans les sangles et – hop! - je libère le mountainboard…

Protections des coudes et des genoux et casque sont fournis aux participants.
Protections des coudes et des genoux et casque sont fournis aux participants.

«Penche-toi en avant pour tourner à gauche et fais comme si tu t’asseyais pour virer à droite!» Je suis les conseils de Kjersti à la lettre. Une première courbe à gauche. Ça passe. Puis, une seconde à droite. Houla, pas facile de plier les genoux et de tendre le postérieur vers l’extérieur! «Regarde loin devant et reste souple. C’est bien!» Je remonte la planche en la tirant comme un chien en laisse.

Après quelques essais plus ou moins concluants, grand plongeon direction Noiraigue. Juste une question avant le départ: «C’est mieux de freiner avant, pendant ou après les virages?» «Il faut y aller au feeling», se contentent de répondre mes guides. On laisse les falaises du Creux-du-Van derrière nous et on se lance sur une route secondaire tout en lacets. Démarrage pépère comme recommandé par Josef.

Avec l'agilité d'un équilibriste

Ce dernier balance son corps de gauche à droite avec l’agilité d’un équilibriste. Il ne s’arrête même pas lorsqu’il dégaine son portable pour répondre à un appel. Moi, je roule hyper-prudemment, histoire de voir les colchiques des prés et de ne pas finir dans le fossé. Quant à Kjersti, danseuse et chorégraphe dans le civil, elle semble aussi à l’aise sur sa planche que sur les… planches.

La manette de frein est identique à celle d'un vélo.
La manette de frein est identique à celle d'un vélo.

Après quelques hectomètres, le baromètre confiance est à nouveau sur beau. Je m’enhardis et retrouve des sensations que je croyais définitivement perdues. Encore un peu et je me croirais revenu au temps insouciant de mon adolescence, en train de zigzaguer dans mon quartier sur mon skateboard à deux balles. Oups, ça guidonne! Retour à la réalité et à mon rythme de sénateur.

Des airs de rodéo sur un chemin de pierre

On fait une pause – il y en aura encore d’autres – pour reposer les articulations et faire redescendre l’adrénaline. Afin de pimenter l’aventure, on emprunte ensuite un chemin de pierre. La planche tout terrain sautille, mais ne vacille pas. On se croirait dans un rodéo. Heureusement que mes pieds sont bien enfoncés dans les étriers et que cet engin est muni de grandes roues et de pneus profilés. Je n’ai pas été désarçonné, même s’il s’en est fallu parfois d’un poil.

Retour sur le confortable bitume jusqu’aux rives de l’Areuse. La balade se termine ici. On quitte le goudron pour aller manger une spécialité du cru aux mines de Travers: un jambon cuit dans… l’asphalte. Avant de prendre congé, Kjersti et Josef me jettent un regard interrogateur «T’as eu du plaisir?» Je ne peux m’empêcher de sourire… «A la prochaine, alors!» me lancent-ils hilares.

Photographe: Xavier Voirol